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Brian Levitt | 25 juin 2021

Nous misons sur l’appréciation des actions pour dix raisons

Si vous me suivez dans les médias sociaux, vous ne serez pas estomaqués d’apprendre que mes collègues et moi pensons que les actions vont s’apprécier. Pourquoi le pensons-nous? Pour plusieurs raisons — dix, plus précisément — que j’ai énumérées ci-dessous.

1. Le cycle économique est à ses débuts

Les marchés des actions ont tendance à devancer le cycle économique et le présent cycle a apparemment un bel avenir. Les cinq derniers cycles économiques prolongés aux États-Unis ont duré en moyenne sept ans et se sont traduits, en moyenne, par une croissance cumulative de 25 % du produit intérieur brut (PIB) réel américain1. Le cycle actuel n’a qu’un an et le PIB réel des États-Unis revient tout juste au niveau enregistré au début de 2020.

2. L’économie est en effervescence

Les dépenses de consommation2, les investissements des entreprises3 et le marché de l’habitation4 montent en flèche en même temps. Des indicateurs avancés de l’économie mondiale avoisinent les sommets enregistrés pendant plusieurs années, ce qui laisse croire que la croissance économique pourrait dépasser la moyenne tendancielle dans un avenir prévisible5.

3. La vitalité de l’économie donne à penser que les valorisations des sociétés pourraient augmenter

Les valorisations suscitent beaucoup d’appréhension, mais les valorisations sont presque toujours élevées un an après une récession6. L’histoire nous apprend toutefois que l’appréciation des actions a justifié leurs multiples après chaque récession depuis le début des années 1990. Des indicateurs avancés pointent vers l’imminence d’une reprise en V de la croissance des bénéfices des sociétés7. Nos recherches montrent que les actions ont invariablement généré des rendements de plus de dix pour cent pendant les périodes de croissance positive des bénéfices au cours des 31 dernières années, indépendamment des multiples8.

4. Les conditions financières n’ont jamais été aussi souples

Les taux d’intérêt sont bas9, le dollar américain est relativement faible10, les écarts de taux des obligations de sociétés sont étroits11 et le marché des actions a atteint, ou presque, des sommets sans précédent12. Il est vrai que tous ces facteurs peuvent paraître de mauvais augure pour les investisseurs. Or, à en juger par le passé, c’est lorsque les conditions financières se resserrent sensiblement qu’il y a lieu de s’inquiéter, pas lorsqu’elles sont historiquement souples.

5. La Réserve fédérale des États-Unis ne devrait pas relever les taux avant la fin de 2022

Autrement dit, n’essayez pas de vous battre contre la Réserve fédérale des États-Unis (Fed). Il se peut que la normalisation de la politique tire à sa fin, mais il est improbable que la Fed resserre substantiellement sa politique parce que le taux de chômage « réel », dans lequel sont comptabilisés les travailleurs à temps partiel et les personnes faisant marginalement partie de la population active, est encore supérieur à 10 %.

6. Dans le passé, ce n’est généralement pas la première hausse des taux d’intérêt qui a compté

L’examen des hausses de taux initiales survenues pendant les cycles économiques (en 1994, 2004 et 2015) révèle que les rendements n’ont pas bronché au cours des 12 mois qui ont précédé, et des 36 mois qui ont suivi, le premier relèvement de taux d’intérêt, et qu’ils n’ont fléchi que lorsque la courbe des taux des obligations du Trésor américain s’est aplatie13.

7. Le marché obligataire estime que le taux d’inflation pourrait modérer

Les attentes inflationnistes à court terme sont supérieures à 3 %, mais les attentes sur trois ans et sur cinq ans s’établissent à environ 2,5 %14, ce qui est proche de la « zone de confort » préconisée par la Fed. Si cela se concrétise, la trame de fond — un taux d’inflation soutenant à court terme les bénéfices des sociétés, suivi de pressions inflationnistes modérées qui permettraient à a la Fed de maintenir le soutien de sa politique — sera très favorable aux actifs risqués.

8. L’économie dispose des capacités nécessaires pour accroître la production

Les entreprises cherchent non seulement à réembaucher pour répondre à la hausse de la demande15, mais elles investissent aussi pour reconstituer leurs stocks16 et renforcer leurs capacités de production; ces facteurs devraient dissiper les craintes inflationnistes. Les dépenses en immobilisations renouent avec leurs niveaux d’avant la pandémie17. Le taux de chômage « réel », dans lequel sont comptabilisés les travailleurs à temps partiel et les personnes faisant marginalement partie de la population active, s’établit à 10,2 %, ce qui laisse entendre que le plein emploi n’est pas pour demain18.

9. Il y a beaucoup d’argent en attente

Les espèces, les dépôts détenus dans des comptes-chèques et des comptes d’épargne et les autres sources de « quasi-monnaie » totalisent 20 000 G$ US19. Les investisseurs ont les yeux braqués sur l’inflation des biens, mais il est raisonnable de penser que la surabondance d’argent pour acquérir trop peu d’actifs pourrait entraîner une inflation des prix des actifs.

10. Les investisseurs ne sont pas emballés par les actions

On dit que les cycles du marché ont tendance à s’achever dans l’euphorie des investisseurs. Depuis la crise financière mondiale, les investisseurs ont placé plus de 3 000 G$ US dans des stratégies centrées sur des fonds communs de placement et des ETF strategies et plus de 1 000 G$ US dans des stratégies axées sur le marché monétaire. Par ailleurs, les investisseurs n’ont placé que la somme cumulative de 550 G$ US dans des stratégies centrées sur les actions20. Le jour où l’euphorie s’emparera des investisseurs paraît encore lointain.

Comme mon collègue Talley Léger l’a observé, « le meilleur est peut-être à venir ». 


1 Sources : Bureau of Economic Analysis, Bloomberg et Invesco, 31 mars 2021, données les plus récentes.

2 Source : U.S. Census Bureau, d’après les ventes de détail aux États-Unis, 31 mai 2021.

3 Source : Réserve fédérale des États-Unis, d’après les dépenses en immobilisations totales, 31 mars 2021, données les plus récentes.

4 Source : U.S. Census Bureau, d’après les ventes de maisons unifamiliales neuves aux États-Unis, 30 avril 2021, données les plus récentes.

5 Source : Conference Board, d’après les dix indicateurs économiques avancés aux États-Unis du Conference Board, 30 avril 2021, données les plus récentes.

6 Sources : Bloomberg, L.P. et Standard & Poor’s.

7 Source : Institute for Supply Management. L’analyse compare la corrélation entre l’indice ISM des directeurs d’achats du secteur manufacturier et le bénéfice par action de l’indice S&P 500.

8 Sources : Bloomberg, L.P., Standard & Poor’s et Invesco, au 31 mars 2021, données les plus récentes.

9 Source : Bloomberg, L.P., d’après le taux des obligations du Trésor américain à 10 ans, 31 mai 2021.

10 Source : Bloomberg, L.P., d’après l’indice du dollar américain (DXY), qui rend compte de la valeur générale du dollar américain par rapport à un panier de devises pondérées en fonction des échanges.

11 Source : BarclaysLive, d’après l’écart ajusté en fonction des options de l’indice Bloomberg Barclays U.S. Corporate High Yield Bond, 31 mai 2021.

12 Source : Bloomberg, L.P., d’après l’indice S&P 500, 31 mai 2021.

13 Sources : Bloomberg, L.P., Réserve fédérale des États-Unis et Invesco. Les rendements sont représentés par l’indice S&P 500, 31 mai 2021.

14 Source : Bloomberg, L.P., au 31 mai 2021. Le taux d’inflation neutre correspond à la différence entre le taux nominal des obligations du Trésor américain à un an et le taux des obligations du Trésor américain indexées sur l’inflation à un an.

15 Source : Bureau of Labor Statistics, d’après les données sur les emplois non agricoles aux États-Unis, 31 mai 2021.

16 Source : Institute for Supply Management, d’après le ISM Report on Business Inventories, 31 mai 2021.

17 Source : Réserve fédérale des États-Unis, d’après les dépenses en immobilisations totales, 31 mars 2021, données les plus récentes.

18 Source : Bureau of Labor Statistics, d’après le taux de chômage U6, 31 mai 2021.

19 Source : Bloomberg L.P., 31 mai 2021. La quasi-monnaie s’entend des actifs facilement convertibles en espèces.

20 Sources : Bloomberg, L.P., Investment Company Institute, 31 mai 2021.

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