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Perspectives, commentaire et expertise de placement

Mark Jason | 31 mai 2016

Malgré la crise politique, la situation au Brésil demeure encourageante à bien des égards.

Le gouvernement brésilien demeure sur la sellette et les luttes de pouvoir actuelles pourraient bien se prolonger jusqu’aux Jeux olympiques de cet été.

Quelle que soit l’issue politique, nous estimons que l’année 2016 risque d’être délicate sur le plan économique. Le marché anticipe notamment une variation du PIB de -3,7 %, le volume de production de 2015 ayant clôturé à -3,8 %1.

En d’autres termes, le Brésil traverse sa pire récession en plusieurs décennies. Alors, comment expliquer la progression de 28 % en dollars américains de l’indice MSCI Brésil au premier trimestre de l’année2? Pourquoi un tel écart?

À notre avis, la situation a bel et bien échappé à la présidente Dilma Rousseff. Perdant la confiance du peuple, elle n’a pu éviter la dissolution de sa coalition ni le déclenchement d’une procédure de destitution (au moment d’écrire ces lignes, le Sénat du Brésil venait de voter la mise en accusation de Mme Rousseff, sur allégations de manipulation illégale des comptes publics).

Si les législateurs brésiliens approuvent la destitution de leur présidente, celle-ci serait écartée du pouvoir pendant 180 jours afin de subir son procès. Pendant cette période, c’est le vice-président Michel Temer qui la remplacera vraisemblablement. Celui-ci devrait revenir à une politique économique plus orthodoxe et s’atteler à l’inflation ainsi qu’aux réformes et, avec un peu de chance, restaurer la croissance. Cette interprétation a relancé le marché.

Les occasions au Brésil

Ces incertitudes politiques importent relativement peu de toute façon, car notre stratégie s’est toujours concentrée sur les données fondamentales des entreprises, particulièrement leurs bénéfices, qualité et évaluation (BQE). Sur ces considérations, j’aimerais évoquer une société prometteuse que nous détenons au Brésil : BM&F Bovespa S.A. (BM&F), à hauteur de 1,47 % de la Catégorie croissance internationale Invesco et de 1,37 % de la Catégorie croissance mondiale Invesco au 31 mars 2016. Ses activités principales bénéficient d’un statut quasi-monopolistique, puisqu’il s’agit d’opérations de Bourse, et son BAIIA s’approche de 70 % du revenu3. Les flux de trésorerie disponibles de la société oscillent entre 5 % et 9 % et sa position de trésorerie nette est enviable. BM&F Bovespa envisage de plus d’acquérir Cetip S.A. – Mercados Organizados, une autre institution financière non bancaire brésilienne de qualité supérieure, jouissant virtuellement elle aussi d’un monopole dans l’inscription de valeurs mobilières.

Grâce à cette acquisition, nous pensons que les revenus de BM&F seront encore plus réguliers et que cette visibilité améliorée des bénéfices débouchera sur une nouvelle révision à la hausse de sa notation. L’opération devrait permettre au nouvel ensemble de profiter encore davantage des barrières élevées à l’entrée pour les concurrents ainsi que de flux de trésorerie élevés, tout en lui donnant l’occasion de se développer à l’échelle nationale. La population brésilienne n’est effectivement pas encore parfaitement servie en matière de services financiers. En outre, les perspectives d’une nouvelle administration et d’un contexte macro-économique plus encourageant ont soutenu le titre ces derniers mois, le cours clôturant à la fin avril en progression de 57 % en monnaie locale par rapport au début de l’année1. Malgré les récents événements politiques, il nous semble que la société demeure sous-évaluée, compte tenu de son potentiel à long terme.

Perspectives pour le Brésil

Le marché boursier brésilien a amorcé une phase baissière massive l’an dernier, mais tire bien son épingle du jeu depuis le début de l’année. Les cours des actions brésiliennes se négocient en moyenne 12 fois la valeur des bénéfices prévisionnels4, un niveau élevé comparé au ratio C/B moyen des cinq dernières années, soit 10x4. Les bénéfices nous paraissent toutefois faibles et ne pas refléter pleinement le potentiel à long terme du marché. Malgré ce fort rebond boursier du premier trimestre 2016, certaines évaluations à long terme semblent toujours attrayantes dans l’hypothèse d’un retour à une rentabilité moyenne.

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Remarque : Mark Jason est gestionnaire de portefeuille principal au sein de l’équipe de croissance internationale et mondiale d’Invesco ltée. Invesco Canada est une filiale indirecte d'Invesco Ltd.

Les sociétés ci-dessus ont été mentionnées à des fins d'illustration uniquement et non dans le but de fournir un conseil particulier en matière de placement.

Toutes les données fournies proviennent d’Invesco à moins d’indication contraire. Il n'est pas possible d'investir directement dans un indice. La diversification ne garantit pas un profit ou l’élimination du risque de perte.

1 Source : Bloomberg L.P., au 30 avril 2016.
2 Source : MSCI au 31 mars 2016.
3 Source : FactSet Research Systems Inc., au 31 mars 2016.
4 Sources : FactSet Research Systems Inc. et Invesco au 31 mars 2016.

L’acronyme BAIIA signifie bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements. Le rapport entre le BAIIA et le revenu total de l'entreprise fournit une indication de sa rentabilité d'exploitation.

Le ratio cours/bénéfices (C/B), également qualifié de multiple, fournit une appréciation de la valorisation d'une entreprise en divisant le prix de son action par son bénéfice par action.

Le ratio cours/bénéfices prévisionnels est obtenu à partir des bénéfices prévisionnels, habituellement des 12 prochains mois ou de l'exercice prochain, et non à partir des bénéfices réels.

Les flux de trésorerie libre donnent une indication du rendement financier d'une entreprise et sont calculés en soustrayant les dépenses en capital des flux de trésorerie d'exploitation.

Les données présentées s'entendent au 31 mars 2016, à moins d’indications contraires.