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Kristina Hooper | 18 février 2020

Les retombées du coronavirus commencent à se faire sentir sur les marchés

Les vannes s’ouvrent. Les entreprises commencent à prévenir les investisseurs que l’épidémie de coronavirus aura une incidence sur leurs bénéfices et les actions ont commencé à réagir négativement. Hier, Apple a annoncé que la contagion va l’empêcher d’atteindre son objectif de revenus trimestriels. Les problèmes touchent à la fois les ventes et la production : la plupart des boutiques Apple en Chine demeurent fermées et, même si elles ont rouvert, les usines ne tournent pas encore à plein régime, mais la production reprend graduellement. En outre, Tesla et Alibaba ont récemment émis des avertissements concernant leurs bénéfices en lien avec l’épidémie de coronavirus. Alibaba est même allée jusqu’à parler de l’épidémie de coronavirus comme d’un « événement de type cygne noir ».

 

Les préoccupations des investisseurs vont au-delà de l’industrie du tourisme

Jusqu’ici, de nombreux investisseurs s’étaient concentrés sur les premières victimes de l’épidémie, à savoir les industries du tourisme et du transport. Et ce sont des préoccupations tout à fait légitimes, d’autant plus que des compagnies aériennes telles que United et American ont annoncé qu’elles ne reprendraient pas le service régulier vers la Chine avant le 24 avril , et il est toujours possible que cette date soit repoussée. Mais le temps passe et les investisseurs s’aperçoivent que cette contagion aura un impact à la fois sur la production et sur la demande dans diverses industries.

De nombreuses usines en Chine demeurent fermées et cela a provoqué une onde de choc sur la chaîne d’approvisionnement. Par exemple, Nissan a été forcée de fermer temporairement une usine au Japon en raison d’une pénurie de composants chinois. L’Association chinoise des constructeurs automobiles prévoit même que les ventes d’automobiles en Chine pourraient chuter de plus de 10 % pendant la première moitié de l’année.1

De plus, l’impact de l’épidémie de coronavirus est suffisamment important pour que l’OPEP révise à la baisse ses prévisions de croissance mondiale de demande de pétrole cette année. Évidemment, cela n’a rien d’étonnant : la Chine consomme beaucoup plus de pétrole aujourd’hui que pendant l’épidémie de SRAS en 2003 et cela aura une incidence plus marquée sur la demande de pétrole.

 

De nombreuses questions concernant le virus restent sans réponse

La partie la plus difficile de cette situation est de ne pas disposer de toute l’information nécessaire sur ce virus particulier, à savoir dans quels délais un vaccin peut être fabriqué, à quel point le virus peut muter et, surtout, à quelle vitesse le virus pourra être contenu. Jusqu’à présent, la sagesse populaire a été de supposer une trajectoire similaire à celle du SRAS. Or, la semaine dernière, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé a dit qu’il ne fallait pas trop se fier à l’hypothèse voulant que la situation serait maîtrisée d’ici avril et a laissé entendre que « tous les scénarios sont encore envisageables ». Nous sommes certes rassurés par les rapports qui montrent que le taux de propagation de l’infection ralentit à l’épicentre de l’épidémie de coronavirus, mais nous suivons la situation de près.

Malgré ces questions sans réponse, je persiste à croire que les gouvernements, comme ceux de la Chine et des États-Unis, vont fournir le soutien politique nécessaire pour contrer les effets de cette épidémie. La Chine continue de multiplier les mesures de relance monétaire, même ces derniers jours. Et, la semaine dernière, dans son témoignage devant le Congrès, le président du conseil de la Réserve fédérale américaine, Jay Powell, a admis que le coronavirus aura un impact sur la Chine et sur bon nombre de ses partenaires commerciaux, y compris fort probablement les États-Unis. M. Powell a même émis la possibilité que les répercussions soient suffisamment profondes pour nécessiter une « réévaluation significative des perspectives de l’économie américaine ». Nous croyons que la Réserve fédérale américaine est prête à intervenir et à procéder à des baisses de taux « en guise d’assurance » pour lutter contre les effets de la contagion.

Nous sommes persuadés de voir la réalité en face. Nous sommes conscients que les bénéfices de nombreuses entreprises vont diminuer à court terme. Nous nous attendons à une chute considérable de la croissance économique en Chine, du moins au premier trimestre. Par contre, nous sommes confiants que le soutien politique sera suffisant et que l’économie se redressera dès que la contagion va se stabiliser; nous voyons cela un peu comme un ressort qui reprend sa forme en raison de la demande refoulée et du sentiment de confiance suscité par la phase 1 de l’accord commercial entre les États-Unis et la Chine. Nous sommes convaincus que tout rentrera dans l’ordre, mais nous ignorons quand. Bref, la situation risque de se détériorer avant de s’améliorer. Cela laisse présager que les investisseurs attendent et guettent les occasions de placement qui pourraient se présenter.

 

 

 

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1 Source : Reuters, « China’s auto sales may fall 10% in H1 due to coronavirus - industry association », 16 février 2020

Renseignements importants

Image d’en-tête du blogue : baona / Getty

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur au 18 février 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.