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Perspectives, commentaire et expertise de placement

Kristina Hooper | 7 avril 2020

Où les gestionnaires de portefeuille trouvent-ils des occasions de placement dans la conjoncture actuelle?

L’effort concerté de la part des trois paliers de décideurs pour lutter contre la COVID-19 et ses répercussions économiques se poursuit. Les banques centrales ont mis de l’avant des politiques monétaires pour assurer le fonctionnement des banques et des marchés, les gouvernements nationaux adoptent des politiques budgétaires expansionnistes pour venir en aide aux consommateurs et aux entreprises, et tous les paliers de gouvernements instaurent des politiques de santé publique pour contenir la propagation du virus. (Sans parler du dévouement inlassable des travailleurs de la santé de première ligne et des scientifiques à la recherche de traitements et de vaccins.)

 

Bien sûr, chaque politique adoptée dans cette lutte a des conséquences sur les actions, les obligations, les produits de base et les autres catégories d’actifs, et les investisseurs se demandent comment positionner leurs portefeuilles dans la conjoncture actuelle. C’est un sujet que j’aborde régulièrement avec les gestionnaires de portefeuille d’Invesco. Aujourd’hui, j’ai recueilli quelques faits saillants que j’aimerais partager avec vous. Voici les propos recueillis auprès de trois de mes collègues :

 

  • Scott Wolle, chef des placements systématiques et factoriels
  • Meggan Walsh, gestionnaire de portefeuille principale et chef de l’équipe des titres de valeur productifs de dividendes
  • Matt Brill, chef des obligations américaines de première qualité à Invesco Fixed Income

 

Parité de risque : La diversification économique passe avant tout

Scott Wolle : Les mouvements boursiers dont nous avons été témoins ces dernières semaines sont vraiment stupéfiants. On pourrait pardonner aux investisseurs de penser que cette crise ressemble à la crise financière mondiale (CFM) de 2008, parce que la vitesse et l’ampleur du repli actuel rappellent celui qui a suivi la faillite de Lehman Brothers en septembre de la même année. Cela tient au fait que nous sommes essentiellement confrontés à trois crises à la fois : 1) le déclin fondamental de l’activité économique provoqué par les efforts déployés pour lutter contre le virus; 2) une guerre des prix du pétrole entre les Saoudiens et les Russes; et 3) un resserrement des conditions de crédit parce que les banques sont incapables d’injecter des liquidités dans le système. Bien entendu, les décideurs tentent de résoudre chacun de ces problèmes, mais il leur reste encore beaucoup à faire.

 

Nul ne sait combien de temps nous allons devoir lutter contre le coronavirus et vivre avec ses conséquences, et c’est vraiment le genre de situation qui, selon nous, augmente l’attrait de la parité de risque. La parité de risque est une stratégie fondée sur la diversification économique en vertu de laquelle le gestionnaire de portefeuille investit dans des actions, des obligations et des produits de base, mais pondère chaque catégorie d’actifs de manière à ce que chacune d’entre elles expose le portefeuille au même degré de risque. Par conséquent, le rendement d’une catégorie d’actifs n’éclipse pas celui des autres pour ce qui est du rendement global du portefeuille, afin que les investisseurs puissent profiter des périodes haussières, tout en étant protégés pendant les périodes baissières.

 

Nous sommes convaincus que cette discipline et cette diversification joueront un rôle crucial pour permettre aux investisseurs de tirer leur épingle du jeu au cours des prochains mois. Ce sont les fondements de la stratégie de parité de risque et c’est ainsi que mon équipe a géré les portefeuilles pendant la CFM, la crise de la dette de la zone euro, le krach pétrolier de 2014-2015 et d’autres conjonctures difficiles. L’une des vertus des méthodes de placement systématiques est qu’elles vous aident à rester sur la bonne voie lorsque la nature humaine vous incite à paniquer.

 

Titres de valeur productifs de dividendes : Les bilans des sociétés importent

Meggan Walsh : Les actions productives de dividendes peuvent jouer un rôle important dans un portefeuille en procurant un potentiel de plus-value du capital et un revenu régulier. La perturbation considérable de l’activité économique causée par l’épidémie de coronavirus et le fait qu’on ignore pendant combien de temps elle va durer ont amené les investisseurs à remettre en question la capacité des sociétés à maintenir les dividendes versés aux actionnaires. Effectivement, les investisseurs anticipent désormais une très forte baisse des bénéfices prévisionnels au deuxième trimestre de 2020 et il se peut que les ratios de distribution de dividendes soient réduits dans certains secteurs, en particulier ceux davantage liés aux marchés ultimes cycliques, dans le but d’améliorer les liquidités et de préserver le capital dans cette conjoncture très éprouvante.

 

Dans ce contexte, il faut savoir qu’investir dans des titres productifs de dividendes ne se limite pas à cibler les titres qui affichent les ratios de dividendes les plus élevés : on doit aussi porter attention aux bilans des sociétés. Souvent, les actions dont les ratios de dividendes sont les plus élevés sont aussi très volatiles et cela pourrait indiquer que l’entreprise éprouve des difficultés. Les baisses de dividendes sont très fréquentes dans ce genre d’entreprise. Le défi consiste à faire la différence entre une entreprise qui bat de l’aile, mais qui verse un dividende plus élevé et une société solide dont le dividende repose sur de bonnes assises financières, un bon potentiel de croissance des bénéfices et qui a les moyens de remettre des capitaux à ses actionnaires. Pour mon équipe, le processus d’analyse fondamentale commence par le bilan, afin de repérer les entreprises dotés de bonnes assises financières et moins sujettes aux problèmes de résistance du capital lors des replis cycliques.

 

Il est encore trop tôt pour se prononcer sur la trajectoire de la reprise des bénéfices, mais l’histoire nous a appris à nous attendre à ce que les ratios de dividendes repartent à la hausse dès que la conjoncture de bénéfices sera revenue à la normale. Fait à noter, au 31 mars, le ratio de distribution de dividendes de l’indice S&P 500 était toujours inférieur à sa moyenne à long terme.1

 

Obligations de qualité : La Réserve fédérale américaine procure un soutien essentiel aux marchés

Matt Brill : Comme l’a mentionné Kristina au début de cet article, la politique monétaire est essentielle pour soutenir les marchés dans cette conjoncture. D’ailleurs, la Réserve fédérale américaine a récemment annoncé des programmes qui ont aidé à stabiliser le marché des obligations de première qualité, y compris celui des titres de créance de première qualité. Plus particulièrement, la Réserve fédérale américaine a annoncé le 23 mars qu’elle achèterait des obligations de sociétés pour la première fois de son histoire. À mon avis, cette décision change complètement la donne et je crois qu’il ne faut pas en sous-estimer les répercussions possibles.

 

Étant donné que les liquidités sont devenues une denrée rare vers la mi-mars, le marché des obligations de première qualité a perdu des acheteurs. L’écart acheteur-vendeur (la différence entre le cours le plus élevé qu’un acheteur est disposé à payer pour une obligation et le plus bas cours qu’un vendeur est disposé à accepter) a atteint des sommets jamais vus depuis la crise financière mondiale. À un certain moment, il n’y avait plus d’offres d’achat d’effets à court terme de première qualité. C’est alors que la Réserve fédérale américaine a décidé d’en acheter. Depuis cette annonce du 23 mars, avant même que la Réserve fédérale américaine ait effectué un seul achat, les liquidités sont revenues plus près de la normale. L’écart acheteur-vendeur demeure supérieur à l’habitude dans des « conditions de marché normales », mais les investisseurs semblent désormais interpréter cela comme une occasion de placement, puisque la Réserve fédérale américaine s’est engagée à assurer le fonctionnement des marchés.

 

Nous savons qu’à très court terme, les statistiques économiques américaines seront extrêmement négatives, mais je suis persuadé que nous sommes en présence d’une occasion de placement potentielle sur le marché des obligations de première qualité et que le redressement bénéficie de l’appui substantiel d’un énorme catalyseur, en l’occurrence les achats de la Réserve fédérale américaine.

 

 

 

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1 Source : NYU Stern. Moyenne à long terme calculée à partir de 1960.

Renseignements importants

Image d’en-tête du blogue : Crédit : Samxmeg/ Getty

La diversification ne garantit pas un profit et n’élimine pas le risque de perte.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles des auteurs au 2 avril 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.