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Kristina Hooper | 28 octobre 2020

Préparez-vous à un automne volatil

J’ai la chance d’avoir développé un réseau d’amies en dépit du fait que je suis une maman qui travaille. Certaines de mes amies remontent à l’enfance et à l’école secondaire, tandis que d’autres sont des mamans que j’ai rencontrées dans les écoles que mes enfants ont fréquentées ou au travail. Ils ont été d’un merveilleux soutien tout au long du chaos que peut être l’éducation des enfants et le quotidien. J’ai plaisanté avec elles à propos des jours particulièrement difficiles, comme les rencontres parents-enseignants que nous redoutions et que nous avions baptisées les « journées Pepto-Bismol », faisant référence au médicament utilisé pour lutter contre les maux d’estomac (malheureux symptôme de bien des journées d’enfer).  

Préparez-vous car j’entrevois des jours où nous aurons sérieusement besoin de Pepto-Bismol, vu les élections présidentielles américaines qui arrivent à grands pas, l’espoir évanescent de l’adoption d’un autre accord de relance budgétaire américain en 2020 et la hausse du taux d’infection à la COVID-19 dans le monde.  

Est-ce possible que l’issue des élections soit contestée?

Commençons par les élections présidentielles américaines. Le dernier débat a eu lieu la semaine dernière et les Américains votent déjà en nombre record. Selon le professeur Michael McDonald de l’Université de la Floride, le 25 octobre, environ 59 millions de personnes avaient déjà voté.1 De ce nombre, environ 39,8 millions ont voté par la poste et quelque 19,2 millions ont voté en personne par anticipation.1 La répartition en termes d’inscription des électeurs parmi ceux qui ont déjà voté est de 49,1 % de démocrates, 27,9 % de républicains, 0,6 % d’autres partis (comme le Parti vert) et 22,4 % d’indépendants.1

Ces 59 millions de votes représentent 42,8 % du total des votes exprimés lors de l’élection présidentielle de 2016, ce qui suppose que 2020 sera une année record au chapitre du taux de participation.1 Les sondages nationaux donnent une confortable avance, qui ne se dément pas, à Joe Biden, mais les sondages État par État (ceux qui comptent vraiment, car c’est le collège électoral, non pas le vote populaire, qui détermine le président) montrent une course beaucoup plus serrée. Je suis de plus en plus convaincue que le gagnant ne sera peut-être pas connu le soir du scrutin, étant donné que beaucoup d’électeurs votent par correspondance et qu’un certain nombre d’États pivots ne commenceront pas à dépouiller les bulletins de vote avant le jour du scrutin. Ce qui est bien plus troublant, c’est que je pense qu’il est de plus en plus probable que l’élection soit contestée. C’est assez pour donner une bonne dose de dyspepsie aux investisseurs.  

Le nombre de cas d’infection à la COVID-19 va-t-il continuer d’augmenter?

De plus, on note une hausse du taux d’infections à la COVID-19 dans un certain nombre de pays occidentaux. La deuxième vague en Europe frappe beaucoup plus fort que la première; la France comptait plus de 52 000 cas confirmés dimanche, un nouveau record.2 L’Italie et le Royaume-Uni ont également du mal à contenir le virus et ont décidé d’imposer des mesures de confinement ciblées. D’autres pays, comme l’Espagne, sont aux prises avec une propagation effrénée du virus.2 Aux États-Unis, 78 702 nouveaux cas et au moins 871 décès liés au coronavirus ont été signalés le 24 octobre.3 La semaine dernière, on dénombrait en moyenne de 68 127 cas par jour, soit une augmentation de 32 % par rapport au nombre moyen de cas répertoriés à peine deux semaines plus tôt.3

Les États-Unis semblent suivre la trajectoire de l’Europe, ce qui signifie que la situation risque de s’aggraver en novembre et en décembre en Amérique et que les autorités pourraient avoir recours à des mesures de confinement ciblées, comme ce fut le cas en Europe. Pour ajouter à l’anxiété, la fin de semaine dernière, le chef de cabinet du président Trump, Mark Meadows, a déclaré que « nous n’allons pas contrôler la pandémie » et a ajouté que l’Administration Trump allait plutôt se concentrer sur les traitements et un vaccin.4 Mais je crois que les médecins experts ne s’attendent pas à ce qu’un vaccin efficace soit largement distribué avant l’été prochain, ce qui signifie des mois éprouvantes pour les États-Unis. Cela pourrait donner plus qu’une petite indigestion aux investisseurs.  

Doit-on dire adieu à un accord de relance budgétaire en 2020?

Enfin, l’adoption d’un autre accord de relance budgétaire américain en 2020 semble de moins en moins probable. Je suis une éternelle optimiste qui a toujours cru fermement que le désir des politiciens d’être réélus les inciterait à tout mettre en œuvre pour qu’un accord de relance budgétaire soit conclu avant les élections du 3 novembre. Aujourd’hui, je me range du côté de ceux qui sont d’avis que cette éventualité est très improbable, même si, à mon avis, c’est plus nécessaire que jamais, compte tenu de la nouvelle vague d’infections qui s’abat sur le pays.

Ces dernières semaines, les dirigeants de la Réserve fédérale américaine (la Fed) ont exhorté le Congrès d’adopter des mesures de relance. Le président de la Réserve fédérale de Minneapolis, Neel Kashkari, a récemment dit craindre un ralentissement de la reprise économique aux États-Unis si les chômeurs américains et les entreprises en difficulté ne reçoivent pas plus d’aide et on pourrait assister à des milliers de faillites d’entreprises sans aide gouvernementale supplémentaire. Il s’est inquiété du fait que le sort des consommateurs au chômage qui ont du mal à joindre les deux bouts pourrait avoir des répercussions négatives sur d’autres secteurs de l’économie. Et, il a rappelé au Congrès que la relance monétaire ne remplace pas la relance budgétaire : « Si vous n’avez pas d’argent pour payer vos factures, l’adoption d’autres mesures d’assouplissement quantitatif est un piètre substitut à la prolongation des prestations d’assurance chômage. … Seul le Congrès peut offrir ce genre d’aide budgétaire directe aux petites entreprises et aux Américains qui ont perdu leur emploi et qui font face à de réelles difficultés. »5 Tout cela après qu’il ait sonné l’alarme la semaine précédente pour avertir les autorités que si aucun autre accord de relance budgétaire n’est conclu, cela aura « de très graves conséquences ».6 Le président de la Fed, Jerome Powell, a également mis en garde au début du mois contre la nécessité d’une aide gouvernementale supplémentaire, affirmant que les conséquences de l’inaction pourraient être « tragiques ».7

Si aucun accord de relance budgétaire n’est conclu avant plusieurs mois, cela risque non seulement de nuire à l’économie, ce qui exacerberait la reprise « en forme de k », mais cela pourrait aussi donner des ulcères d’estomac aux investisseurs.  

Six astuces pour composer avec l’anxiété liée aux marchés

Compte tenu de tout ce qui précède, on peut s’attendre à ce que les investisseurs traversent plusieurs « journées Pepto-Bismol » cet automne et cela pourrait les inciter à prendre des décisions de placement hâtives et motivées par la peur. Voilà pourquoi j’ai cru bon de vous donner quelques conseils pour vous aider à surmonter l’anxiété liée aux marchés dans les jours et les semaines à venir :

1. Attendez-vous à de la volatilité.

Les sources potentielles d’incertitude sont nombreuses et pourraient provoquer énormément de volatilité et entraîner des replis boursiers. Si vous vous attendez à ce type de conjoncture, cela risque moins de vous déstabiliser.

2.Gardez à l’esprit qu’il y a toujours de bonnes nouvelles, même lorsque les manchettes ont de quoi faire frémir.

Nous ne saurons peut-être pas qui sera notre prochain président dans la nuit du 3 novembre, mais nous le saurons probablement une semaine ou quelques semaines plus tard, sinon certainement avant le jour de l’inauguration en janvier, ce qui est une période relativement courte dans le grand ordre des choses. En outre, ce n’est pas une question de savoir « si », mais bien « quand » un accord de relance budgétaire sera conclu. Ce ne sera peut-être pas en 2020, mais je pense que des mesures de relance substantielles seront probablement adoptées dès le début de 2021. Enfin, même si le nombre de cas d’infection à la COVID-19 augmente, les cas graves et les décès sont bien moins nombreux qu’au printemps. La semaine dernière, Dr Scott Gottlieb, ancien commissaire de la Food & Drug Administration des États-Unis, a envoyé un gazouillis pour dire que deux nouvelles études validées par des pairs indiquent une forte baisse du taux de mortalité chez les patients hospitalisés atteints de la COVID. Cette baisse est observée dans tous les groupes, y compris les patients plus âgés et ceux souffrant d’affections sous-jacentes, ce qui sous-entend que les prestataires de soins de santé traitent de mieux en mieux la maladie.8

3.Ne laissez pas la peur dicter des changements majeurs à votre portefeuille.

À mon avis, cette volatilité n’aura probablement pas d’effet durable sur les catégories d’actifs. Vous devez absolument rester concentrés sur vos objectifs à long terme et parler à votre conseiller financier avant d’apporter des changements majeurs à votre plan financier pour vous assurer que vos décisions ne nuiront pas à l’atteinte de vos objectifs.

4.Restez à l’affut des bonnes occasions de placement.

L’incertitude et les difficultés ont une drôle de façon de créer des occasions de placement. Par exemple, alors que de nombreux pays occidentaux ont du mal à contrôler la pandémie, des pays comme la Corée du Sud, la Chine et le Japon ont très bien réussi. Ces pays pourraient attirer plus d’investissements étrangers et étendre leurs chaînes d’approvisionnement intérieures. Après tout, la COVID-19 ne sera probablement pas la dernière pandémie que nous verrons de notre vivant, si bien que savoir contrôler ce virus pourrait nous aider à gérer les crises à venir.

5.N’oubliez pas ce qui compte vraiment.

À mon avis, la politique monétaire a plus d’incidence sur les marchés financiers. Dans une récente présentation que j’ai faite à des clients institutionnels, je leur ai demandé de manière informelle quel facteur, selon eux, aura le plus gros impact sur les marchés à court terme. Je leur ai donné le choix entre la politique budgétaire, la politique monétaire, les élections présidentielles et les infections à la COVID-19. J’ai été surprise de constater que la majorité a répondu les infections à la COVID-19, car je ne suis pas du tout d’accord avec cette affirmation. Certes, les cours boursiers ont chuté considérablement en février et en mars derniers, lorsque la COVID‑19 a commencé à se propager. Or, en mars, peu de temps après que la Fed a adopté une politique monétaire très accommodante en réaction à la pandémie, les cours boursiers ont recommencé à remonter. La Fed a été un puissant moteur pour faire remonter les cours boursiers. Bref, même si nous risquons d’assister à un repli à court terme en lien avec les mauvaises nouvelles entourant les infections à la COVID-19, je pense que la politique monétaire très accommodante en vigueur en ce moment importe davantage. À mon avis, la personne qui dirige la Fed est beaucoup plus importante pour les marchés que celle qui siège à la Maison-Blanche.

6. Essayez de vous détendre.

Prenez un bon verre de vin au lieu du Pepto-Bismol. Il y a toujours eu et il y aura toujours des pandémies, des élections lourdes de conséquences et de mauvais choix de politique budgétaire, et pourtant les marchés boursiers ont survécu et leur valorisation s’accroît au fil des ans.  

Je sais depuis longtemps qu’il y a beaucoup de choses que nous ne pouvons pas contrôler; tout ce qu’on peut faire, c’est gérer notre réaction. Les « journées Pepto-Bismol » de la parentalité sont inévitables, ne pas assister à cette redoutable rencontre parents-enseignants n’aurait fait qu’empirer les choses à long terme, alors je me suis appuyée sur mon réseau d’amis pour m’aider à passer au travers. De même, si les événements des prochaines semaines finissent par donner une indigestion aux investisseurs, votre conseiller financier pourra vous aider à rester centré sur vos objectifs à long terme, à vous assurer que vos décisions de portefeuille correspondent à vos objectifs (et ne sont pas le reflet de vos craintes), et à saisir les occasions de placement susceptibles de se présenter.

 

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1 Source : U.S. Elections Project, « 2020 General Election Early Vote Statistics », 25 octobre 2020

2 Source : The Wall Street Journal, « Europe Imposes New Covid-19 Restrictions as Second Wave Accelerates », 25 octobre 2020

3 Source : The New York Times, « Covid in the U.S.: Latest Map and Case Count », 25 octobre 2020

4 Source : CNN, « White House chief of staff: ’We are not going to control the pandemic’ », 25 octobre 2020

5 Source : Reuters, « Fed’s Kashkari: Recovery will be grinding and slow without more stimulus », 15 octobre 2020

6 Source : Business Insider, « Fed’s Kashkari warns of ’enormous consequences’ if fiscal stimulus is not approved — and says there are no ’moral hazards’ to supporting more aid », 7 octobre 2020

7 Source : The New York Times, « Trump Abruptly Ends Stimulus Talks After Fed Chair Urges Economic Support », 6 octobre 2020

8 Source : Twitter

Renseignements importants
Image d’en-tête du blogue : Leslie Taylor / Stocksy

Tous les placements comportent des risques, y compris le risque de perte.
1 Source : U.S. Elections Project, « 2020 General Election Early Vote Statistics », 25 octobre 2020
2 Source : The Wall Street Journal, « Europe Imposes New Covid-19 Restrictions as Second Wave Accelerates », 25 octobre 2020
3 Source : The New York Times, « Covid in the U.S.: Latest Map and Case Count », 25 octobre 2020
4 Source : CNN, « White House chief of staff: ’We are not going to control the pandemic’ », 25 octobre 2020
5 Source : Reuters, « Fed’s Kashkari: Recovery will be grinding and slow without more stimulus », 15 octobre 2020
6 Source : Business Insider, « Fed’s Kashkari warns of ’enormous consequences’ if fiscal stimulus is not approved — and says there are no ’moral hazards’ to supporting more aid », 7 octobre 2020
7 Source : The New York Times, « Trump Abruptly Ends Stimulus Talks After Fed Chair Urges Economic Support », 6 octobre 2020
8 Source : Twitter

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Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteure au 26 octobre 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.be no assurance that actual results will not differ materially from expectations.