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Perspectives, commentaire et expertise de placement

Rob Waldner | 6 décembre 2016

Perspectives 2017 : Les placements à revenu fixe sous l’administration Trump

Les perspectives macroéconomiques d’Invesco Fixed Income pour 2017 sont susceptibles d’être fortement influencées par l’orientation politique du nouveau président élu des États-Unis, Donald Trump, et de son Administration. Nous croyons que très peu de politiques clés seront mises en œuvre dans les premiers mois de l’Administration Trump.

Premièrement, l’assouplissement budgétaire : les baisses d’impôts proposées et les éventuelles dépenses en infrastructures pourraient favoriser la croissance de l’ensemble de l’économie américaine. Deuxièmement, M. Trump a promis de déréglementer l’économie américaine. Plus précisément, il a manifesté son intention de réformer la Affordable Care Act (ou loi sur les soins abordables, mieux connue sous le nom d’Obamacare), d’alléger la réglementation du secteur de l’énergie et de modifier la Dodd-Frank Act (loi qui vise à encadrer les secteurs bancaire et financier). À notre avis, ces changements devraient également stimuler la croissance à court terme aux États-Unis. Troisièmement, M. Trump a remporté ses élections en véhiculant un message anti-commerce. Par conséquent, nous nous attendons à voir surgir quelques obstacles au libre-échange dans un avenir rapproché. De telles mesures pourraient avoir une incidence négative sur la croissance économique mondiale à moyen terme.

À court terme, nous entrevoyons une hausse des taux d’intérêt aux États-Unis. La croissance économique plus forte aux États-Unis devrait exercer des pressions à la hausse sur l’ensemble des taux d’intérêt. Même si la volatilité risque de préoccuper la Réserve fédérale américaine (Fed), nous croyons que la Fed va tout de même relever les taux d’intérêt en décembre et que la tendance va se poursuivre en 2017. La croissance économique plus forte aux États-Unis, les mesures de relance budgétaire et la hausse des taux d’intérêt aux États-Unis sont autant de facteurs qui laissent entrevoir une appréciation du dollar américain par rapport aux autres devises. L’appréciation du dollar et l’intervention possible de l’État sur le commerce risquent de nuire aux marchés émergents. Dans ce contexte, on s’attend à une dépréciation des devises des marchés émergents et à une conjoncture qui risque de nuire à la croissance dans ces marchés.

Prêts bancaires

Nous nous attendons à ce que les prêts bancaires, en tant que catégorie d’actif, obtiennent des rendements comparables au taux de coupon en 2017, étant donné que les cours obligataires se sont maintenus autour du pair au quatrième trimestre de 2016. Nous sommes d’avis que les caractéristiques fondamentales des prêts bancaires vont continuer de bénéficier du soutien de la faible croissance du produit intérieur brut (PIB) aux États-Unis, puisque les sociétés ont somme toute de bons bilans et que les émetteurs ont des flux de trésorerie disponibles en réserve, mis à part quelques sociétés en difficulté. Nous croyons que les caractéristiques techniques vont demeurer bonnes, car la demande de la part d’investisseurs à long terme reste élevée. Selon nous, les principaux risques ne visent pas précisément les prêts. Nous pensons plutôt que la détérioration généralisée des caractéristiques macroéconomiques pourrait entraîner une aversion au risque et qu’une conjoncture récessionnaire pourrait faire grimper le taux de défaillance. Même si c’était le cas, les prêts garantis de premier rang demeurent relativement immunisés, puisqu’ils se situent au sommet de la structure du capital.

Marchés émergents

Il est peu probable que les marchés émergents (ME) obtiennent des rendements aussi exceptionnels qu’en 2016 (au moment où ce billet de blogue a été rédigé); on s’attend plutôt à des rendements entre zéro et cinq pour cent pour les douze prochains mois, soutenus principalement par le portage positif. Étant donné que les actifs des ME sont largement tributaires de la conjoncture mondiale, nous croyons que les mesures continues d’assouplissement monétaire des banques centrales, la croissance faible mais relativement stable et l’inflation qui demeure modérée augurent bien pour les actifs des ME. Qui plus est, la chasse au rendement qui se poursuit, le penchant des investisseurs pour les titres productifs de revenu et l’attrait des titres des ME, qui ne se dément pas par rapport à ceux des pays industrialisés, laissent présager que l’afflux des capitaux vers les titres des ME va se maintenir. Le discernement dans les perspectives est un thème qui domine pour les pays des ME. Comme toujours, nous ciblons les pays et les titres de créance des ME qui nous semblent regrouper divers catalyseurs (crédibilité, intervention des banques centrales, responsabilité financière, etc.). Les principaux risques associés à nos perspectives relativement optimistes sont une baisse marquée du rendement des bons du Trésor américain, des changements imprévus de politiques des banques centrales, une croissance mondiale beaucoup plus faible que prévu ou une forte appréciation du dollar américain.

Titres à revenu fixe européens

En 2017, les titres à revenu fixe européens auront d’autres obstacles macroéconomiques à surmonter, sans compter qu’il y aura des élections dans plusieurs pays de la région. La montée des partis anti-élite, principalement liée à la faible croissance économique qui perdure depuis plusieurs années, nous porte à croire que nous assisterons à une autre année ponctuée d’épisodes de volatilité accrue. La Banque centrale européenne (BCE) a eu un certain succès avec sa politique monétaire, qui a permis de réduire la fragmentation, mais le volume des prêts bancaires demeure médiocre et nous nous attendons à ce que le Brexit freine la croissance en Europe. Cependant, l’Europe demeure en début de cycle économique, et nous croyons que le programme d’assouplissement quantitatif (AQ) de la BCE sera prolongé passé mars 2017, car le taux d’inflation continue de décevoir et la croissance demeure faible. Par conséquent, nous sommes confiants à l’égard de l’échéance des obligations d’État de base dans lesquelles nous investissons et croyons que les événements politiques nationaux ou les interventions de la banque centrale, ou les deux, vont faire surgir de bonnes occasions de placement. Par ailleurs, nous avons adopté un positionnement neutre dans les pays périphériques et demeurons prudents à l’égard des perspectives de l’Italie et du Portugal; en revanche, nous sommes attirés par la valeur des obligations irlandaises et espagnoles. Au chapitre des devises, les bonnes occasions sont plutôt rares, mais l’euro devrait être avantagé par l’aversion au risque, puisqu’il s’agit d’une devise de financement. Par contre, le calendrier politique difficile va probablement empêcher une appréciation marquée de l’euro. Les risques que nos perspectives ne se matérialisent pas sont l’abolition soudaine des mesures d’assouplissement quantitatif ou le retrait graduel des mesures d’AQ annoncées par la BCE dans un avenir rapproché.

Obligations mondiales à rendement élevé

Nous nous attendons à ce que les obligations américaines à rendement élevé obtiennent de bons rendements en 2017, d’autant plus que le risque de resserrement de la prime de rendement est limité, puisqu’elle se situe actuellement à sa juste valeur. À l’extérieur des États-Unis, le rendement des obligations à rendement élevé va dépendre de l’évolution de la situation à l’échelle locale. La majeure partie des revenus des sociétés américaines émettrices de titres à rendement élevé est liée à la consommation des ménages, qui, à notre avis, va demeurer stable en 2017. Les perspectives de revenus et de rentabilité des entreprises situées à l’extérieur des États-Unis est davantage idiosyncratique et dépend de la situation de chaque pays ou région. Les interventions de la Fed pourraient avoir une incidence marquée sur le sentiment des investisseurs à l’égard des obligations mondiales à rendement élevé et sur le dollar américain, ce qui pourrait attiser la volatilité des prix des marchandises et des titres à rendement élevé rattachés aux marchandises. La faible demande en provenance de la Chine risque de nuire au rendement des obligations mondiales à rendement élevé, tout comme la croissance décevante en Europe. Cependant, nous sommes confiants à l’égard de divers événements qui ont une influence sur le marché américain des titres à rendement élevé : de nombreux émetteurs américains d’obligations à rendement élevé ont su tirer leur épingle du jeu en dépit de la chute des prix des marchandises en réduisant leurs coûts et en assainissant leur bilan; les fusions et acquisitions financées par la dette ont été relativement peu nombreuses; et le taux de défaillance n’a augmenté que très légèrement. Ces événements devraient soutenir le marché américain des obligations à rendement élevé en 2017.

Obligations mondiales de bonne qualité

Nous prévoyons que les obligations mondiales de bonne qualité vont surclasser les titres d’États souverains en 2017 en raison du contexte macroéconomique favorable et parce que les investisseurs sont toujours en quête de rendement. Les risques de récession mondiale sont plutôt faibles étant donné que les liquidités, particulièrement à l’extérieur des États-Unis, demeurent élevées. Aux États-Unis, même si la rhétorique de la Fed va probablement porter sur la hausse des taux d’intérêt, nous nous attendons à un resserrement plutôt limité. De plus, on s’attend à ce que la Banque centrale européenne et la Banque d’Angleterre maintiennent leurs mesures d’assouplissement quantitatif. L’inclusion des obligations de sociétés dans leurs programmes d’achat réduit d’autant l’offre de titres productifs de rendement accessible aux investisseurs, ce qui pourrait jouer en faveur des obligations mondiales de bonne qualité.

Les risques que nos perspectives ne se matérialisent pas incluent un ralentissement inattendu de la croissance mondiale, qui pourrait entraîner une détérioration des caractéristiques fondamentales des marchés des obligations et des titres risqués. Par contre, une accélération de la croissance mondiale et de l’inflation risque de provoquer une hausse des taux d’intérêt, ce qui nuirait particulièrement aux titres d’États souverains en raison de la protection limitée que ces titres procurent, compte tenu de leur très faible rendement. À l’aube de 2017, le marché des obligations de sociétés est caractérisé par la faiblesse des primes de rendement et des rendements absolus. Le rendement dans cette catégorie d’actif va dépendre en grande partie de notre capacité d’éviter les secteurs et les émetteurs en difficulté et de profiter des occasions qui vont se présenter.

Liquidités mondiales

Au cours de l’année qui vient, les gestionnaires de fonds du marché monétaire américain devraient pouvoir recommencer à se concentrer sur les moyens de procurer une valeur ajoutée dans un monde post-réforme. À court terme, les primes de rendement vont demeurer élevées si le déséquilibre entre l’offre et la demande perdure malgré les réformes, ce qui pourrait procurer des occasions de placement attrayantes au chapitre du rendement aux stratégies axées sur la prime de rendement et à ultra-court terme. L’offre suffisante d’obligations d’État américaines devrait soutenir les taux d’intérêt à court terme, mais nous allons surveiller de près l’évolution du dossier du plafond de la dette publique américaine au début de 2017, car cet enjeu risque d’avoir une incidence sur l’offre de bons du Trésor américain dans un proche avenir. Compte tenu de la faible croissance de l’économie américaine, l’attention des investisseurs va probablement rester sur la Fed en 2017 qui, comme par les années passées, va probablement choisir de formuler des énoncés prospectifs rassurants et adopter une politique de hausse graduelle des taux d’intérêt pour éviter autant que possible de perturber les marchés. La réforme du marché monétaire en Europe devrait commencer à prendre forme en 2017, mais (à l’instar des États-Unis) ce sera un très long processus et ses retombées sur les marchés ne se feront peut-être pas sentir avant 2018.

Produits de crédit structurés

Nous nous attendons à ce que la conjoncture macroéconomique et des marchés des capitaux soit favorable aux produits de crédit structurés en 2017, puisque la trajectoire de faible croissance macroéconomique et les taux d’intérêt qui se maintiennent dans une fourchette restreinte sont traditionnellement favorables à un risque de remboursement par anticipation plus faible et à un resserrement des primes de rendement. Nous croyons que les caractéristiques fondamentales sous-jacentes du marché immobilier résidentiel et commercial aux États-Unis vont jouer en faveur de cette catégorie d’actif, car l’offre résidentielle devrait demeurer limitée et les conditions de consommation seront probablement bonnes. La valeur des immeubles commerciaux américains a augmenté considérablement ces dernières années, mais nous croyons que la menace d’une bulle spéculative des valeurs mobilières représente beaucoup plus un risque pour les actionnaires que pour les porteurs de titres de créance de première qualité, étant donné que la qualité des garanties, le rehaussement de crédit et la prise ferme se sont améliorées considérablement depuis la crise du crédit. L’afflux de capitaux des investisseurs étrangers vers les titres adossés à des créances immobilières (TACI) émis par des organismes gouvernementaux américains constitue un avantage technique de taille, compte tenu de la proportion historiquement élevée de titres d’États souverains de l’extérieur des États-Unis qui offrent un rendement négatif, mais nous nous attendons à ce que la cadence des rentrées de fonds ralentisse, étant donné la hausse des coûts de couverture de change que nous entrevoyons tout au long de 2017. Les principaux risques associés à nos perspectives incluent : 1) un changement marqué de la politique de la Fed concernant le réinvestissement des coupons des TACI, les remboursements par anticipation et l’échéance des titres; 2) la possibilité que la banque centrale décide de relever davantage les taux d’intérêt; 3) la baisse exceptionnelle des prix des immeubles commerciaux aux États-Unis; et 4) la perturbation de l’offre de nouvelles émissions de titres adossés à des créances hypothécaires commerciales en lien avec l’adoption des nouvelles règles de « prise de risque » dans le cadre de la réforme de la Dodd-Frank Act des États-Unis le 24 décembre 2016.

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