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Brian Levitt | 9 mars 2021

L’inflation à long terme ne me préoccupe pas. Voici pourquoi.

     

Les baisses du marché ne sont jamais amusantes. Mais malgré toutes les inquiétudes que suscite le repli actuel du marché et les difficultés que représentent les obligations à long terme, n’oublions pas que, à bien des égards, les choses se passent comme nous l’avions espéré. Il y a à peine un an, le premier cas de SRAS-CoV-2 est apparu dans mon État, le New Jersey. Si vous m’aviez dit que, 12 mois plus tard, l’économie américaine produirait 379 000 emplois au cours du mois précédent1, le taux des obligations du Trésor américain à 10 ans frôlerait le 1,60 %2 et le seuil d’inflation à 10 ans aux États-Unis dépasserait les 2,2 %3, j’aurais dormi beaucoup mieux ce soir-là.

Ironiquement, la première année, les investisseurs se demandaient : « Comment le marché peut-il monter alors que l’économie est si morose? », mais, la deuxième année, ils se demandent plutôt : « Est-ce que tout devient trop beau trop vite? » L’adage « Achetez la rumeur et vendez la nouvelle » me vient à l’esprit. Il n’est pas rare que les taux grimpent au cours de la deuxième année des cycles du marché. Prenons deux exemples particulièrement éloquents : en 1983 et en 2010, les taux sont revenus près de leurs niveaux d’avant la récession4, ce qui a stoppé les avancées du marché. Dans les deux cas, les taux ont fini par baisser.

La demande des consommateurs pourrait entraîner de l’inflation à court terme

Je comprends, nous ne sommes pas en 2010. Ni le secteur des ménages américain ni le système financier américain n’ont besoin de s’engager dans un long processus de désendettement. Les taux d’épargne sont beaucoup plus élevés5. Le soutien budgétaire est beaucoup plus important6. Le consommateur américain est comme un ressort comprimé, prêt à lâcher sa demande refoulée sur l’économie. Vous pourrez d’ailleurs compter sur moi pour faire des voyages, manger au restaurant, aller chez le coiffeur et peut-être acheter quelques articles de vêtements si on me demande de retourner au bureau. Fait important, tout cet argent serait lancé dans l’économie alors que le retour des travailleurs ne se fera pas assez vite pour répondre à la demande (nous reviendrons sur ce sujet plus loin). Un tel scénario causerait de l’inflation à court terme, comme l’a dit hier le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell. D’ailleurs, je m’attends à voir tous les pièges inflationnistes habituels guetter le marché : hausse des taux, préférence pour les titres cycliques par rapport aux titres défensifs, préférence pour les actions de valeur par rapport aux actions de croissance à plus long terme, etc. Autrement dit, la reflation annoncée dans tous les articles portant sur les perspectives pour 2021 se concrétiserait.

Mais les forces déflationnistes persistent

À moins que nous nous transformions tous en inflationnistes, arborant des complets en polyester comme dans les années 1970, l’inflation ne devrait pas durer. L’accélération de la croissance découlant de la politique budgétaire de 2021 est temporaire – le remplacement du revenu fourni dans le cadre des mesures de relance disparaîtra graduellement en 2022. De plus, il y a probablement 10 millions de travailleurs sans emploi ou sous-employés qui sont prêts à retourner sur le marché du travail et à répondre à la demande croissante7. Si l’inflation signifie qu’il y a trop d’argent pour trop peu de biens, la solution est de produire plus de biens. Selon les données, l’idée selon laquelle les travailleurs ne reviendront pas tant que les chèques de l’assurance-chômage continueront de leur être versés ne s’est pas concrétisée. Par exemple, plus de la moitié des chômeurs étaient retournés sur le marché de l’emploi avant la fin des prestations prolongées en juillet, et aucune hausse des embauches n’a été observée à la fin de cette période8. Bref, les forces structurelles qui repoussent l’inflation depuis longtemps – l’automatisation, les nouvelles technologies, le vieillissement de la population – n’ont pas changé.

Je suis d’avis que nous nous retrouverons de nouveau dans un contexte de modeste croissance et de faible inflation en un rien de temps. Comme l’un de mes mentors l’a déclaré cette semaine : « Ne vous inquiétez pas. Nous sommes toujours dans un marché haussier à long terme. » La reflation vaut peut-être la peine qu’on s’y attarde, mais je m’attends à ce que les actifs à long terme, comme les actions technologiques, reprennent de la vigueur en peu de temps.   

1 Source : Bureau of Labor Statistics, 28 février 2021.
2 Source : Bloomberg L.P., 5 mars 2021.
3 Source : Bloomberg L.P., 5 mars 2021.
4 Source : Bloomberg L.P.
5 Source : Bureau of Economic Analysis, 31 janvier 2021.
6 Source : Congressional Budget Office des États-Unis.
7 Source : Bureau of Labor Statistics, 28 février 2021.
8 Source : Bureau of Labor Statistics, 28 février 2021. 

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Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur en date du 5 mars 2021. Les commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration de thèmes généraux. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas les résultats futurs. Ils comprennent des risques, des incertitudes et des hypothèses. Il n’est pas garanti que les résultats réels ne seront pas considérablement différents des attentes.