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Brian Levitt and Timothy Horsburgh | 13 avril 2020

L’histoire nous donne un aperçu de la durée possible d’un repli boursier

L’historien et général grec Thucydide a prononcé cette célèbre maxime : « L’histoire nous enseigne la philosophie par l’exemple ». Cette brillante observation m’est venue à l’esprit lorsque nous nous sommes demandé comment l’histoire pourrait nous aider à composer avec la période de volatilité que nous traversons en ce moment.

 

Depuis le début officiel du marché baissier, le 11 mars dernier, nous nous penchons sur les points de repère que les investisseurs à long terme pourraient utiliser pour tirer leur épingle du jeu pendant un marché baissier. Même si tous les marchés baissiers ne sont pas identiques, ils ont des points en commun et nous pouvons nous en inspirer pour avoir une idée de ce qui pourrait se produire. Voici quelques questions qui nous sont souvent posées et les réponses que nous avons trouvées au fil de nos lectures sur les marchés baissiers des 20 et 21e siècles.

 

Question 1 : Quelle est la fréquence des marchés baissiers?

Nous savons que les marchés baissiers sont relativement fréquents. Bien que le marché boursier américain, mesuré par l’indice S&P 500, ait généré un rendement total annualisé de 10,2 % depuis 1926, il est vrai qu’au cours des neuf dernières décennies, nous avons assisté à :

  • 24 marchés baissiers, définis par un repli boursier de 20 % ou plus, soit un tous les 3 ans et demi
  • 12 gros marchés baissiers associés à des récessions, ce qui équivaut à un marché baissier de plusieurs mois en moyenne tous les 7 ans et demi

En comparant le repli actuel aux cinq pires marchés baissiers des cent dernières années (la grande dépression, le krach de 1987, la guerre du Golfe de 1991, l’éclatement de la bulle spéculative des valeurs technologiques et la crise financière mondiale de 2008), la dégringolade de 34 % du sommet au creux surpasse seulement les replis de 1987 et de 1991. Lors des trois autres replis, soit pendant la grande dépression, « l’effondrement des valeurs technologiques » et la crise financière mondiale, les chutes boursières ont été encore plus marquées. (Tel que mentionné ci-dessous, au 7 avril 2020, le plus récent sommet du marché avait eu lieu le 19 février 2020 et le creux le 23 mars 2020.)

 

Question 2 : Quelle est l’ampleur des replis lors d’un marché baissier?

Depuis 1926, les replis survenus lors des marchés baissiers oscillaient autour de 36 % en moyenne. Les récessions plus profondes sont associées à des déclins plus prononcés. Par exemple, la dégringolade du sommet au creux de l’indice S&P 500 lorsque la crise financière de 2008 a éclaté a été de près de 52 %, tandis que lors de la récession à double creux du début des années 80 aux États-Unis, l’indice avait chuté de seulement 27 %.

 

Question 3 : Où se situe le déclin auquel nous assistons en ce moment?

Si nous datons le récent sommet de l’indice S&P 500 au 19 février 2020, date à laquelle l’indice a clôturé à 3 386 points, nous avons connu une baisse du sommet au creux atteint le 23 mars 2020 de 34 %. Cela en fait le sixième marché baissier le plus prononcé, sur un total de 12 gros marchés baissiers depuis 1926. Il n’est pas le pire, mais il dépasse certes bon nombre de marchés baissiers moins profonds auxquels nous avons assisté depuis.

 

Question 4 : Combien de temps faut-il pour se remettre d’un marché baissier?

En règle générale, le temps de récupération moyen est de 4,4 ans ou 1 100 jours de bourse, la récupération étant définie comme le temps nécessaire aux actions pour émerger d’un marché baissier et revenir à leur sommet antérieur. À première vue, cela peut sembler long, mais rappelez-vous que les cours boursiers ont toujours augmenté plus fréquemment qu’ils n’ont baissé. En moyenne, les marchés ont dégagé des rendements positifs au cours de 75 % des années civiles depuis le début du 20e siècle. Bien que les marchés baissiers soient douloureux, les pertes ne sont pas permanentes et la bourse demeure l’un des meilleurs moyens de faire fructifier son actif, malgré ces revers périodiques.

 

Question 5 : Que se passe-t-il si je liquide mes titres au milieu d’un marché baissier?

Les investisseurs qui liquident leurs titres au milieu d’un marché baissier mettent généralement plus de temps à revenir à leur sommet antérieur que ceux qui ont conservé leurs placements. Nous avons examiné la période sommet-creux d’un marché baissier et avons fait un placement hypothétique dans un panier d’actions qui reproduisait l’indice exactement au milieu du repli. Or, pendant la crise financière mondiale, le marché a plafonné le 19 juillet 2007 et a atteint son fameux plancher le 9 mars 2009. Si un investisseur avait liquidé ses titres à mi-chemin du déclin en 2008, il lui aurait fallu deux années de plus pour récupérer son placement initial qu’un investisseur qui aurait acheté et conservé ses avoirs. Ces deux années supplémentaires correspondent à peu près au temps de récupération des investisseurs qui ont procédé à des liquidations à mi‑chemin pendant les autres replis.

 

Question 6 : Que se passe-t-il si vous achetez des titres au milieu d’un marché baissier?

Les résultats obtenus par les investisseurs qui ont profité d’un repli boursier sont encourageants. Au cours des cinq grands marchés baissiers susmentionnés, les investisseurs ont essuyé des pertes d’en moyenne 38 % entre le moment où ils ont investi et celui où le marché a atteint son niveau plancher. Ce pourcentage fait peur. Pourtant, il est rassurant de constater qu’entre 5 et 10 ans plus tard, en moyenne, ces investisseurs avaient cumulé des gains respectifs de 26 et 110 %. Même ceux qui n’avaient pas choisi le bon moment pour investir ont obtenu des rendements à long terme attrayants s’ils ont renchéri sur les actions qu’ils détenaient à mi-chemin du marché baissier.

 

Question 7 : Que se passe-t-il si vous attendez que les statistiques économiques s’améliorent?

Les récessions économiques se terminent habituellement longtemps après le redressement des marchés. Par exemple, lors de la crise financière de 2008, les défaillances sur le marché des prêts hypothécaires à risque ont atteint leur sommet en mars 2010. Si vous aviez investi 100 000 $ au moment du sommet du marché en 2007 (le 9 octobre), aviez liquidé vos titres à mi-chemin du marché baissier (le 10 octobre 2008) et aviez attendu la chute du nombre de défaillances sur le marché des prêts à risque avant de réintégrer le marché avec un actif déprécié, il vous aurait fallu jusqu’au 2 avril 2013, ou 1 379 jours de bourse, pour récupérer votre placement initial de 100 000 $. C’est bien pire qu’une stratégie d’achat et conservation. Quiconque aurait conservé son placement aurait récupéré sa mise de 100 000 $ en environ 250 jours de bourse de moins, soit 1 125.

 

Question 8 : Où se situe la récente reprise par rapport aux marchés baissiers antérieurs?

Au moment de rédiger ce blogue, le 8 avril 2020, les marchés se sont redressés le 23 mars 2020, après avoir atteint un creux. Le rendement du marché des deux dernières semaines marque le deuxième meilleur redressement pendant un marché baissier de toute l’histoire, la remontée de près de 20 % en novembre 2008, au milieu de la crise financière mondiale, étant la plus forte. Habituellement, les remontées de 15 % ou plus pendant un marché baissier donnent un rendement négatif trois mois plus tard mais, après un an, elles procurent presque toujours des rendements positifs. Un marché baissier dure en moyenne 14 mois.

 

Question 9 : Que se passe-t-il si vous tentez d’entrer et de sortir d’un marché baissier pour éviter les pertes?

Nous sommes d’avis que tenter de synchroniser ses décisions de placement avec les fluctuations du marché est peine perdue. Vous risquez d’être en dehors du marché pendant ses meilleurs jours, lesquels surviennent souvent rapidement et lorsqu’on s’y attend le moins. Un investisseur qui aurait raté seulement les 10 meilleurs jours de chaque décennie de l’indice S&P 500 de 1930 à la fin de 2019 aurait obtenu un rendement annualisé total de 4,7 % au cours des 90 dernières années. Le rendement annualisé d’un investisseur qui aurait acheté et conservé ses avoirs pendant la même période aurait été de 9,8 %.

 

C’est un écart de rendement annualisé de 5,1 % en faveur des investisseurs qui n’ont rien fait pendant les périodes de volatilité et un rendement de plus du double de ceux qui ont raté les meilleurs jours de bourse. Aux fins de contexte, un placement initial de 10 000 $ vaudrait seulement 639 000 $ si l’investisseur avait raté les 10 meilleurs jours chaque décennie. Mais ce même placement aurait augmenté à 44 millions $ dans le cadre d’une stratégie d’achat et conservation.

 

 

 

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À moins d’indication contraire, toutes les données proviennent d’Invesco et sont exprimées en dollars américains.

Sources de toutes les données : Bloomberg L.P. et Standard and Poor’s, au 3 avril 2020. L’indice utilisé est le S&P 500.

L’indice S&P 500 est un indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière conçu pour mesurer le rendement de 500 sociétés américaines à grande capitalisation. Il est impossible d’investir directement un indice.
Les rendements passés ne garantissent pas les rendements futurs.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles des auteurs au 8 avril 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.