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Perspectives, commentaire et expertise de placement

Clas Olsson | 15 janvier 2016

Mettre l’accent sur les équipes de direction et non pas sur les banques centrales

Malgré la volatilité mondiale, nous nous concentrons sur les caractéristiques fondamentales BQE – bénéfices, qualité et évaluation

Au cours des trois à quatre dernières années, l’argent facile provenant des politiques monétaires accommodantes a fait progresser les marchés mondiaux malgré la faiblesse des caractéristiques fondamentales sousjacentes. Ces politiques ont maintenu les taux d’intérêt extrêmement bas, effaçant les avantages généralement offerts par les bilans sains des meilleures sociétés qui servent de rempart contre la faiblesse économique et qui constituent un outil pour tirer profit des concurrents en difficulté.

En 2016, l’équipe de croissance internationale et mondiale observe un changement d’attitude des investisseurs qui prévoient finalement un retour à la normale des taux d’intérêt. Une fois que ce sera fait, nous estimons que les sociétés les moins endettées – et les stratégies mettant l’accent sur la croissance de qualité comme la nôtre – seront encore une fois en meilleure position. Toutefois, nos décisions de placement ne reposent pas sur cette prévision. En effet, nous nous soucions beaucoup plus des actions des dirigeants d’entreprises que de celles des responsables des banques centrales. Nous tentons de tirer avantage de la volatilité boursière en acquérant des sociétés de grande qualité à des cours attrayants. Selon nous, les épargnants qui ont une vision à long terme peuvent bénéficier de cette méthode.

Amélioration des évaluations

Sous l’effet de la faiblesse des marchés boursiers, les évaluations se sont quelque peu améliorées en 2015 :

  • L’indice MSCI Tous pays d’Asie-Pacifique hors Japon affichait un ratio cours/bénéfice (C/B) estimé pour les douze prochains mois de 13,1 à la fin juin. À la fin du mois de septembre, il est tombé à 11,7, soit une dégringolade de plus de 10 %1.
  • Le recul de l’indice MSCI Marchés émergents a été encore plus prononcé, clôturant le mois de septembre avec un ratio C/B estimé pour les 12 prochains mois de 10,91.
  • Le ratio C/B estimé pour les 12 prochains mois de l’indice MSCI Europe se chiffrait à 13,8 à la fin du mois de septembre1.
  • Le niveau des évaluations dans toutes ces régions mondiales était inférieur à celui des États-Unis, comme le montre le ratio C/B estimé pour les 12 prochains mois de 15,4 de l’indice MSCI ÉtatsUnis en date du 30 septembre1.

Voici certains secteurs que nous surveillerons de près en 2016.

Le ralentissement de la croissance en Chine présente des occasions aux investisseurs à long terme.

Nous continuons d’observer un ralentissement constant de la croissance économique en Chine après des années d’investissements excessifs dans le marché de l’immobilier et la capacité industrielle et de croissance rapide du crédit. L’économie du pays est en train de prendre de la maturité, faisant sevrage de mesures de stimulation gouvernementales et se défaisant de sa dépendance à la croissance des exportations. Elle met maintenant l’accent sur un modèle plus viable davantage axé sur la croissance de la consommation.

La récente turbulence des marchés a été causée en partie par la faiblesse des marchés immobiliers, qui s’est traduite par des revenus moindres pour les gouvernements locaux visant à financer des dépenses anticycliques. Cela a ensuite eu une incidence négative sur les dépenses des consommateurs. Alors que les sociétés s’ajustent à la « nouvelle normalité », les révisions des bénéfices continuent d’être négatives.

En raison du repli boursier en 2015, nous avons déniché des occasions en Chine, particulièrement dans le secteur des biens de consommation de base, grâce à l’amélioration des évaluations.

Le Brésil a toujours besoin d’une réforme budgétaire importante

En plus de la chute abrupte des prix des marchandises, nous estimons que la politique économique interventionniste de la présidente Dilma Rouseff depuis son élection en 2011 constitue un facteur clé de la déstabilisation de l’économie brésilienne qui se trouve présentement en profonde récession. Depuis sa réélection, la présidente a tenté de mettre en œuvre des réformes économiques, notamment la nomination d’un ministre des finances en faveur du marché et ardent défenseur de l’austérité budgétaire. Par contre, son manque de popularité et le récent scandale de corruption découlant de l’opération « Car Wash » impliquant la société pétrolière contrôlée par l’État Petrobras ont nui à l’adoption de plans de relance budgétaire importants. La récente démission du ministre des finances Joaquim Levy et les déclassements par les agences de la cote du crédit du Brésil font en sorte qu’une reprise rapide est improbable.

Nous sommes confiants au sujet de nos décisions dans cet environnement risqué puisque nous mettons l’accent sur la qualité des entreprises. Nous croyons également que les évaluations au Brésil reflètent le malaise économique actuel du pays, ce qui renforce nos décisions en matière de pondérations et de positions dans la région.

Dénicher des occasions dans des titres cycliques européens de qualité

En ce moment, nous observons plus d’occasions dans les titres cycliques puisque les actions défensives sont maintenant dispendieuses après des années de solides rendements. Au cours du repli abrupte du troisième trimestre, l’équipe de croissance internationale et mondiale d’Invesco a augmenté son exposition aux biens de luxe et aux industries.

Les sociétés japonaises obtiennent des profits de faible qualité

Le Japon constitue l’un des seuls pays dont les révisions des bénéfices ont été positives en 2015 malgré les faibles données économiques. La raison de cette dichotomie est la faible qualité des profits, bon nombre de sociétés enregistrant une croissance du chiffre d’affaires et du bénéfice net principalement en raison de la faiblesse du yen, et non pas d’améliorations véritables provenant de la demande sous-jacente. Même si nous demeurons sceptiques quant à la capacité du premier ministre Shinzo Abe à mettre en place des réformes économiques et des changements structurels importants, l’initiative visant à demander aux entreprises japonaises de donner de meilleurs rendements aux actionnaires constitue un changement apprécié.

Cela étant dit, nous avons toujours de la difficulté à dénicher des sociétés de croissance de qualité à des évaluations attrayantes au Japon et nous avons réduit notre exposition au pays en 2015 en raison des forts rendements obtenus.

Trois questions à se poser pour chaque action

Comme toujours, notre stratégie est caractérisée par une méthode ascendante, une gestion active et un horizon de placement à long terme. Peu importe le secteur et le pays, nous nous posons trois questions lorsque nous analysons une action :

  • La capacité bénéficiaire de la société est-elle viable au cours du cycle de placement complet?
  • La société est-elle solide financièrement et en mesure de générer d’excellents rendements?
  • Le cours de l’action de la société est-il attrayant?

Nous demeurons convaincus que notre processus de sélection des titres BQE constitue la bonne méthode pour les épargnants à long terme.

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1 Source : FactSet, au 30 sept. 2015.

L’indice MSCI Marchés émergents est un indice non géré considéré comme étant représentatif des actions des pays en développement.

L’indice MSCI Tous pays d’Asie-Pacifique hors Japon est un indice non géré considéré comme étant représentatif des actions de la région pacifique à l’exception du Japon.

L’indice MSCI Europe est un indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière utilisé pour mesurer le rendement des actions européennes.

L’indice MSCI États-Unis mesure le rendement des segments des actions à grande et à moyenne capitalisation du marché américain.

Le ratio cours/bénéfice (C/B) mesure l’évaluation d’une action en divisant son cours par ses bénéfices par action.

Toutes les données fournies proviennent d’Invesco à moins d’indication contraire. Il est impossible d’investir directement dans un indice. La diversification ne garantit pas le profit ou l’élimination du risque de perte.