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Perspectives, commentaire et expertise de placement

Kristina Hooper | 29 septembre 2021

Quelle sera la prochaine étape dans le dossier Evergrande?

Boussole hebdomadaire des marches : Kristina Hooper et son équipe mondiale résument ce qui s’est passé dans le dossier Evergrande et décrivent comment la situation pourrait évoluer et en quoi cela a changé leurs perspectives des marchés.

La situation d’Evergrande en Chine a beaucoup attiré l’attention du monde la semaine dernière. Dans cet article, je prends du recul et résume ce qui s’est produit jusqu’à présent, je vous dis comment la situation pourrait évoluer et en quoi cela a changé nos perspectives des marchés.

Que s’est-il passé?

Depuis plus de un an, les autorités chinoises s’affairent à réduire les risques financiers et économiques en procédant à des réformes. Préoccupées par la hausse des prix de l’immobilier et l’accroissement de l’endettement dans le secteur de l’immobilier chinois, les autorités ont lancé une campagne de désendettement en août 2020 pour améliorer la santé financière et la stabilité du secteur de l’immobilier. Cette campagne vise « trois lignes rouges »; les promoteurs immobiliers doivent se conformer aux plafonds d’endettement énumérés ci-dessous d’ici le milieu de 2023:

  • Ratio passif-actif (excluant les encaissements d’intérêts par anticipation) plafonné à 70 %
  • Ratio net capitaux empruntés-capitaux propres de 100 %
  • Ratio trésorerie-dette à court terme pas inférieur à 1

Les autorités ont accordé une période de transition de trois ans aux sociétés immobilières chinoises pour se conformer à ces exigences en réduisant leur taux d’endettement. Les sociétés qui ne répondront pas aux critères d’une ou deux de ces « lignes rouges » se verront imposer des limites très strictes sur leur capacité d’accroître leur endettement. Cependant, si elles ne répondent à aucun de ces critères, elles ne pourront pas accroître leur endettement.

Depuis, la plupart des promoteurs immobiliers ont réduit leur taux d’endettement. Evergrande a adopté un certain nombre de mesures pour réduire sa dette, mais a éprouvé des difficultés et a dû liquider certains de ses actifs à des prix de braderie. Pas plus tard qu’en avril, Bloomberg a signalé qu’Evergrande avait pris du retard par rapport aux autres sociétés immobilières à l’égard de ces trois lignes rouges et qu’elle ne se conforme à aucune d’elles.2

En juin, Evergrande a révélé qu’elle n’avait pas pu traiter certains papiers commerciaux à temps. Le 24 août, Evergrande a émis un communiqué disant qu’elle éprouvait des difficultés à assurer le service de sa dette et qu’elle avait demandé l’aide du gouvernement chinois. La société a également déclaré que la construction de certains de ses immeubles s’était arrêtée parce qu’elle n’avait pas pu payer certains entrepreneurs et fournisseurs. La semaine dernière, Evergrande a pu effectuer des paiements d’intérêts sur sa dette envers les détenteurs d’obligations nationales, mais pas sur sa dette envers les détenteurs d’obligations étrangers.

En outre, l’agence de notation obligataire Fitch a abaissé ses prévisions de croissance économique pour la Chine la semaine dernière, en grande partie en raison de ses inquiétudes concernant le « ralentissement du secteur de l’immobilier ».

En quoi est-ce important pour les investisseurs?

Evergrande est l’un des plus grands promoteurs immobiliers de Chine, mais c’est aussi un conglomérat qui fabrique des véhicules électriques et possède des parcs d’attractions et une équipe de soccer. Elle est un grand propriétaire foncier, une société qui emploie beaucoup de monde et elle a un passif élevé.

En novembre 2018, la Banque populaire de Chine a déclaré qu’Evergrande est l’un des rares conglomérats financiers qui pourrait constituer un risque systémique pour la Chine. Si Evergrande faisait faillite, il y aurait de sérieuses ramifications négatives pour toutes les entreprises auxquelles elle doit de l’argent, ainsi que pour ses créanciers, ses actionnaires et ses employés. La chute d’Evergrande pourrait également avoir un effet domino qui s’étendrait bien au-delà des frontières de la Chine.

Comment les marchés ont-ils réagi?

Au début de la semaine dernière, les marchés mondiaux se sont repliés parce que les investisseurs craignaient qu’Evergrande ne soit pas en mesure d’effectuer ses paiements d’intérêts. On craignait même qu’Evergrande devienne une autre Lehman Brothers, dans la mesure où son échec pourrait déclencher un effet domino sur les marchés mondiaux. Cette panique a entraîné un repli marqué sur les marchés asiatiques, qui s’est étendu aux marchés des quatre coins du monde.

Nous sommes d’avis que les marchés ont mal interprété la situation d’Evergrande en la comparant à la faillite de Lehman Brothers. Dans le cas de Lehman, les autorités américaines ne sont pas intervenues pour éviter une crise, malgré les avertissements concernant les taux d’endettement de plus en plus élevés et les risques pour le secteur de l’immobilier. Elles ont été appelées pour remédier à une crise, mais ont choisi de ne rien faire dans le cas de Lehman.

Dans le cas présent, les autorités chinoises ont été proactives face à la hausse des taux d’endettement et des prix de l’immobilier, et ont adopté une réglementation plus stricte sous la forme des trois lignes rouges. Nous pensons que la Chine est bien préparée et équipée pour gérer ce problème, étant donné qu’elle a probablement supposé qu’une ou plusieurs sociétés immobilières pourraient éprouver des difficultés en raison des plafonds d’endettement.

Les inquiétudes liées à Evergrande se sont apaisées au fur et à mesure que la semaine avançait, car la société a pu effectuer l’un de ses paiements d’intérêts et la Banque populaire de Chine est intervenue en injectant des liquidités. Bien que la plupart des indices de l’Asie‑Pacifique aient clôturé la semaine en baisse, l’indice S&P 500, le FTSE 100 et même l’indice MSCI Monde ont terminé la semaine en hausse.3 D’autres signaux des marchés laissent présager que les inquiétudes se sont apaisées, du moins pour le moment :

  • Le taux des prêts interbancaires chinois est demeuré à peu près inchangé.4
  • Le dollar américain s’est apprécié la semaine dernière et se situe dans le haut de sa récente fourchette de négociation, mais est encore bien en deçà du seuil qu’il avait atteint lorsque la Chine a dévalué sa monnaie en 2015 ou lorsque l’épidémie de COVID‑19 est apparue pour la première fois.5
  • Les écarts de taux des titres de créance américains à rendement élevé ont clôturé la semaine essentiellement là où ils l’avaient commencée, c’est-à-dire très serrés.6
  • Les conditions financières aux États-Unis se sont légèrement resserrées, mais elles demeurent parmi les plus souples jamais enregistrées.7

Comment voyons-nous la situation?

Nous croyons que les investisseurs doivent mettre la situation en perspective. Bien que les rendements passés ne soient pas garants des résultats futurs, nous avons déjà vécu des situations similaires et il est important de se rappeler qu’à terme, ces événements ne sont que des soubresauts dans la progression haussière à plus long terme des marchés boursiers.

On n’a qu’à penser à la crise de la dette de la zone euro. Elle a débuté le 10 janvier 2010 avec la parution du rapport de l’Union européenne sur les irrégularités comptables grecques. Au cours des trois années qui ont suivi, l’indice S&P 500 a augmenté de 10,9 %, l’indice MSCI Europe de 7,0 % et l’indice MSCI Monde de 7,7 % sur une base annualisée.8 Sur la période de cinq ans qui a suivi le début de la crise, l’indice S&P 500 a affiché un rendement annualisé de 15,4 %, l’indice MSCI Europe a enregistré un rendement annualisé de 8,8 % et l’indice MSCI Monde a avancé de 10,0 %.8

Quelles sont nos impressions de la situation?

En ce qui concerne Evergrande, il nous semble peu probable que les autorités laissent l’entreprise tomber en faillite, mais elle risque de subir une restructuration majeure. En gros, nous pensons que les autorités chinoises vont clarifier la situation et adopter des mesures plus énergiques dans les jours et semaines à venir pour éviter les risques systémiques. Cela devrait fournir un filet de sécurité aux marchés chinois et signaler que les autorités ne permettront pas l’effondrement du système immobilier et financier du pays. Il se peut qu’on assiste à d’autres injections de liquidités à court terme et que les autorités adoptent des mesures de relance budgétaires additionnelles via une émission locale accélérée d’obligations pour des projets d’infrastructures ou une réduction du coefficient de réserves-encaisse dans les semaines à venir pour éviter un ralentissement de la croissance économique et une perte de confiance à l’égard du marché immobilier chinois.

Nous croyons aussi que les autorités vont adopter des mesures visant à protéger les clients d’Evergrande qui ont acheté un immeuble résidentiel en prévente et qui détiennent des produits de gestion de patrimoine afin d’éviter les perturbations sociales. Cela pourrait également renforcer la confiance à l’égard du secteur de l’immobilier, qui occupe une place importante au sein de l’économie chinoise.

En ce qui concerne la Chine, la croissance rapide de la dette, en particulier dans le secteur privé, suscite des inquiétudes depuis de nombreuses années. Cependant, nous sommes d’avis que la Chine est mieux placée que la plupart des pays développés pour éviter ou se remettre d’une crise de la dette. S’il est vrai que les données de la Banque des règlements internationaux (BRI) montrent que le ratio endettement-PIB du secteur non financier de la Chine a atteint 289,5 % en 2020 (contre 139 % en 2008), il faut mettre les données en perspective.9

Premièrement, ce même ratio pour tous les pays couverts par la BRI était de 289,9 %, de sorte que la Chine est désormais sur un pied d’égalité avec la moyenne mondiale.9 Deuxièmement, le ratio d’endettement de la Chine reste inférieur à celui de pays comme les États-Unis (296,1 %), le Royaume-Uni (304,4 %), la France (374,4 %) et le Japon (418,9 %).9

Il est également important de se rappeler que la Chine bénéficie d’un certain nombre d’avantages pour faire face à des taux d’endettement élevés et à des crises de la dette :

  • Son économie croît plus rapidement que celle des autres pays développés, ce qui est utile pour contrôler les ratios dette-PIB.
  • La dette du gouvernement chinois ne représente que 67 % du PIB, si bien que le gouvernement peut absorber une partie de la dette du secteur privé.10
  • La banque centrale chinoise dispose de plus d’outils d’intervention monétaire que de nombreuses autres banques centrales de grands pays (le taux directeur à un an est de 4,35 % et le coefficient de réserves-encaisse des grandes banques est de 12 %, les deux pouvant être abaissés, ce qui pourrait faciliter les conditions de financement et stimuler l’offre de crédit).11
  • La dette de la Chine est un enjeu intérieur, alors qu’un pays comme les États-Unis est lourdement endetté envers le reste du monde. Il est donc difficile pour le reste du monde d’imposer une crise de la dette à la Chine (bien qu’une telle situation puisse se produire pour d’autres raisons). La Chine se trouve dans cette position parce que l’épargne dépasse continuellement les investissements et qu’elle a accumulé des actifs considérables à l’étranger (la position nette d’investissement international de la Chine était de +15 % du PIB à la fin de 2020, alors que celle des États-Unis était de -67 % du PIB).12
  • Par conséquent, la Chine possède de nombreux actifs à l’étranger et elle a utilisé ses réserves de change (FX) par le passé pour réparer son secteur bancaire et pourrait le faire à nouveau. (Ses réserves de change s’élevaient à 3 200 milliards de dollars en août 2021, ce qui représente environ 8 % des actifs du secteur bancaire, bien que ce chiffre soit en baisse par rapport aux 25 % de 2007).13

Le secteur bancaire chinois a traditionnellement été financé de manière conservatrice, au moyen d’engagements financés à environ 90 % par des dépôts (contre moins de 80 % aux États-Unis).14 Cependant, ce ratio a baissé ces dernières années, pour s’établir à 83 % au milieu de 2021, alors que le ratio des États-Unis a grimpé à 88 % l’année dernière (le ratio dépôts-passif de la Chine demeure supérieur à celui des États-Unis pendant la majeure partie des 20 dernières années).15 De plus, le ratio des prêts non productifs reste inférieur à 2 % et le ratio de fonds propres était de 9,24 % en 2020 et n’a été amélioré qu’en 2019 (le ratio de fonds propres des États-Unis s’élevait à 11,02 % en 2020).16

Enfin, de nombreuses inquiétudes ont été exprimées au sujet de la croissance du secteur bancaire parallèle en Chine, l’hypothèse étant qu’il va générer de l’instabilité. Les données du Conseil de stabilité financière (CSF) indiquent que le secteur bancaire parallèle en Chine est passé de 0,3 % du PIB en 2006 à 56,3 % du PIB en 2019 (le CSF définit le secteur bancaire parallèle comme un système d’intermédiation de crédit qui repose sur des entités financières extérieures au système bancaire qui peuvent menacer la stabilité financière).17

C’est certes une énorme augmentation, mais le ratio s’est stabilisé, après avoir plafonné à 65,7 % en 2017.17 Cela place la Chine dans une position similaire à celle de la Corée du Sud (56,2 %) et du Royaume-Uni (52,6 %), mais meilleure que celle du Japon (62,6 %) et des États‑Unis (79,8 %)17 Il convient également de noter que le secteur bancaire parallèle aux États-Unis a culminé à un ratio actif-PIB de 129,9 % en 2007.17

La semaine dernière, l’économiste en chef du Fonds monétaire international, Gita Gopinath, a donné l’explication suivante : « La Chine a les outils et la marge de manœuvre politique pour éviter que la situation ne dégénère en crise systémique. »18 Nous partageons cet avis.

En conséquence, quelles sont nos perspectives de placement?

Tout cela renforce notre opinion selon laquelle les investisseurs devraient conserver un portefeuille équilibré et diversifié, plutôt que de se retirer des régions ou secteurs d’activité qui sont directement exposés à cette situation et dont la valorisation a chuté considérablement, qu’il s’agisse de la Chine en tant que telle ou des économies, secteurs ou entreprises dont la chaîne d’approvisionnement est liée à la Chine, pour investir dans des régions ou secteurs dont la valorisation est déjà très élevée. Nous préconisons plutôt une méthode de placement axée sur la valeur relative pour déterminer les expositions géographiques, sectorielles et individuelles, tout en tenant compte de l’évolution de la réglementation et du cadre d’exploitation, tant à l’échelle mondiale qu’en Chine.

Quels sont les risques associés à nos perspectives de placement?

Voici les trois principaux éléments que les marchés vont surveiller au cours des prochaines semaines et des prochains mois :

  • Les détails à court terme de la résolution des problèmes de bilan d’Evergrande;
  • Les répercussions à moyen terme sur le secteur immobilier chinois et sa macroéconomie;
  • Enfin, et surtout, les répercussions à plus long terme sur le reste du monde.

Les détails à court terme de la résolution des problèmes de bilan d’Evergrande. Nous surveillons ses obligations extraterritoriales libellées en dollars, sa restructuration et les signaux politiques. Nous croyons que de nombreux intermédiaires de marché se demandent si les détenteurs d’obligations libellées en dollars seront traités sur un pied d’égalité avec les détenteurs nationaux, pour le meilleur ou pour le pire.

Au moment de la rédaction de cet article, aucune décision ne semblait avoir été prise et le paiement du service de la dette est en retard, mais fait l’objet d’un délai de grâce. Le manque d’information attise l’incertitude des marchés. Heureusement, les mesures prises par les autorités pour gérer le principal problème – les répercussions nationales – réduisent le risque de l’effet domino à l’échelle mondiale. Nous prévoyons qu’une fois que les problèmes de dette intérieure, ainsi que les enjeux sociaux et financiers, auront été résolus, les autorités vont s’attaquer au dossier des obligations extraterritoriales libellées en dollars.

Le marché semble voir le traitement du dossier des obligations extraterritoriales libellées en dollars comme un signal des intentions de la Chine quant au traitement des investisseurs nationaux et étrangers, marqué par une longue tradition de discrimination entre résidents et non-résidents dans de nombreux pays. Cependant, nous croyons que les enjeux sont beaucoup plus nuancés. Les investisseurs étrangers et nationaux détiennent des titres de créance nationaux et extraterritoriaux, ce qui, selon nous, signifie que toute décision prise par les autorités chinoises, les créanciers d’Evergrande en général et ses éventuels dirigeants ne sera pas aussi simple que de créer différentes catégories de créanciers subordonnés ou privilégiés. Nous nous attendons plutôt à ce que le marché se concentre sur les signaux envoyés pour communiquer la décision et nous attendons des organismes de réglementation, des dirigeants et des créanciers en général qu’ils agissent dans l’intérêt de l’économie et de la société chinoises dans leur ensemble, non pas avantager certains créanciers selon leur lieu de résidence.

Les marchés semblent s’être calmés, mais on pourrait encore assister à une recrudescence des craintes. Nous allons surveiller la réaction des marchés mondiaux à l’évolution de la situation.

Les retombées à moyen terme sur le secteur immobilier chinois et sur la croissance économique du pays en général. La Chine est déjà passée d’un objectif de croissance officiel et explicite à une notion plus qualitative d’une croissance meilleure et plus inclusive qui met davantage l’accent sur les valeurs et la répartition des revenus, plutôt que sur la maximisation de la croissance. De nombreux dirigeants chinois ont déclaré que l’investissement et la spéculation dans le secteur immobilier sont une activité risquée au plan individuel et pour la société dans son ensemble. Les autorités ont également renforcé la réglementation de divers sous-secteurs des technologies de l’information, des jeux en ligne et de l’éducation, qui sont tous très rentables, mais qui ont exacerbé les inégalités et d’autres problèmes sociaux, comme dans la plupart des pays du monde. Ce sont des défis communs, mais de nombreux pays choisissent de les relever à leur manière, plutôt que de miser sur une action concertée.

Nous nous attendons à ce que l’approche de la Chine réduise les placements excessifs et la spéculation dans le secteur de l’immobilier, ce qui pourrait faire diminuer le taux de croissance mais aussi l’effet de levier dans le secteur des services financiers et dans le système financier résidentiel. Nous ne voyons pas cela comme un risque majeur pour le secteur de l’immobilier résidentiel comme tel, car toutes les données disponibles, en particulier le taux d’épargne très élevé de la Chine, qui est d’environ 45 % du PIB pour les ménages chinois19, montre que le taux d’endettement des ménages, bien qu’en hausse, devrait être somme toute gérable.

Nous croyons que les marchés mondiaux vont continuer de subir les contrecoups de cette situation tant que la Chine n’aura pas élaboré son cadre réglementaire, mais ces changements devraient apaiser considérablement les craintes liées au système financier chinois, aux ratios d’endettement et à l’éclatement d’une crise.

Retombées à plus long terme sur la croissance. Nous nous attendons à ce que tout ça se traduise par une croissance plus lente mais plus stable en Chine, au prix d’une accélération de la croissance plus faible dans le reste du monde, particulièrement dans les régions qui dépendent de la croissance rapide des placements et de la construction ainsi que de la richesse concentrée qui monte rapidement en Chine. Les marchés émergents, en particulier les pays exportateurs de marchandises et ceux dont la chaîne d’approvisionnement est étroitement liée à la Chine sortent du lot, notamment la zone euro, mais aussi les États-Unis, le Royaume-Uni et certains grands marchés émergents (dont l’Inde ou la Turquie) qui ont un déficit commercial, plutôt qu’un excédent commercial avec la Chine. Parmi les pays qui ont un excédent avec la Chine, les plus exposés au cycle de construction, des placements et des infrastructures par l’entremise de exportations de métaux et minéraux (comme le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Australie) sont peut-être plus directement touchés que disons les exportateurs d’énergie tels la Russie ou l’Arabie saoudite.

Rien de tout cela ne veut dire que la croissance de la Chine va ralentir soudainement ou de façon marquée. La Banque populaire de Chine et le gouvernement demeurent en excellente position pour stabiliser la croissance et ont la volonté politique de le faire. Nous nous attendons aussi à ce que les autorités continuent de s’attaquer à la stabilité financière, économique et sociale du pays, d’autant plus qu’il y aura le 20e congrès du Parti communiste chinois en novembre 2022.

Or, comme la démographie de la Chine évolue rapidement vers une population vieillissante dont la main-d’œuvre est déjà en baisse et que le pays vise une croissance plu modérée et cherche à réduire les inégalités, de nombreux partenaires commerciaux de la Chine devront peut-être s’habituer à des volumes et à des recettes d’exportation moindres.

Par le fait même, à plus long terme, les décisions politiques de ces pays, en ce qui a trait à la gestion à court terme de leur économie et à la croissance de la productivité à plus long terme, auront une plus grande incidence sur leur rendement économique et financier que la conjoncture de croissance mondiale, y compris la position cyclique de la Chine.

Rédigé en collaboration avec David Chao, Paul Jackson, Arnab Das et Brian Levitt

1 Source : The Straits Times, « China’s three red lines for home developers », 18 octobre 2020

2 Source : Bloomberg News, « Evergrande Fails ‘Three Red Lines’ Test as Peers Improve », 12 avril 2021

3 Source : Bloomberg, L.P.

4 Source : Système d’opérations de change de la Chine, fondé sur le taux Shibor à 3 mois (taux interbancaire offert par la Chine à Shanghai)

5 Source : Bloomberg, L.P., fondé sur l’indice du dollar américain. L’indice du dollar américain (U.S.DX) mesure la valeur du dollar américain par rapport à la majorité des principaux partenaires commerciaux des États-Unis.

6 Source : Barclays, fondé sur l’écart corrigé en fonction des clauses optionnelles de l’indice Bloomberg Barclays U.S. High Yield Corporate Bond. Cet indice est un indice non géré considéré comme représentatif du marché des obligations américaines à taux fixe de qualité inférieure. L’écart corrigé en fonction des clauses optionnelles est l’écart de taux qui doit être ajouté à la courbe des taux d’un indice cible pour escompter les paiements d’un titre pour qu’ils correspondent à son cours boursier, à l’aide d’un modèle de tarification dynamique qui tient compte des options intégrées.

7 Source : Goldman Sachs, fondé sur l’indice des conditions financières Goldman Sachs, qui est la moyenne pondérée des taux d’intérêt sans risque, du taux de change, de l’évaluation des actions et des écarts de taux, chaque variable étant pondérée en fonction de son impact direct sur le PIB.

8 Source : Bloomberg, L.P. Période de 3 ans : du 10 janv. 2010 au 9 janv. 2013; période de 5 ans : du 10 janv. 2010 au 9 janv. 2015

9 Source : Banque des règlements internationaux, 2020

10 Source : Banque des règlements internationaux, 2020

11 Source : Bloomberg, L.P., 24 sept. 2021

12 Source : Calculs d’Invesco fondés sur les données du Fonds monétaire international, au 31 déc. 2020

13 Source : Bloomberg, L.P., août 2021

14 Source : Banque populaire de Chine et Réserve fédérale américaine (fondée sur les données trimestrielles du T1 1997 au T2 2021)

15 Source : Banque populaire de Chine et Réserve fédérale américaine (fondée sur les données trimestrielles du T1 1997 au T2 2021)

16 Source : Commission bancaire réglementaire de la Chine pour les ratios de prêts non productifs et Banque mondiale pour les ratios de capital par rapport aux actifs, au 30 juin 2021

17 Source : Conseil de stabilité financière, au 31 déc. 2019, plus récentes données disponibles

18 Source : Reuters, « FMI says China has tools to avoid Evergrande’s problems becoming systemic crisis », 21 sept. 2021

19 Source : CEIC, décembre 2020

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Le ratio passif-actif examine quelle proportion de l’actif d’une entreprise est comprise dans son passif.

Le ratio net capitaux empruntés-capitaux propres est déterminé en divisant le passif d’une entreprise par ses capitaux propres.

Le ratio trésorerie-dette à court terme mesure la capacité d’une entreprise à rembourser sa dette à court terme au moyen de liquidités ou de quasi-espèces.

L’indice S&P 500® est un indice non géré considéré comme représentatif du marché boursier américain.

L’indice FTSE 100 regroupe les 100 entreprises les plus fortement capitalisées de la Bourse de Londres.

L’indice MSCI Monde est un indice non géré considéré comme étant représentatif des actions des pays développés.

L’indice MSCI Europe est un indice non géré considéré comme représentatif du marché boursier européen. Le calcul de l’indice est effectué à l’aide du rendement net, qui tient compte des retenues d’impôt applicables pour les investisseurs non-résidents.

La prime de rendement désigne l’écart de taux entre deux obligations de même échéance qui n’ont pas la même cote de solvabilité.

Le ratio endettement-PIB se définit comme l’endettement total des secteurs public et privé (obligations de sociétés du secteur des services financiers, obligations de sociétés autres que du secteur des services financiers, obligations d’État et endettement des ménages) exprimé en pourcentage du produit intérieur brut.

Le produit intérieur brut est un indicateur généralisé de l’activité économique d’une région qui mesure la valeur monétaire de tous les produits finis et services produits dans cette région au cours d’une période donnée.

Le taux directeur de la banque centrale est le taux utilisé par une banque centrale pour mettre en œuvre sa politique monétaire ou signaler l’orientation qu’elle entend prendre.

Le coefficient de réserves-encaisse est le pourcentage des dépôts que les banques doivent conserver sous forme de réserves liquides.

Les réserves de change (FX) désignent les actifs en devise étrangère détenus par une banque centrale.

Le ratio dépôts-passif mesure les dépôts d’une banque en pourcentage de son passif.

Le ratio des prêts non productifs mesure le montant des prêts non productifs du portefeuille de prêts d’une banque par rapport au montant total des prêts en cours qu’elle détient.

Le ratio capital-actif mesure les capitaux d’une banque en pourcentage de son actif.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteure au 27 septembre 2021. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.