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Kristina Hooper | 2 novembre 2021

Neuf enjeux que les investisseurs devront surveiller cette semaine.

Boussole hebdomadaire des marchés : Kristina Hooper parle des principaux enjeux à surveiller, notamment les réunions des banques centrales, le rapport sur l’emploi aux États-Unis, les déclarations de bénéfices, la COP26, l’OPEP+ et bien plus encore.

Le mois de novembre commence en lion. On s’attend à ce que les réunions des banques centrales des États-Unis, de l’Angleterre et de l’Australie fassent les manchettes. Une grande conférence sur les changements climatiques s’amorce au Royaume-Uni dans un contexte de hausse des prix de l’énergie. Les principaux pays exportateurs de pétrole se réunissent pour décider de leur stratégie, compte tenu des pressions mondiales exercées pour qu’ils augmentent leur production. De plus, nous anticipons la sortie d’un rapport clé sur l’emploi aux États-Unis cette semaine et d’autres déclarations de bénéfices des sociétés. Voici neuf enjeux que je vais surveiller cette semaine et dans les semaines à venir.

1. Réunion de la Réserve fédérale américaine

C’est peut-être le moment tant attendu. La Réserve fédérale américaine (Fed) devrait annoncer le début du retrait graduel des achats d’actifs à sa réunion de cette semaine. Il pourrait y avoir plus de volatilité avant la réunion, mais rien de grave à mon avis. La Fed a tellement dit souvent qu’elle amorcerait bientôt le retrait graduel des achats d’actifs que la nouvelle est déjà passablement escomptée. Je me concentrerai donc sur la conférence de presse du président du conseil, Jay Powell. Je serai à l’affût du moindre changement de ton. Cela étant dit, je doute que la Fed soit effrayée par l’inflation et qu’elle déroge de sa « politique monétaire accommodante axée sur la patience ». Je m’attends à ce qu’il répète ce qu’il dit depuis un certain temps : comme les hausses de taux n’ont rien à voir avec le retrait graduel des achats d’actifs, il ne faut pas s’attendre à des hausses de taux avant la deuxième moitié de 2022.

2. Réunion de la Banque d’Angleterre

La Banque d’Angleterre s’est montrée plus belliciste que la Fed récemment et je m’attends à ce qu’elle annonce une hausse de taux à sa réunion de cette semaine. Sa réunion suit celle de la Banque du Canada la semaine dernière, qui a surpris les marchés en annonçant la fin précipitée de son programme d’achat d’actifs à grande échelle. Je crois que la Banque d’Angleterre va lui emboîter le pas. Même si certains soutiennent qu’elle va attendre encore quelques mois pour voir l’impact de l’abolition du plan d’aide aux travailleurs mis à pied, je crois que la Banque d’Angleterre se dit qu’elle ne peut pas se payer le luxe d’attendre. Certaines banques centrales des pays développés, comme la Banque d’Angleterre, pourraient adopter une attitude plus belliciste, mais je pense que la Fed préfère attendre.

3. Réunion de la Banque de réserve d’Australie

La Banque de réserve d’Australie se réunit elle aussi cette semaine. Cette réunion est importante parce qu’elle n’a pas réussi à protéger son taux obligataire cible par le biais d’achats d’actifs la semaine dernière, ce qui a lui a fait perdre le contrôle de la courbe des taux; cela porte à croire qu’elle va officiellement mettre fin à son programme de taux cible à sa prochaine réunion.

4. Réunion de la COP26

Le Royaume-Uni est le pays hôte de la 26e conférence des parties signataires de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP26), qui se déroulera jusqu’au 12 novembre. Coopérer pour lutter contre les changements climatiques est devenu plus difficile, compte tenu des prix élevés de l’énergie. Certains pays subissent des pressions pour les pousser à assouplir leur réglementation environnementale étant donné les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la hausse des prix de l’énergie. Certains pays ont redémarré leurs centrales au charbon en raison de la demande accrue d’électricité et de la flambée des prix du gaz naturel, tandis que d’autres ont aboli les taxes sur les combustibles fossiles, ce qui revient à les subventionner. Rappelez-vous que lorsque l’Accord de Paris sur le climat a été ratifié, le 22 avril 2016, l’intermédiaire de l’Ouest du Texas (pétrole brut WTI) se vendait 44,23 $ le baril, le pétrole brut Brent 45,59 $ le baril, le gaz naturel 2,08 $ le million de Btu et le charbon environ 80 $ la tonne métrique.1 C’est une toute autre histoire aujourd’hui : le pétrole brut WTI se vend 83,57 $ le baril, le pétrole brut Brent 83,20 $ le baril, le gaz naturel 5,54 $ par million de Btu et le charbon 233 $ la tonne métrique.1

5. Réunion de l’OPEP+

La pression est de plus en plus forte sur les pays producteurs de pétrole pour qu’ils augmentent leur production. Jusqu’ici, ils n’ont pas cédé. Lorsque l’OPEP+ se réunira le 4 novembre, je soupçonne qu’elle maintiendra cette position et ne consentira pas à une très grosse augmentation de la production, ce qui signifie que les prix de l’énergie vont probablement demeurer élevés, du moins pour le moment. Une lueur d’espoir est que l’Iran devrait reprendre les pourparlers sur son programme nucléaire, ce qui signifie que des exportations massives de pétrole iranien pourraient accroître l’offre et atténuer la pression sur les prix si un accord est conclu.

6. Autres déclarations de bénéfices des sociétés

La semaine dernière, nous avons finalement assisté à quelques déclarations de bénéfices décevantes très médiatisées liées aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et à l’augmentation des coûts de main-d’œuvre. Ce n’était pas beau à voir : il s’agissait, dans la plupart des cas, de bénéfices extrêmement décevants, mais les marchés ont à peine fléchi. Cette semaine, de nombreuses entreprises vont dévoiler leurs bénéfices, y compris certains détaillants, alors la croissance des salaires sera la plus grosse préoccupation. Évidemment, nous allons suivre de près la croissance des salaires car plus cette tendance va durer longtemps, plus elle est susceptible de nuire aux entreprises et aux investisseurs.

7. Rapport sur l’emploi aux États-Unis

Comme je l’ai déjà dit, le rapport sur l’emploi d’octobre (qui sera rendu public le 5 novembre) pourrait être le premier qui montre un début de retour à la normale sur le marché du travail, étant donné qu’il couvre la période comprise entre la mi-septembre et la mi-octobre (après la rentrée des classes, la fin des prestations d’assurance-chômage bonifiées et le pic de la plus récente vague de COVID). Le rapport de septembre sur l’emploi a été décevant, mais j’ai de plus grands espoirs pour celui d’octobre. Nous allons porter une attention particulière à la croissance des salaires, étant donné que c’est un problème de plus en plus criant pour les entreprises.

8. Marché boursier japonais

Les marchés japonais vont digérer les résultats des élections nationales, qui ont permis au nouveau premier ministre, Fumio Kishida, de conserver la majorité au Parlement, alors que tous s’attendaient à ce qu’il ne soit pas en mesure de le faire. Cela signifie qu’il pourra probablement faire avancer son programme économique, y compris les mesures de relance budgétaires. La réaction initiale du marché boursier a été positive et je crois que ce sentiment va perdurer; je pense que nous assistons au début d’une forte remontée boursière au Japon, alimentée par un regain de confiance. Après tout, le taux de vaccination est élevé au Japon (selon l’outil COVID-19 Tracker de Reuters, environ 75 % de la population japonaise serait entièrement vaccinée) et la réouverture de l’économie prend de l’ampleur. Par exemple, la tendance aux sorties dans les restaurants, les centres commerciaux et autres commerces de détail s’est améliorée et est remontée à 6 % de moins qu’avant la pandémie.2

9. Cas de COVID

J’entends souvent dire que la bourse ne se soucie plus de la COVID, que c’est du passé. C’est un luxe que nous pouvons nous permettre lorsque le nombre de cas d’infection à la COVID est en chute libre. Mais, détrompez-vous, la COVID demeure un enjeu économique et boursier de taille car la moindre éclosion peut provoquer la fermeture d’une chaîne de montage, d’une usine ou d’un quai, surtout en Asie, où ils prennent les épidémies très au sérieux.

1 Source : Bloomberg, L.P., 1er novembre 2021

2 Source : Google Mobility, 29 octobre 2021

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1902019

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