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Perspectives, commentaire et expertise de placement

Marina Pomerantz | 2 novembre 2016

Quelle sera l’incidence d’une victoire de M. Trump ou de Mme Clinton sur les marchés mondiaux?

Dans l’ensemble, les observateurs du marché s’attendent à ce qu’Hillary Clinton l’emporte sur Donald Trump lors de la prochaine élection présidentielle aux États-Unis. Compte tenu de l’imprévisibilité de cette campagne depuis le début, j’estime qu’il est important de ne pas faire de suppositions et de fonder nos décisions de placement sur la victoire de l’un ou l’autre des candidats. Voici nos perspectives sur l’incidence du vote sur les actions mondiales.

La campagne électorale a été particulièrement conflictuelle. Selon moi, cela est lié à une perte de confiance des citoyens américains envers les institutions politiques, le gouvernement, les entreprises et les médias. En outre, les principaux partis politiques semblent perdre de la popularité. En effet, si moins d’électeurs s’identifient comme républicains ou démocrates, mais plutôt comme membres de la classe ouvrière, cols blancs, ou autres, cela peut causer une polarisation accrue entre des citoyens qui seraient traditionnellement regroupés sous la bannière du même parti politique. En tant qu’investisseurs, ces conflits donnent lieu à un risque accru lié aux grands titres.

Les candidats ont beaucoup traité de certains sujets chauds pendant la campagne, mais aucune des déclarations grandioses ne peuvent avoir une incidence sur la politique sans l’approbation explicite des pouvoirs législatifs du Congrès, soit le Sénat et la Chambre des représentants des États-Unis. Ensemble, le Sénat et la Chambre des représentants sont responsables des politiques fiscales et de la réglementation sur le commerce extérieur. Les propositions des deux candidats présidentiels devront suivre ce processus, ce qui peut atténuer les éléments les plus controversés des politiques.

Les marchés boursiers ont tendance à réagir plus favorablement aux résultats prévisibles.
Si M. Trump l’emportait, les marchés subiraient probablement des pressions de vente à court terme puisque les observateurs s’attendent à une victoire de Mme Clinton.

Plateformes électorales

Il existe plusieurs différences entre les plateformes électorales de Mme Clinton et de M. Trump au chapitre des enjeux sociaux comme les droits des femmes, la religion et la possession d’armes à feu. Toutefois, les observateurs du marché mettent naturellement l’accent sur la plateforme économique de chaque candidat afin d’évaluer ses répercussions sur la croissance, les conditions d’affaires et l’emploi. À cet égard, chaque plateforme comporte des éléments positifs et négatifs.

La plateforme de Mme Clinton vise des hausses d’impôt modestes pour les contribuables à revenu élevé et l’élimination de certaines exemptions fiscales pour les entreprises. De son côté, M. Trump promet de simplifier le code des impôts, de réduire le fardeau réglementaire des entreprises et d’améliorer les politiques de rapatriement concernant les devises étrangères. Dans l’ensemble, M. Trump semble favoriser les entreprises, ce qui n’est pas surprenant étant donné sa carrière.

Les propositions visant à simplifier la réglementation pourraient réduire les dépenses des entreprises et leur permettre d’investir dans d’autres secteurs – préférablement la recherche et développement ainsi que l’innovation. Bien entendu, ses politiques au sujet de l’immigration sont pour le moins controversées. Cependant, s’il devait gagner, je m’attends à ce que ses conseillers l’aident à mettre en place une réforme sur l’immigration qui ne nuirait pas à la croissance économique et qui n’enfreindrait pas les droits constitutionnels individuels. L’une des façons de faire, par exemple, pourrait être d’offrir des visas saisonniers dans certaines industries nécessitant une main-d’œuvre temporaire, et de permettre aux nouveaux diplômés de demeurer au pays afin de travailler dans leur domaine.

De son côté, la position de Mme Clinton sur la réglementation bancaire et l’élargissement du Affordable Care Act pourrait nuire à la confiance des entreprises en raison de l’incidence (et des coûts) de ces politiques. Par contre, j’estime que la vision de Mme Clinton sur l’accroissement de l’accès à la formation universitaire est positive pour le maintien de l’innovation et de la compétitivité aux États-Unis. J’aimerais que ces efforts visent certains secteurs où il existe un manque de travailleurs spécialisés, qu’ils soient basés sur le RCI1 en termes d’efficacité à se trouver un emploi et qu’ils puissent être réajustés en conséquence.

Finalement, je crois qu’un Congrès contrôlé par les républicains permettrait d’assurer que les propositions les plus controversées de chaque candidat soient transformées en solutions viables. Dans cette optique, j’estime qu’une victoire de Clinton et une majorité républicaine au Sénat et à la Chambre des représentants calmeraient les craintes des investisseurs au sujet d’un impact négatif sur le cycle économique.

Perspectives sur le commerce

Dans le cadre des portefeuilles mondiaux que je gère, la plupart des entreprises sont diversifiées par marché final et région géographique. Une politique commerciale plus restrictive serait difficile pour les sociétés mexicaines et chinoises qui exportent une grande partie de leurs produits vers les États-Unis, par exemple. Toutefois, bon nombre de nos entreprises vendent leurs produits et services dans des marchés locaux – des entreprises asiatiques se concentrant dans les marchés asiatiques ou des compagnies d’Amérique latine mettant l’accent sur les consommateurs brésiliens, par exemple. Bien que ces entreprises puissent être touchées temporairement par des répercussions économiques causées par des restrictions commerciales, les tendances en matière de consommation locale dans ces régions sont soutenues par l’ascension de la classe moyenne et la participation accrue à la
main-d’œuvre, ce qui devrait propulser la demande à long terme.

En ce qui a trait aux titres américains en portefeuille, nous ne nous attendons pas à ce que les changements apportés à l’environnement commercial aient des répercussions négatives puisque les sociétés dans lesquelles nous investissons exploitent majoritairement leurs activités de fabrication à l’échelle locale, ce qui leur procure un pouvoir de négociation. Si le gouvernement américain forçait ces sociétés à rapatrier les emplois manufacturiers, nous pensons qu’elles négocieraient des incitatifs attrayants. Le processus de négociation commerciale est très complexe et je crois que M. Trump et Mme Clinton reconnaissent l’importance de l’emploi local dans le succès de leurs politiques. Bien que certains propos aient été extrêmes sur le sujet pendant la campagne, j’estime que la croissance viable de l’emploi demeurera le point le plus important de tout accord commercial négocié par le nouveau président, qu’il soit démocrate ou républicain.

Pour ce qui est de l’incidence de l’élection sur le commerce avec les États-Unis, je crois que les entreprises composant nos portefeuilles sont suffisamment diversifiées sur le plan géographique pour compenser certains des défis. En définitive, les entreprises pourraient utiliser leurs exploitations dans d’autres régions pour fabriquer des produits et les importer aux États-Unis si les négociations sur le commerce rendaient certains pays moins attrayants.

Répercussions sur le marché

Par le passé, les marchés ont eu tendance à s’enflammer à court terme lors de l’élection d’un président pour un deuxième mandat, mais les conséquences sont généralement limitées. Actuellement, la situation est un peu différente en raison de l’effet de polarisation des deux candidats et du fait qu’il s’agit de leur premier mandat.

Prenons l’exemple de la victoire de Narendra Modi en Inde en 2014 qui a eu une incidence importante sur la Bourse. En effet, le marché boursier indien avait progressé d’environ 13 % pour la période allant du début de l’année jusqu’à l’élection2. Parallèlement, l’agitation politique qui accompagne les récents changements de gouvernement au Brésil a eu un impact négatif sur les marchés boursiers locaux. Ces situations étaient uniques pour différentes raisons et nous ne prévoyons pas à de pareille réaction aux États-Unis. Même la dégringolade boursière qui a suivi le vote surprise du Brexit a été largement récupérée dans les moins qui ont suivi, à quelques exceptions près. C’est pourquoi nous tablons sur le fait que le marché boursier américain continuera d’être guidé par les entreprises et les caractéristiques économiques à long terme.

Habituellement, nous détenons les actions pour une période de cinq à sept ans. En effet, nous évaluons une entreprise au cours d’un cycle économique complet avant d’y investir. Bien que nous prenions en considération la situation politique et la façon dont les politiques pourraient avoir une influence sur la capacité des sociétés à générer des profits, rien dans cette élection ne change notre thèse sur les sociétés en portefeuille.

Nous surveillons les évaluations dans certains secteurs qui sont affectées de façon disproportionnée par les élections et les répercussions potentielles des solutions proposées par les candidats. Dans l’ensemble, nous tentons de trouver des occasions d’acheter des sociétés de grande qualité à un rabais par rapport à leur valeur intrinsèque. Comme nous achetons les entreprises une par une, nous avons passé en revue notre portefeuille et estimons que chacune d’elle devrait pouvoir résister à l’impact de l’élection grâce à son modèle d’entreprise et à ses caractéristiques économiques.

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1 Le rendement du capital investi (RCI) mesure le montant du rendement sur un investissement par rapport au coût du placement et est calculé en divisant le rendement d’un investissement par le coût d’un investissement.
Source : FactSet Research Systems Inc., du 1er janvier 2014 au 14 mai 2014.