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Équipe d’Invesco Fixed Income | 10 août 2021

Les sociétés de télécommunication canadiennes devraient accroître leurs émissions de titres de créance pour financer les achats aux enchères du spectre

Commentaires de l’équipe d’Invesco Fixed Income (IFI) sur les récentes mises aux enchères du spectre de la bande de 3 500 MHz du gouvernement canadien pour les sociétés de télécommunication, et sur l’incidence qu’elles pourraient avoir sur les émissions de titres de créance dans le secteur.

Les enchères du spectre de la bande de 3 500 MHz du gouvernement canadien ont pris fin le 23 juillet 2021, et voici les résultats : 8,9 milliards de dollars1. Il s’agit du montant combiné que les soumissionnaires ont accepté de payer au gouvernement canadien pour obtenir le droit d’utiliser ce spectre. Rogers Communications (3,3 milliards de dollars), Bell Canada (2,1 milliards de dollars) et TELUS (1,9 milliard de dollars) sont les sociétés qui ont le plus dépensé, comme le montre le tableau ci-dessous2.

SociétéOffre totale
Rogers Communications3 325 600 269 $
Bell Canada2 074 088 697 $
TELUS1 947 488 091 $
Vidéotron ltée829 966 483 $
Cogeco Communications295 091 254 $
Autre439 328 749 $
Total8 911 563 543 $

La 5G est la raison pour laquelle le spectre de la bande de 3 500 MHz est si important pour ces sociétés. Les réseaux 5G représentent une évolution de la technologie sans fil et, entre autres, la promesse d’une vitesse, d’une fiabilité et d’une disponibilité accrues.

Si une société de services sans fil veut être concurrentielle sur le marché des services 5G, elle a besoin du bon spectre. Il s’avère que le spectre de la bande de 3 500 MHz convient bien à cette fin grâce à la combinaison de sa couverture (la distance à laquelle les données peuvent être envoyées) et de sa capacité (la quantité de données pouvant être envoyées).

Non seulement le spectre est-il stratégiquement important, mais cette mise aux enchères représentait une occasion quasi unique d’obtenir cette bande en particulier.  Il est donc logique que les sociétés soient prêtes à payer pour ces droits.  Nous disons « quasi » parce que, techniquement, les licences d’utilisation du spectre sont valides pour 20 ans, mais le gouvernement canadien a déclaré que les titulaires de licences seront « très susceptibles » de pouvoir les renouveler pour une autre période de 20 ans, sauf dans des circonstances exceptionnelles3.

La réaction du marché à cette nouvelle a été modérée.  Même si les résultats des enchères ont été beaucoup plus élevés que les attentes initiales de 3 à 4 milliards de dollars avant le lancement de l’appel d’offres, les résultats finaux ont été cohérents avec les nouvelles publiées durant la phase des enchères qui laissaient entendre que les soumissionnaires étaient audacieux. 

Les écarts de taux des obligations à moyen terme libellées en dollars canadiens de Rogers, de BCE et de TELUS sont demeurés stationnaires ou ont atteint jusqu’à 5 points de base de plus4. La plus forte hausse a été constatée dans les obligations de Rogers, puisque sa capacité d’endettement supplémentaire est déjà un peu affaiblie compte tenu de l’acquisition imminente de Shaw.

En ce qui concerne les titres de créance, nous prévoyons une vague d’émissions de titres de créance canadiens dans le secteur des télécommunications à mesure que les soumissionnaires retenus financent leurs achats5, comme ce fut le cas aux États-Unis après les enchères de la bande C plus tôt cette année (mais de façon beaucoup plus modeste). 

À court terme, ces nouvelles émissions pourraient peser sur les écarts de taux des titres canadiens du secteur des télécommunications, mais offrir des occasions intéressantes d’accroissement des placements lorsque de nouvelles obligations seront émises, surtout si les émissions sont accompagnées d’engagements crédibles en matière de désendettement de la part des émetteurs. 

Parmi les sociétés susmentionnées, TELUS nous paraît la mieux placée du point de vue des titres à revenu fixe, car elle a déjà mobilisé des fonds cette année au moyen d’une offre d’actions et est donc moins susceptible d’émettre d’autres titres de créance6.  Rogers devrait être l’émetteur le plus important à court terme puisque, comme nous l’avons mentionné plus haut, elle devra recueillir environ 13 milliards de dollars pour financer l’acquisition de Shaw en plus de ses besoins de financement liés au spectre. Toutes ces dettes supplémentaires pourraient entraîner une décote d’un ou de deux degrés de la cote de crédit de Rogers.

1 Toutes les données sont en dollars canadiens, sauf indication contraire.

2 Source : https://www.ic.gc.ca/eic/site/smt-gst.nsf/fra/h_sf11519.html </521

3 Source : https://www.ic.gc.ca/eic/site/smt-gst.nsf/fra/sf11584.html

4 Au cours de la période d’un jour allant du 29 juillet 2021 au 30 juillet 2021. Source : Bloomberg.

5 Les soumissionnaires retenus ont jusqu’au 13 août 2021 pour soumettre 20 % de leur paiement final total. Le 80 % restant est dû le 4 octobre 2021.

6 Source : https://www.globenewswire.com/fr/news-release/2021/03/31/2202515/0/en/TELUS-announces-closing-of-C-1-3-billion-equity-offering.html

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Image: Lucas Ninno / Getty

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Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’équipe d’Invesco Fixed Income (IFI) en date du 10 août 2021. Les commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration de thèmes généraux. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas les résultats futurs. Ils comprennent des risques, des incertitudes et des hypothèses. Il n’est pas garanti que les résultats réels ne seront pas considérablement différents des attentes.

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