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Blaise Warren, Michael Fraikin, Stephen Quance | 25 novembre 2019

Notre nouvelle étude montre que les placements factoriels gagnent en popularité à l’échelle mondiale

Le bureau des placements factoriels mondiaux d’Invesco croit que l’application systématique et factuelle des facteurs de placement est une tendance qui est là pour rester parce que ces stratégies sont complémentaires à d’autres approches qui aident les clients à atteindre leurs objectifs. En règle générale, les clients apprivoisent les placements factoriels en commençant par les portefeuilles d’actions, avant de s’aventurer dans d’autres catégories d’actifs, mais chaque client est différent.

Au début de 2020, les investisseurs mondiaux vont probablement continuer d’accorder plus de place aux stratégies de placement factoriel, ceux qui les ont déjà expérimentés vont sans doute s’ouvrir à des catégories d’actifs autres que les actions et à des méthodes d’implantation plus dynamiques de ces stratégies. Récemment, les investisseurs ont diversifié leur exposition à divers facteurs par le biais du rééquilibrage visant à inclure des titres axés sur l’élan des bénéfices, la qualité et la faible volatilité (au détriment des titres de valeur) et en optant pour une construction de portefeuille plus personnalisée qui donne accès à ces facteurs. Malgré les rendements décevants de certains facteurs en 2018 et en 2019, tout porte à croire que la foi des investisseurs dans les placements factoriels va continuer de croître.

Par placements factoriels, on entend la sélection et la pondération de titres en fonction de caractéristiques objectives et observables qui nous donnent une idée des rendements attendus. Les facteurs reconnus se fondent sur des études académiques rigoureuses et sont des caractéristiques quantifiables propres à un type d’actif pouvant être ciblé de manière rentable dans un portefeuille diversifié. Un facteur doit absolument reposer sur une base rationnelle pour que le lien avec les rendements attendus soit durable.

 

Les placements factoriels gagnent en popularité

Selon l’étude de 2019 d’Invesco sur les placements factoriels mondiaux, qui a été rendue publique en octobre 2019,1 près de la moitié (45 %) des investisseurs sondés en Asie-Pacifique, en EMOA (Europe, Moyen-Orient et Afrique) et en Amérique du Nord ont augmenté la pondération des placements factoriels en 2018 et en 2019, et 59 % prévoient en faire autant au cours des trois prochaines années. Par conséquent, la pondération moyenne des stratégies de placement factoriel des investisseurs institutionnels (de 16 à 18 %) et de gros (de 11 à 14 %) a augmenté en 2019, par rapport à 2018.

En outre, de 60 à 65 % des répondants ont déclaré que les rendements de leurs placements factoriels ont atteint, voire dépassé, leurs attentes en 2019. C’est d’autant plus évident après une période où certains facteurs de style, comme la valeur et la petite taille, ont obtenu des rendements inférieurs aux indices de référence pondérés en fonction de la capitalisation boursière (comme l’illustre le graphique ci-dessous). D’autres facteurs de style, y compris l’élan des bénéfices, la faible volatilité et la qualité, ont eu tendance à surpasser les indices de référence au cours de la même période.

 

 

Les investisseurs rééquilibrent de plus en plus leurs placements factoriels dans plusieurs facteurs de style et catégorie d’actifs

Les stratégies multifactorielles sont des outils de diversification de portefeuille de plus en plus répandus qui reposent sur la prémisse que différents facteurs procurent des rendements supérieurs ou inférieurs dans différentes conjonctures.

Les investisseurs sondés dans l’étude de 2019 sur les placements factoriels mondiaux ont dit prendre part plus activement dans la décision des facteurs à inclure et à exclure. L’un des résultats est une réduction de l’exposition au facteur de valeur (parmi les premiers et les plus largement adoptés), compensée par une augmentation de l’utilisation des autres facteurs tels l’élan des bénéfices, la qualité et la faible volatilité. Ils ont révélé un rééquilibrage marqué des stratégies d’actions, la pondération du facteur élan des bénéfices ayant augmenté de 16 points de pourcentage (par rapport à 2018), celle du facteur de qualité de 15 points de pourcentage et celle du facteur faible volatilité de 6 points de pourcentage, tandis que la pondération du facteur de valeur a chuté de 9 points de pourcentage. Malgré la contre-performance du facteur de valeur ces dernières années, il demeure le plus populaire auprès des investisseurs de gros et institutionnels.

Au cours des douze derniers mois, nous avons constaté une augmentation notable de la proportion de répondants qui pensent que les stratégies factorielles peuvent être étendues aux titres à revenu fixe. Environ 70 % des investisseurs institutionnels et 78 % des investisseurs de gros considèrent désormais que les stratégies factorielles conviennent aux placements dans les titres à revenu fixe. Tandis que les taux obligataires frôlent les planchers records et qu’environ 25 % des obligations en circulation à l’échelle mondiale offrent des rendements négatifs, les investisseurs se tournent vers d’autres moyens d’obtenir une valeur ajoutée à même la catégorie des titres à revenu fixe. Les placements factoriels pourraient permettre de cibler des sources de rendement de façon transparente et rentable, même dans le contexte actuel de rendement limité.

La recherche sur les placements factoriels se poursuit dans l’univers des titres à revenu fixe, de même que les activités de développement de produits, afin de combler la demande perçue de stratégies factorielles de titres à revenu fixe. À mesure que les investisseurs vont avancer sur la courbe d’expérience, la demande de stratégies factorielles de titres à revenu fixe va probablement augmenter.

 

Les investisseurs vont probablement adopter des méthodes d’implantation plus dynamiques de ces stratégies de placement factoriel

L’étude de cette année a également démontré que trois investisseurs factoriels contre un choisissent une méthode d’implantation active, plutôt que passive, les stratégies actives étant habituellement offertes par le biais de mandats de fonds distincts, de fonds amalgamés et de produits négociés en bourse. De tous les investisseurs qui optent pour une stratégie passive via un indice factoriel, près de la moitié préfèrent l’élaboration d’un indice sur mesure. Ces indices sur mesure permettent une meilleure gestion des facteurs et donnent à l’investisseur plus de contrôle sur les définitions et les paramètres des facteurs.

Les investisseurs ont, à juste titre, une vision à long terme de leur exposition factorielle, mais cela ne signifie pas pour autant qu’ils peuvent se permettre d’adopter une répartition statique de l’actif. Cette vision est particulièrement répandue parmi les investisseurs factoriels avertis dont les antécédents de rendement remontent plus loin dans le temps.

En ce qui a trait à l’avenir de la recherche sur les placements factoriels, il importe de se rappeler pourquoi ils devraient procurer des rendements supérieurs à ceux du marché : récompense en contrepartie du risque, connaissance du comportement ou de la structure du marché. La recherche sera consacrée en grande partie à la cueillette de nouvelles informations sur l’exploitation des données sur le comportement et la structure du marché. Bien que la synchronisation des facteurs demeure un sujet d’intérêt, les recherches ont démontré qu’une bonne partie des gains est contrebalancée par la perte de diversification et les coûts de transaction. Les douze derniers mois ont présenté des défis intéressants en matière de construction de portefeuilles, alors que les méthodes plus simples ont souvent procuré de meilleurs rendements que les méthodes plus complexes, autre sphère de recherche.

En ce qui concerne l’évolution des marchés, de nombreux porteurs de titres se disent incertains quant à l’interaction entre les initiatives factorielles et les considérations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG). Plus du tiers (28 %) des investisseurs institutionnels considèrent les enjeux ESG comme un facteur à part entière, tandis que 49 % les voient comme une combinaison de facteurs. Pour mieux comprendre ces enjeux, les porteurs de titres ont besoin d’une aide extérieure, compte tenu de la complexité de l’analyse et de la difficulté d’accéder aux données et aux outils disponibles. On s’attend de plus en plus à l’intégration des considérations ESG aux stratégies factorielles. Même si la plupart diraient que selon les données antérieures, les facteurs ESG ne sont pas prédictifs du rendement, dans certaines circonstances, on peut prévoir l’issue positive ou négative de l’exposition aux facteurs ESG et de l’évolution du score ESG. Qui plus est, les investisseurs factoriels sont attirés, par exemple, par l’intégration des données sur les émissions de dioxyde de carbone à la gestion du portefeuille afin de pouvoir répondre aux attentes de leurs clients ultimes qui souhaitent souvent que leur placement fasse une différence.

Dans l’ensemble, les investisseurs s’intéressent de plus en plus aux stratégies de placement factoriel. Le fait que la pondération des placements factoriels augmente sans cesse dans les portefeuilles montre que ce type de placement est en train de se constituer une assise stratégique dans l’univers des placements, non seulement en tant que substitut à faible coût à la gestion active traditionnelle, mais également en tant qu’outil holistique d’élaboration de portefeuilles plus transparent et plus efficace.

 

 

 

 

 

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1 En 2019, des entretiens ont été menés avec 241 caisses de retraite, assureurs, investisseurs souverains, consultants en actifs, gestionnaires de patrimoine et banques privées du monde entier. Ensemble, ces investisseurs géraient 25,1 mille milliards de dollars américains au 31 mars 2019.

Rien ne garantit que la diversification va donner les résultats escomptés.

Un mot sur les risques

La valeur des placements et les revenus vont fluctuer (cela peut être en partie le résultat de fluctuations du taux change) et les épargnants risquent de ne pas récupérer le montant total investi.

Les investisseurs institutionnels sont définis comme étant des caisses de retraite (tant à prestations déterminées qu’à cotisations déterminées), des fonds souverains, des assureurs, des fonds de dotation et des fondations.

Les investisseurs de gros sont définis comme étant des gestionnaires discrétionnaires ou des constructeurs de portefeuilles modèles destinés aux mandats de fonds communs d’épargnants, y compris des équipes de placement discrétionnaires et des sélecteurs de fonds de banques privées et de conseillers financiers, ainsi que des gestionnaires de portefeuilles discrétionnaires qui travaillent pour le compte de ces intermédiaires.