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Kristina Hooper | 19 août 2020

L’optimisme persiste malgré l’impasse dans les négociations sur les mesures de relance aux États-Unis

La semaine dernière, je vous ai fait part des cinq enjeux à surveiller en août. Au cours des sept derniers jours, un nouveau développement est survenu chaque jour. Cette semaine, je vous propose une mise à jour sur chacun de ces cinq enjeux, après quoi je vous annoncerai la bonne nouvelle concernant le nombre de demandes de prestations d’assurance-chômage aux États-Unis et le développement d’un vaccin.

 

1) Progrès vers davantage de mesures de relance budgétaire aux États-Unis. Comme on s’y attendait, les probabilités de l’adoption rapide de la phase 4 du programme de relance ont diminué la semaine dernière, puisque le Congrès est en pause jusqu’en septembre. La bonne nouvelle est que les prestations fédérales d’assurance-chômage ont été prolongées par un décret du président Donald Trump la semaine dernière. La mauvaise nouvelle est que les autres pans de l’économie qui ont besoin d’aide financière n’ont rien eu du président. Je suis particulièrement préoccupée par les États et les autorités locales qui, à l’heure actuelle, emploient 13 % des Américains 1 et par les petites entreprises qui, en 2016 fournissaient 47 % des emplois du secteur privé.2 Je persiste à croire que, puisque nous sommes en pleine année électorale, une entente sera conclue tôt ou tard. Le plus tôt sera le mieux, car plus le temps passe, plus les dommages risquent de durer longtemps.

 

2) Nombre de cas d’infection à la COVID-19. Les États-Unis semblent de nouveau parvenir à aplatir la courbe car, même si les données sont plus problématiques dans certains États que dans d’autres, la moyenne nationale du nombre de nouveaux cas sur 7 jours baisse depuis le début d’août. Cependant, comme je l’ai déjà dit, je crains que l’ouverture des écoles provoque une augmentation du nombre de cas d’infection. En dehors des États-Unis, l’augmentation du nombre de cas en Europe, particulièrement en Espagne et en France, m’inquiète. On assiste également à une résurgence majeure au Japon (même si en pourcentage de la population, le nombre de cas reste encore faible). Puis, il y a le Brésil et l’Inde; aucun de ces deux pays n’a pu contrôler le virus non plus.

 

3) Tensions entre les États-Unis et la Chine. Cette situation est devenue plus acrimonieuse la semaine dernière. Sans aucune explication, vendredi dernier, les États-Unis et la Chine ont annulé les négociations qui devaient se tenir en fin de semaine pour examiner le respect par les deux parties de la phase 1 de l’accord commercial qui avait été ratifié en janvier. La plupart s’attendaient à ce que les pourparlers se poursuivent malgré l’intensification des tensions entre les deux pays. Cela a fait chuter les cours boursiers américains. Je m’attends à une détérioration des relations sino-américaines, mais cela pourrait rendre les actions chinoises plus attrayantes pour les investisseurs qui ont un horizon temporel plus long.

 

4) Dollar américain. Le dollar a continué de se déprécier quelque peu la semaine dernière. Plusieurs facteurs y ont contribué, y compris les mesures extrêmement accommodantes de la Réserve fédérale américaine et les attentes d’une augmentation des dépenses déficitaires. Je pense que cela augure toujours bien pour les actions des marchés émergents.

 

5) Choix du candidat à la vice-présidence de Joe Biden. Le candidat démocrate à la présidence, Joe Biden, a choisi la sénatrice Kamala Harris comme colistière : un choix à la fois historique et largement attendu. Comme je l’ai dit la semaine dernière, le choix du candidat à la vice-présidence n’a généralement aucune importance, à moins qu’il ne suscite la controverse. À mon avis, ce faisant, le camp Biden a évité une faute non provoquée. La sénatrice Harris est sans contredit la candidate la plus modérée parmi les finalistes et je crois que cela a été un véritable soulagement pour les marchés. Les investisseurs peuvent désormais s’inquiéter d’autres choses.

 

Dans l’attente d’un vaccin

 

La semaine dernière, de nombreuses régions du monde ont dévoilé des statistiques économiques encourageantes. La production industrielle de la zone euro a augmenté, tout comme la production industrielle et les ventes d’automobiles en Chine. J’ai également été impressionnée de voir le nombre de premières demandes de prestations d’assurance-chômage aux États-Unis chuter sous la barre du million pour la première fois depuis que les licenciements liés à la pandémie ont commencé à se multiplier.3 Les statistiques économiques et, plus important encore, les espoirs de développement rapide d’un vaccin efficace, ont contribué à la remontée de certains indices boursiers américains et asiatiques (en particulier l’indice Dow Jones des valeurs industrielles, l’indice composé de Shanghai et l’indice Nikkei 225), mais les indices boursiers européens (l’indice FTSE 100 et le DAX) ont perdu du terrain la semaine dernière. Ces facteurs ont aussi fait grimper les taux des bons du Trésor américain à plus longue échéance, signe d’un regain d’optimisme des investisseurs.

 

Le fait que le monde attende impatiemment l’arrivée d’un vaccin contre la COVID-19 me rappelle la pièce « En attendant Godot ». Comme le titre l’indique, la pièce gravite autour de deux hommes qui attendent un dénommé Godot. Ils attendent pendant ce qui semble être une éternité, se demandant à haute voix si l’insaisissable Godot finira par arriver et ce qui se passera à ce moment-là. J’en suis venue à la conclusion que le marché attend son propre Godot : les investisseurs supposent qu’un vaccin arrivera bientôt et, en attendant, que les mesures d’assouplissement monétaire demeureront généreuses et que les statistiques économiques continueront de s’améliorer. Ce serait un « scénario idéal » mais, dans la vie, le scénario idéal auquel nous aspirons se produit rarement. Dans la pièce (attention, divulgâcheur), Godot n’arrive jamais, et les deux hommes se découragent.

 

Si un vaccin efficace arrive plus tard que le moment auquel les investisseurs l’attendaient et que les statistiques économiques se détériorent, je ne pense pas que les marchés vont se décourager, mais je crois que nous devons nous préparer à une certaine déception (en particulier aux États-Unis, où les valorisations boursières sont exagérées).

 

Et, c’est fort probable. La semaine dernière, l’institut allemand Robert Koch, institut de premier plan dans le domaine des maladies infectieuses, a rectifié une déclaration antérieure selon laquelle un vaccin pourrait être prêt d’ici l’automne 2020.4 L’institut a nuancé ses propos en déclarant qu’un tel vaccin ne contrôlerait probablement pas totalement la pandémie; cela n’a rien d’étonnant étant donné qu’il pourrait facilement y avoir des mutations virales ou que le vaccin pourrait fournir seulement de brèves périodes d’immunité.

 

Des tests et une recherche des contacts plus efficaces dans certains pays comme les États-Unis pourraient peut-être atténuer cette déception. Bill Gates, entre autres, a été très critique à l’égard des tests aux États-Unis, notamment parce qu’il faut souvent attendre plusieurs jours pour recevoir les résultats des tests de dépistage de la COVID-19. Or, la fin de semaine dernière, la Food and Drug Administration a annoncé l’approbation d’un test salivaire fiable qui peut fournir des résultats en quelques heures à un coût beaucoup moins élevé.5 Cela pourrait aider énormément à rendre les tests beaucoup plus répandus et moins coûteux et, par le fait même, à raviver la confiance des consommateurs.

 

À la toute fin de la pièce « En attendant Godot », les deux hommes ne partent pas. Ils restent là pendant que le rideau tombe. Nous ignorons s’ils ont abandonné ou s’ils attendent toujours. Bien sûr, contrairement à une pièce de théâtre, il n’y a pas de « dernière page du scénario » dans notre attente; nous savons que les travaux en vue du développement d’un vaccin et de traitements et les efforts vers une gestion efficace se poursuivront, même si ces démarches ne suivent pas l’échéancier prévu.

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1 Source : Bloomberg, L.P., « States, Cities Already Cutting Jobs With Financial Toll Mounting », 2 avril 2020

2 Source : Small Business Administration

3 Source : Département de la main-d’œuvre, données de la semaine terminée le 8 août 2020

4 Source : Reuters, « Advisory: German institute withdraws report saying COVID-19 vaccine could be available », 12 août 2020

5 Source : STAT, « FDA clears saliva test for Covid-19, opening door to wider testing », 15 août 2020

Renseignements importants

Image d’en-tête du blogue: Alistair Berg / Getty

Tous les placements comportent des risques, y compris le risque de perte.

En règle générale, les cours des actions fluctuent, parfois même considérablement, en réaction aux activités de la société émettrice, ainsi qu’à la conjoncture des marchés en général, à la situation économique et au climat politique.

Il est plus risqué d’investir dans des pays des marchés émergents que dans des pays plus industrialisés.

L’indice Dow Jones des valeurs industrielles est un indice pondéré selon la moyenne arithmétique du cours des 30 titres les plus fortement capitalisés et dont le capital est le plus largement réparti de la Bourse de New York.
L’indice composé de la Bourse de Shanghai est un indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière qui suit le rendement boursier quotidien des actions de catégories A et B cotées à la Bourse de Shanghai.
L’indice Nikkei 225 est un indice pondéré selon la moyenne arithmétique du cours des 225 entreprises japonaises les plus fortement capitalisées de la première section de la Bourse de Tokyo.

L’indice FTSE 100 regroupe les 100 entreprises les plus fortement capitalisées de la Bourse de Londres.

L’indice DAX est un indice de rendement global qui regroupe 30 actions allemandes de premier ordre sélectionnées parmi les titres négociés à la Bourse de Francfort.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur au 17 août 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.