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Alessio de Longis | 11 mai 2021

Répartition tactique de l’actif : Avril 2021

Notre analyse de l’appétit pour le risque à l’échelle mondiale indique que la confiance des investisseurs continue de s’améliorer malgré la hausse des taux obligataires mondiaux.

Nous nous attendons à ce que l’économie mondiale se retrouve dans une phase d’expansion et à ce que la croissance soit supérieure à sa tendance à long terme et continue de se renforcer. La croissance s’accélère dans les pays développés, la zone euro et le Royaume-Uni affichant un fort élan sous l’impulsion d’un rebond du cycle des stocks. Les marchés émergents d’Asie accélèrent de nouveau la cadence, stimulés par le marché immobilier chinois et la reprise des échanges commerciaux dans la région. Dans cette nouvelle édition, j’explique pourquoi ce régime expansionniste est favorable aux primes sur les actions et les titres de créance, aux facteurs cycliques et aux actifs à risque en général.

Le point sur la situation macroéconomique


L’économie mondiale accentue sa tendance expansionniste, affichant une croissance supérieure à sa tendance à long terme qui devrait s’accélérer. Même si les États-Unis progressent à un rythme soutenu, nos indicateurs économiques avancés pointent aussi vers un élan positif dans le reste du monde, en particulier dans les régions qui sont restées à la traîne de la reprise mondiale, comme l’Europe, ou qui se sont récemment stabilisées alors qu’elles étaient en tête de la reprise post-COVID, comme les pays asiatiques émergents. Un aperçu de nos indicateurs économiques avancés à l’échelle des régions révèle plusieurs faits saillants :

  • Les États-Unis sont dans une phase d’expansion. La confiance des entreprises se maintient à des sommets cycliques, tandis que nous observons une nette amélioration de la confiance des consommateurs, des commandes industrielles et de l’activité sur le marché de l’habitation. Le marché de l’emploi se redresse à un rythme impressionnant, comme en témoignent les données sur l’emploi les plus récentes. Les conditions de crédit demeurent très favorables grâce à l’effet décalé de l’assouplissement monétaire et à l’accentuation de la courbe des taux qui soutiennent la croissance économique.
  • La zone euro amorce une phase d’expansion. Après avoir passé les deux derniers trimestres au bord d’une nouvelle phase de contraction, notre indice économique avancé composé pour la région montre une forte dynamique positive renouvelée dans toutes ses composantes. Notre cadre d’analyse laisse entrevoir un cycle de stocks favorable au cours des prochains mois, les commandes industrielles et la demande d’exportations augmentant dans un contexte de faibles stocks dans le secteur manufacturier, ce qui entraînera une hausse importante des prévisions relatives à la production. La confiance des consommateurs rebondit également après le recul du quatrième trimestre de 2020.
  • Le Royaume-Uni et le Japon poursuivent leur reprise, la croissance étant inférieure à la tendance, mais continuant de s’améliorer à un rythme soutenu. Le Royaume-Uni connaît une dynamique similaire à celle de la zone euro, les sondages faisant état d’une amélioration notable de la confiance des consommateurs et d’une hausse des prévisions de demande dans le secteur manufacturier, ce qui laisse présager une augmentation de la production industrielle au cours du mois à venir compte tenu du faible niveau des stocks. Au Japon, nous nous attendons à une croissance plus modérée, étant donné que le cycle des stocks est moins prononcé à ce stade-ci.
  • Les marchés émergents d’Asie rebondissent après la décélération des derniers mois, avec des contributions positives dans toutes les grandes économies comme la Chine, l’Inde, la Corée du Sud et Taïwan. Le redressement notable de l’activité du marché de l’habitation et de la production industrielle en Chine au cours des deux derniers mois est la principale cause du retour à l’expansion de l’indicateur avancé de la Chine. En outre, la nette amélioration des exportations dans l’ensemble de la région confirme la reprise de la croissance en Asie, ce qui devrait avoir des retombées positives sur le cycle manufacturier mondial. La vigueur des marchés émergents d’Asie compense largement le ralentissement auquel nous assistons en Amérique latine, ramenant notre composite des marchés émergents vers une expansion.

Notre analyse de l’appétit pour le risque à l’échelle mondiale signale que la confiance des investisseurs continue de s’améliorer malgré la récente hausse des taux obligataires mondiaux. Abstraction faite des actions des marchés émergents qui ont affiché une piètre performance par rapport aux marchés développés, les marchés financiers montrent encore une amélioration des perspectives de croissance dans l’ensemble. Les titres des marchés du crédit ont devancé les obligations d’État, les titres de qualité inférieure ont fait mieux que les titres de qualité supérieure, et les actions ont supplanté les titres à revenu fixe. D’après notre cadre d’analyse, nous estimons que cette orientation est cohérente avec les attentes de croissance élevée et l’amélioration continue de nos indicateurs économiques avancés au cours des prochains mois.

Si l’on considère l’année écoulée, notre cadre d’analyse nous a conduits à nous positionner dans la perspective d’une reprise cyclique et reflationniste depuis juin 2020. À quelques exceptions près, les marchés financiers mondiaux ont affiché des rendements principalement conformes à ces attentes. Aujourd’hui, la durée et la vigueur de ce mouvement de reflation alimentent les craintes inflationnistes, car les investisseurs redoutent que la hausse de l’inflation, considérée comme un phénomène cyclique souhaitable, se transforme en problème à long terme plus durable et dommageable. À ce stade, nos attentes vont dans le sens de ce scénario que nous avons l’intention d’aborder plus en profondeur dans notre prochaine édition.

Figure 1 : L’expansion prend de l’ampleur, l’Europe et les pays émergents d’Asie profitant d’un nouvel élan
Sources : Bloomberg L.P. et Macrobond. Recherche et calculs d’Invesco Investment Solutions. Indicateurs économiques avancés exclusifs d’Invesco Investment Solutions. Données du régime macroéconomique au 31 mars 2021. Les indicateurs avancés sont des mesures exclusives et prospectives du niveau de croissance économique. L’indicateur du cycle d’appétit pour le risque mondial (GRACI) est une mesure exclusive de l’humeur des marchés à l’égard du risque. Un indicateur supérieur (ou inférieur) à zéro signifie que l’humeur à l’égard du risque est supérieure (ou inférieure) à la moyenne. À titre d’illustration seulement.

Positionnement des placements

Les régimes expansionnistes sont favorables aux primes sur les actions et les titres de créance, aux facteurs cycliques et aux actifs à risque au détriment des catégories d’actif plus sûres.

  • En ce qui concerne les actions, nous privilégions les marchés émergents et les marchés développés à l’extérieur des États-Unis en raison de l’amélioration de la croissance mondiale, du regain d’appétit pour le risque et du redressement de la croissance par rapport aux États-Unis. Malgré la vigueur du billet vert récemment, nous continuons d’anticiper un affaiblissement du dollar américain, phénomène qui soutient historiquement les marchés émergents sous l’effet des entrées de capitaux et de l’assouplissement des conditions financières. Nous continuons de privilégier les facteurs cycliques liés à l’amélioration du cycle mondial, soit les facteurs de taille (petites capitalisations) et de valeur. En outre, nous privilégions le momentum qui, en raison de la rotation croissance/valeur, défavorise progressivement les titres de qualité et les titres à mégacapitalisation au profit des segments des titres à plus petite capitalisation et des titres de valeur.
  • En ce qui concerne les titres à revenu fixe, nous avons un risque de crédit1 plus élevé et une duration plus courte par rapport à l’indice de référence. Nous avons une préférence pour les titres à risque, malgré la compression des écarts de taux. Avec la baisse de la volatilité, nous prévoyons des rendements ajustés au risque attrayants du point de vue de la production de revenu. Nous surpondérons les obligations à rendement élevé, les prêts bancaires et les titres de créance des marchés émergents libellés en monnaie locale et en monnaie forte, aux dépens des titres de créance de catégorie investissement et des obligations d’État. Malgré leur rendement décevant, nous préférons les titres du Trésor américain aux obligations d’État des autres marchés développés dans la mesure où nous nous attendons à ce que les rendements se stabilisent et à ce que l’écart de revenu soit le moteur des rendements totaux.
  • Sur les marchés des changes, nous maintenons la surpondération des devises en prévision d’une dépréciation à long terme du dollar américain. Ce positionnement est mis à mal depuis le début de l’année en raison de la vigueur du dollar américain, notamment par rapport aux devises émergentes. Nous restons optimistes quant aux devises des marchés émergents, compte tenu des valorisations attrayantes, de l’amélioration du cycle et du contexte favorable aux entrées de capitaux. Nous privilégions la roupie indienne, la roupie indonésienne, le rouble russe et le real brésilien. Du côté des marchés développés, nous privilégions l’euro, le yen japonais, le dollar canadien, le dollar de Singapour et la couronne norvégienne, tandis que nous sous-pondérons la livre sterling, le franc suisse et le dollar australien.
Figure 2 : Le cycle mondial demeure dans un régime d’expansion
Source : Invesco Investment Solutions, 31 mars 2021. MD = marchés développés. ME = marchés émergents. À titre d’illustration seulement.

1 Le risque de crédit est égal à la durée multipliée par l’écart.



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NA3911

Renseignements importants

Image de l’en-tête : Kiyoshi Hijiki / Getty

Un placement dans un fonds commun de placement peut donner lieu à des commissions, des commissions de suivi, des honoraires de gestion et autres frais. Les parts de fonds communs de placement ne sont pas garanties, leur valeur change souvent et leurs rendements passés peuvent ne pas se répéter.

Comme le montre notre recherche précédente, nous définissons les quatre étapes du cycle économique en fonction du niveau prévu et de l’évolution de la croissance économique : la reprise, lorsque la croissance est inférieure à la tendance et s’accélère; l’expansion, lorsque la croissance est supérieure à la tendance et s’accélère; le ralentissement, lorsque la croissance est supérieure à la tendance et ralentit; la contraction, lorsque la croissance est inférieure à la tendance et ralentit.

La prime de risque désigne le rendement supplémentaire qu’un actif génère pour compenser le risque plus élevé.

La taille (dans le contexte des placements factoriels) s’entend du potentiel de rendement supérieur par rapport à l’indice de référence associé aux actions de sociétés relativement plus petites dans l’univers envisagé.

La valeur (dans le contexte des placements factoriels) s’applique aux placements qui se négocient à escompte par rapport à des titres semblables, en fonction de mesures comme la valeur comptable, les bénéfices ou les flux de trésorerie.

Le momentum (dans le contexte des placements factoriels) s’entend du repérage de placements qui affichent un momentum positif (rendements récents solides) ou négatif (rendements récents faibles) afin de calibrer l’exposition du portefeuille à l’un ou l’autre.

L’écart représente la différence entre deux valeurs ou deux rendements d’actifs.

Les risques liés aux placements dans des titres d’émetteurs étrangers, y compris sur les marchés émergents, peuvent inclure les fluctuations de change, l’instabilité économique et politique et les particularités fiscales des pays étrangers.

Les placements en titres à revenu fixe sont exposés au risque de crédit de l’émetteur et subissent les effets des variations de taux d’intérêt. Les cours des obligations baissent généralement lorsque les taux d’intérêt augmentent, et vice versa; c’est ce qu’on appelle le risque de taux d’intérêt. Un émetteur peut se retrouver dans l’incapacité de payer les intérêts ou de rembourser le capital, ce qui entraîne une baisse de la valeur de ses titres et de sa cote de crédit.

Les obligations spéculatives comportent un risque plus élevé de défaut ou de fluctuation de prix en raison des variations de la cote de solvabilité de l’émetteur. La valeur des obligations de piètre qualité fluctue davantage que celle des obligations de grande qualité et peut subir de fortes baisses sur de courtes périodes.

Les émetteurs de titres de créance souverains ou les autorités gouvernementales qui contrôlent le remboursement peuvent être incapables ou réticents à rembourser le capital ou les intérêts lorsqu’ils sont dus, et le Fonds peut avoir un recours limité en cas de défaut. Certains débiteurs gouvernementaux pourraient être en mesure de reporter les paiements de remboursement ou de restructurer leurs dettes ou de déclarer un moratoire sur les paiements, et ce, sans l’approbation des détenteurs de titres de créance.

La valeur en dollars des placements étrangers est tributaire des variations du taux de change entre le dollar et la devise dans laquelle ces placements sont négociés.

De façon générale, la valeur des actions fluctue, parfois beaucoup, à la suite d’activités propres à la société concernée ou en fonction des conditions du marché ou de l’économie ou de la situation politique.

Les actions de petites et moyennes entreprises ont tendance à être davantage exposées aux changements défavorables et peuvent être plus volatiles ou moins liquides, ou être soumises à des restrictions relativement à leur revente.

Un style d’investissement valeur est soumis au risque que les valorisations ne s’améliorent pas ou que les rendements soient inférieurs à ceux d’autres styles de placement ou de l’ensemble des marchés boursiers.

Rien ne garantit que ces prévisions ou ces perspectives se révéleront exactes.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur en date du 29 avril 2021. Les commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration de thèmes généraux. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas les résultats futurs. Ils comprennent des risques, des incertitudes et des hypothèses. Il n’est pas garanti que les résultats réels ne seront pas considérablement différents des attentes.