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Perspectives, commentaire et expertise de placement

Clas Olsson | 26 mai 2016

À propos de la croissance des ventes brutes des entreprises

Lorsque des gestionnaires actifs évoquent une « conviction élevée », ils n’expriment pas seulement leur confiance envers les titres qu’ils convoitent, mais précisent qu’ils attendront le temps qu’il faudra pour que les bonnes occasions se présentent. Au premier trimestre, nous n’avons pas ajouté une seule nouvelle action au Fonds de croissance international Invesco, car aucune possibilité de placement ne répondait à nos critères BQE (bénéfice, qualité et évaluation).

En revanche, nous observons une certaine lueur positive qui pourrait à long terme révéler des placements. Voici l’analyse de l’équipe conduite à partir de l’approche BQV.

Bénéfices : atténuation des révisions à la baisse

Les difficultés concernant les bénéfices des sociétés que nous avons connues dans les dernières années se poursuivent puisque les prévisions de croissance à ce sujet pour l’année 2016 ont été constamment révisées à la baisse à l’échelle mondiale et sont passées de 13 % en avril 2015 à seulement 3 % aujourd’hui1. Des révisions négatives ont effectivement été enregistrées dans toutes les régions, notamment aux États-Unis, au Japon et en Europe.

Sur une note plus positive, et tout le monde en a besoin, les analystes dégradent leurs prévisions de bénéfices à un rythme moins rapide qu’auparavant. Il faudrait toutefois une reprise des ventes brutes pour que les prévisions de bénéfices soient revues à la hausse. Il n’existe effectivement plus grande possibilité de réduire davantage les coûts. De plus, les fusions et acquisitions ont atteint des volumes inégalés et l’endettement des entreprises a augmenté, limitant ainsi les programmes de rachat d’actions.

Les secteurs les plus susceptibles d’enregistrer des révisions à la hausse, à notre avis, sont ceux des matières premières dans des pays comme le Brésil et la Russie, car ils devraient bénéficier du redressement des prix et de l’appréciation de devises après les dévaluations significatives des dernières années. La tendance semble s’être déjà amorcée en 2016, accompagnée par une appréciation des monnaies et un net regain des marchés.

Qualité : les rendements demeurent faibles

 Le rendement des capitaux propres (RCP), une caractéristique de la qualité d’une entreprise et plus particulièrement de sa vigueur financière, s’est détérioré à l’échelle mondiale depuis 2012 et aucun signe d’amélioration n’est en vue. Tout comme les bénéfices prévisionnels, nous pensons qu’une amélioration du RCP ne se produira pas sans une hausse des ventes brutes des sociétés.

Valorisation : la dispersion révèle des occasions

 Les prévisions de bénéfices et de flux de trésorerie ayant été fortement revues à la baisse au cours des derniers trimestres, les valorisations ne sont pas plus attrayantes aujourd’hui qu’elles ne l’étaient il y a six mois. Certains segments du marché enregistrent toutefois une forte dispersion des valorisations, ce qui correspond souvent à la présence d’occasions de placement. Les marchés émergents et l’Asie font belle figure. Cette dispersion (qui traduit une forte amplitude des valorisations sur un marché donné) découle toutefois entièrement de la chute brutale du secteur financier, lequel pourrait traduire le début d’un cycle négatif de crédit.

En étudiant les valorisations, nous pouvons conclure que :

  • les ratios cours/bénéfices (C/B) des 12 prochains mois sont 30 % plus élevés aux États-Unis que dans le reste de monde, un écart inégalé depuis 2012<sup>2</sup>.
  • les ratios cours/valeur comptable (C/VC) sont 80 % plus élevés aux États-Unis que dans le reste de monde, un sommet qui n’avait pas été atteint en 15 ans (la moyenne se situant à 40 %2);
  • les ratios C/B et C/VC des 12 prochains mois des marchés développés dépassent respectivement de 40 % et 47 % leurs homologues des pays émergents, des écarts qui n’avaient pas été constatés depuis le début des années 2000<sup>2</sup>;

Les écarts de valorisation entre les actions défensives et leurs homologues plus cycliques renouent avec des niveaux qui n’avaient pas été enregistrés en plusieurs années et atteignent même près de 100 % en dehors des États-Unis (sur la base des ratios C/B)2.

La volatilité des devises se poursuit

Dans la lignée de ce que nous avions observé au cours des années précédentes, la volatilité des devises continue, conditionnée en 2016 par la faiblesse du dollar américain par rapport aux monnaies des marchés émergents comme le réal brésilien, le rouble russe, le ringgit malais (lesquels se sont appréciés de plus de 10 % au premier trimestre 2016 par rapport au billet vert)3 ainsi que par rapport au yen et à l’euro. On nous demande souvent comment nous gérons cette volatilité dans le cadre de notre stratégie internationale. Notre réponse est toujours la même depuis la création de celle-ci, il y a 23 ans. Nous ne couvrons pas notre risque de change pour les quatre raisons principales suivantes :

  1. Selon nous, l’exposition aux devises étrangères crée de la volatilité à court terme, mais n’a pas d’incidence importante sur la volatilité à long terme;
  2. La faible corrélation des fonds internationaux par rapport aux marchés canadiens constitue un de leurs principaux avantages pour les investisseurs basés au Canada. La couverture du risque de change augmente cette corrélation et diminue ainsi les bienfaits potentiels de la diversification;
  3. La couverture du risque peut être redondante puisque bon nombre de sociétés étrangères mènent des activités à l’échelle mondiale qui leur donnent une exposition à différentes devises et couvrent elles-mêmes leur exposition;
  4. La couverture coûte cher et peut ajouter un effet de levier indésirable dans un portefeuille.

 

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Notes : Clas Olsson est gestionnaire de portefeuille principal, directeur général et chef des placements pour l’équipe de croissance internationale et mondiale d’Invesco Ltd.

1 Source : Bloomberg L.P., janvier 2016.
2 Source : Bloomberg L.P. et Invesco, mars 2016.
3 Source : Bloomberg L.P

Le ratio cours/bénéfices (C/B) mesure la valeur d'une action en divisant son cours par son bénéfice par action.

Le ratio cours/valeur comptable (C/VC) consiste à diviser le cours d'une action par la valeur comptable par action.

Le bénéfice par action (BPA) se calcule en prenant le bénéfice total d'une entreprise et en le divisant par le nombre d'actions en circulation.

Une action défensive est une action dont le cours n'est pas fortement corrélé avec le cycle économique dans son ensemble.

Une action cyclique est une action dont le cours dépend des fluctuations de l'activité économique.

Une valorisation reflète le prix que le marché donne à une entreprise ou un placement.

Le rendement des capitaux propres (RCP) est une mesure de la rentabilité qui est calculée en ramenant le revenu net à un pourcentage des capitaux propres.

Les risques des placements dans des titres d’émetteurs étrangers, y compris les émetteurs des marchés émergents, peuvent comprendre les fluctuations des devises étrangères, l’instabilité politique et économique et les problèmes d’imposition étrangère. Les techniques de placement et l’analyse du risque utilisées par les gestionnaires de portefeuille pourraient ne pas produire les résultats escomptés.