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Marina Pomerantz | 16 novembre 2016

Quel est l’impact de la victoire de Trump sur les portefeuilles?

La candidate démocrate largement favorite Hillary Clinton a subi une défaite surprise et Donald Trump deviendra le 45e président des États-Unis en janvier. M. Trump a remporté des victoires dans des États qui ont récemment préféré les démocrates, y compris le Wisconsin, le Michigan et l’Ohio. M. Trump n’a pas seulement obtenu plus de votes que le candidat républicain Mitt Romney lors de l’élection présidentielle de 2012, mais il a également tiré profit de l’incapacité de Mme Clinton à conserver les districts électoraux gagnés de façon retentissante par Barack Obama en 2012.

En fin de compte, la victoire de M. Trump s’est concrétisée grâce à la région appelée « ceinture de ferraille » (rust belt) des États-Unis, c’est-à-dire les État comme la Pennsylvanie, le Michigan et l’Ohio où la mondialisation et les changements technologiques ont déplacé des milliers de travailleurs occupant précédemment des emplois dans des secteurs traditionnels de fabrication et de traitement. Ces États ont toujours de la difficulté à retourner au niveau de vie et rendement économique passé, ce qui a permis au message de M. Trump de plaire à une large partie des électeurs.

Le triomphe d’un candidat perçu comme étranger au milieu et dont l’inexpérience politique constituait un avantage considérable en dit long sur la méfiance des électeurs envers le système. Les sondages préélectoraux n’ont pas pu mesurer le niveau de mécontentement et le désir de changements drastiques. Étant donné les mauvaises prévisions des sondages et des commentateurs politiques, les contrats à terme américains et les marchés mondiaux ont affiché une volatilité accrue lors de l’élection à mesure que la victoire de M. Trump devenait plus probable.

Cette réaction du marché était très similaire à celle qui a suivi le résultat du vote du Brexit au Royaume-Uni, où le marché a dégringolé en raison du soulèvement de l’incertitude. Cependant, les marchés boursiers américains ont renversé la vapeur dans les jours qui ont suivi l’élection et ont atteint un sommet de près de cinq ans. Certains secteurs comme les soins de santé et la finance ont connu une reprise particulièrement forte grâce au désir bien connu de M. Trump de minimiser les politiques de réglementation et de réduire les impôts des entreprises.

Les républicains ont également conservé le contrôle des deux chambres du Congrès américain, soit le Sénat et la Chambre des représentants. Le maintien du pouvoir exécutif et législatif a plusieurs répercussions sur les politiques. Par exemple, l’impasse qui existait à Washington sera considérablement réduite et il sera maintenant possible d’apporter des changements marqués. Toutefois, cela lève également l’incertitude au sujet de la nature des lois qui seront adoptées.

Finalement, nous estimons que le contrôle des républicains au Sénat favorisera les initiatives pro-entreprises mettant l’accent sur la création d’emplois et la croissance économique. Par exemple, certaines politiques pourraient changer l’imposition des entreprises et hausser l’investissement dans l’infrastructure. Plus important encore, cela permettra d’assurer que les éléments plus controversés du plan économique de M. Trump, le protectionnisme commercial entre autre, ne nuisent pas à l’objectif de restaurer la croissance de l’emploi et la prospérité économique.

Incidence sur les portefeuilles

Quelle est l’incidence initiale de la victoire de M. Trump sur les portefeuilles?  Premièrement, M. Trump a affirmé qu’il voulait abroger le Affordable Care Act et réduire sa participation obligatoire pour les employeurs et les employés. Cette mesure devrait être positive pour la confiance générale des entreprises, mais légèrement négative pour les hôpitaux et les fournisseurs de soins de santé qui ont bénéficié des patients additionnels admissibles à la couverture médicale. Par contre, M. Trump n’a pas exprimé le même genre d’inquiétudes au sujet du prix des médicaments que Mme Clinton. Il s’agit donc d’une nouvelle positive pour les sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques américaines qui s’attendaient à toujours subir de la pression en raison de la réglementation gouvernementale et de la possibilité du contrôle des prix.

De plus, les commentaires de M. Trump concernant le fardeau réglementaire des institutions financières devraient plaire aux banques et autres sociétés financières puisque cela pourrait leur permettre de réduire les coûts de conformité et d’améliorer la rentabilité. Son plan visant à investir dans l’infrastructure devrait avantager certaines sociétés industrielles exposées aux projets d’État et municipaux. Finalement, ses propositions en matière d’impôt au sujet du rapatriement des profits étrangers pourraient donner le goût aux sociétés comptant sur beaucoup de liquidités étrangères d’investir aux États-Unis, donnant lieu à une série de fusions et acquisitions ainsi qu’à une croissance des placements, particulièrement dans le secteur des technologies d’information où les bilans comptent sur une position élevée en flux de trésorerie.

Comme nous l’avons mentionné auparavant, nous ne croyons pas que le Congrès contrôlé par les républicains permette à M. Trump de mettre en œuvre des mesures controversées importantes en matière de commerce. Toutefois, il pourrait apporter certains changements au fil du temps nuisant potentiellement aux sociétés ayant des revenus d’exportation considérables aux États-Unis et qui ne possèdent pas d’opérations de fabrication locales.

La grande partie des sociétés industrielles et de consommation mondiales de nos portefeuilles seraient en mesure de réagir à ces changements commerciaux en transférant la production dans d’autres régions. Aussi, les augmentations des investissements locaux causées par les politiques de M. Trump devraient hausser le revenu des ménages américains ainsi que la confiance des consommateurs, ce qui pourrait faire augmenter les dépenses discrétionnaires et la demande pour les biens de consommation coûteux et abordables. Tout cela pourrait donc potentiellement contrebalancer les effets négatifs sur le PIB des politiques de commerce plus restrictives.

Bien que nous estimions que l’impact sur le marché de ce résultat surprise sera limité, nous pourrions faire face à de la volatilité accrue à court terme compte tenu de l’incertitude au sujet des éléments spécifiques des politiques qui pourraient faire retarder les actions des investisseurs et des sociétés qui attendent les détails. À mesure que M. Trump formera son cabinet de conseillers, les participants du marché et les dirigeants d’entreprises commenceront à connaître les priorités à court terme du nouveau président et leur incidence potentielle sur les sociétés et les dépenses de consommation. Nous avons profité de la volatilité boursière afin de renforcer certaines de nos positions existantes.

À long terme, nous pensons que les perspectives sur l’économie américaine demeurent favorables. L’économie américaine a connu une croissance modeste au cours des dernières années et les récents accroissements de l’emploi et du revenu devraient rapporter des dividendes à l’avenir. L’inflation a augmenté lentement et bon nombre des politiques proposées par M. Trump devraient soutenir le revenu de consommation local et faire augmenter davantage les dépenses et l’inflation.

Dans l’ensemble, nous pensons que ces facteurs feront bouger la Réserve fédérale américaine qui normalisera les taux d’intérêt graduellement de façon à ne pas nuire à l’économie. Nous continuerons d’utiliser notre méthode ascendante axée sur les caractéristiques fondamentales pour dénicher de nouvelles occasions de placement qui peuvent profiter de l’environnement politique actuel.

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