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Alessio de Longis | 18 août 2021

Répartition tactique de l’actif : Août 2021

L’économie mondiale poursuit son expansion, mais est de plus en plus susceptible d’atteindre un sommet cyclique à court terme, comme en témoigne l’évolution de la dynamique du rendement relatif sur les plans sectoriel, géographique et factoriel.

Le point sur la situation macroéconomique

Dans les principales régions du monde, les indicateurs économiques avancés atteignent des sommets (figures 1 et 2). Au même moment, l’appétit pour le risque mondial se stabilise pour atteindre, selon nous, des sommets cycliques. Notre cadre d’analyse du régime macroéconomique laisse toujours entrevoir un régime expansionniste, mais de plus en plus, il évoque un point d’inflexion à venir au cours des prochains mois. Nous croyons que les mouvements transitoires au sommet du cycle de croissance sont particulièrement instables. Ils se caractérisent par des prix d’actifs qui évoluent dans une fourchette serrée, par des changements de thèmes, ainsi que par des rendements généralement positifs pour les actifs à risque. À notre avis, les activités de reflation au début du cycle ne sont pas terminées, mais tirent à leur fin. C’est ce que démontre le repli récent des titres de valeur par rapport aux titres de croissance, le rendement des actions à petite et moyenne capitalisation par rapport aux actions à grande capitalisation et la forte remontée des taux obligataires à long terme.

Figure 1 : L’économie mondiale poursuit son expansion, mais aurait perdu de la vitesse dans certaines régions

Sources : Bloomberg L.P. et Macrobond. Recherche et calculs d’Invesco Investment Solutions. Indicateurs économiques avancés exclusifs d’Invesco Investment Solutions. Données des régimes macroéconomiques au 31 juillet 2021. Les indicateurs économiques avancés sont des mesures exclusives et prospectives du niveau de croissance économique. L’indicateur du cycle d’appétit pour le risque mondial (GRACI) est une mesure exclusive de l’humeur des marchés à l’égard du risque. À titre d’illustration seulement.

Figure 2 : Indicateurs avancés d’Invesco Investment Solutions – GRACI et indicateur économique avancé mondial

Sources : Bloomberg L.P., MSCI, FTSE, Barclays, J.P. Morgan, et recherche et calculs d’Invesco Investment Solutions, du 1er janvier 1992 au 31 juillet 2021. L’indicateur économique avancé mondial est une mesure exclusive et prospective du niveau de croissance de l’économie. Un résultat supérieur (inférieur) à 100 pour l’indicateur économique avancé mondial signale une croissance supérieure (inférieure) à la moyenne à long terme. L’indicateur du cycle d’appétit pour le risque mondial (GRACI) est une mesure exclusive de l’humeur des marchés à l’égard du risque. Un résultat supérieur (inférieur) à zéro indique une compensation positive (négative). À titre d’illustration seulement.

Les actions de marchés émergents (MÉ) ont continué à tirer de l’arrière le mois dernier. Chose certaine, cette catégorie d’actifs, qui est surpondérée par rapport aux actions de marchés développés (MD), est le volet d’exposition active qui connaît le plus de difficultés au sein de notre portefeuille. Toutefois, nous avons décidé de le conserver compte tenu de notre cadre macroéconomique. De nombreux facteurs ont contribué au recul des actions des MÉ, qui fait suite à une période de rendements exemplaires entre le quatrième trimestre de 2020 et la mi-février 2021.

  • D’abord, la montée des taux obligataires aux États-Unis au premier trimestre, jumelée à la vigueur du dollar américain, s’est traduite par le resserrement des conditions financières dans les MÉ, qui sont plus dépendants au financement extérieur ou en dollars américains que les marchés développés.
  • Ensuite, la lenteur des campagnes de vaccination et la résurgence du virus causée par le variant Delta ont tempéré les attentes d’une embellie des actions locales des MÉ, portée par la généralisation des activités de reflation à l’échelle mondiale.
  • Enfin, la répression récente des autorités réglementaires chinoises dans le secteur des technologies, entre autres choses, a avivé l’incertitude chez les investisseurs étrangers, ce qui a davantage plombé les rendements sur les marchés boursiers locaux.

Nous croyons que ce dernier point mérite encore plus d’attention, compte tenu de sa nature potentiellement irrégulière et du lien entre les politiques réglementaires, les politiques macroéconomiques et la confiance des investisseurs. Les autorités chinoises ont montré un ferme engagement à réglementer les secteurs de marché qui connaissent une croissance rapide, mais dont certains aspects sont peu surveillés, par exemple la sécurité des données, la protection des droits des consommateurs, la concurrence équitable et l’inscription à la cote de marchés étrangers.

Chose certaine, le caractère incertain de ces mesures peut miner la confiance des investisseurs à court terme, mais la volonté d’instaurer un cadre réglementaire solide dans des secteurs dynamiques devrait apporter des bienfaits à long terme aux investisseurs.

De plus, même s’ils multiplient leurs démarches pour resserrer les règles régissant les sociétés technologiques, les dirigeants chinois devraient renforcer leurs mesures de soutien économique au second semestre.

À l’issue de sa réunion du 31 juillet, le Bureau politique a indiqué qu’il adopterait des mesures encore plus ciblées pour l’économie locale en mettant l’accent sur les PME, qu’il augmenterait les dépenses budgétaires et qu’il pourrait réduire les coefficients de couverture des banques.

Enfin, le Bureau politique a officiellement annoncé son objectif, qui est de « rehausser l’indépendance de la politique macroéconomique ». Voilà qui porte à croire que les politiques de la Banque populaire de Chine pourraient se détacher de plus en plus de celles de la Réserve fédérale américaine (Fed). Nous croyons qu’une telle orientation permettrait aux décideurs d’instaurer des politiques monétaires mieux adaptées aux besoins de croissance de la Chine, dans un contexte où les politiques de la Fed se dirigent graduellement vers la normalisation.

Notre surpondération des actions des MÉ est attribuable à deux facteurs importants :

1. L’espoir que le cycle économique mondial soit en mode expansionniste et que la montée de l’appétit pour le risque laisse présager un rendement potentiellement supérieur pour les catégories d’actifs plus risquées et plus cycliques, dont les actions des MÉ.

2. La dépréciation potentielle du dollar américain à moyen terme, une prévision appuyée par les évaluations favorables des devises hors États-Unis (MD et MÉ), l’assouplissement des conditions financières et les entrées de capitaux dans les actifs des MÉ.

Les trois principaux événements qui ont nui au rendement des actions des MÉ à notre avis ont assombri l’humeur des marchés et l’appétit pour le risque à l’échelle mondiale sans toutefois les anéantir. Par conséquent, notre cadre de placements continue de pencher pour cette catégorie d’actifs.

Notre processus de placement ne fait aucune prévision à l’égard d’événements fondamentaux idiosyncrasiques, tels que l’intervention récente des autorités réglementaires chinoises. Cela dit, notre cadre devrait s’adapter aux effets de ces chocs de politique sur l’humeur des marchés mondiaux et sur les attentes de croissance à l’échelle mondiale. Lorsque ce sera le cas, nous reverrons nos positions en conséquence.

Positionnement des placements

En ce qui concerne les actions, nous privilégions les MÉ, compte tenu de leur croissance mondiale supérieure à la normale, de la progression de l’appétit pour le risque et de la dépréciation à moyen terme du dollar américain. Pour ce qui est des MD hors États-Unis, nous sommes passés à une pondération neutre par rapport aux actions américaines, car d’après les indicateurs avancés, la remontée cyclique en Europe pourrait ralentir à court terme. Nous continuons toutefois de privilégier les facteurs de la (petite) taille et de la valeur dans toutes les régions. De plus, nous penchons pour le facteur du momentum, qui comprend actuellement les titres de valeur et les actions à petite capitalisation, ce qui concentre les risques dans les facteurs cycliques et réduit la diversification du portefeuille par rapport aux dernières années.

Du côté des titres à revenu fixe, nous privilégions les titres de créance risqués malgré les écarts de taux serrés, parce que nous sommes en quête de revenu dans un contexte de faible volatilité. Nous surpondérons les obligations à rendement élevé, les prêts bancaires et les titres de créance des marchés émergents au détriment des titres de créance de catégorie investissement et des obligations d’État. Nous préférons les obligations du Trésor américain aux obligations d’État des autres marchés développés en raison des taux de rendement intéressants des premiers.

Sur les marchés des changes, nous maintenons la surpondération des devises en prévision d’une dépréciation à long terme du dollar américain. Nous restons optimistes quant aux devises des marchés émergents, compte tenu des évaluations attrayantes, de l’amélioration du cycle et du contexte favorable aux entrées de capitaux. Nous privilégions la roupie indienne, la roupie indonésienne, le rouble russe et le real brésilien. Du côté des marchés développés, nous privilégions l’euro, le yen, le dollar canadien, le dollar de Singapour et la couronne norvégienne, tandis que nous sous-pondérons la livre sterling, le franc suisse et le dollar australien (figure 3).

Figure 3 : Le cycle mondial demeure en régime d’expansion

Source : Invesco Investment Solutions, août 2021. MD = marchés développés. MÉ = marchés émergents. À titre d’illustration seulement.

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Renseignements importants

Image de l’en-tête : Todd Beltz/Stocksy

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La diversification ne garantit pas un profit et n’élimine pas le risque de perte.

Comme le montre notre recherche précédente, nous définissons les quatre étapes du cycle économique en fonction du niveau prévu et de l’évolution de la croissance économique : la reprise, lorsque la croissance est inférieure à la tendance et s’accélère; l’expansion, lorsque la croissance est supérieure à la tendance et s’accélère; le ralentissement, lorsque la croissance est supérieure à la tendance et ralentit; la contraction, lorsque la croissance est inférieure à la tendance et ralentit.

La taille (dans le contexte des placements factoriels) s’entend du potentiel de rendement supérieur par rapport à l’indice de référence associé aux actions de sociétés relativement plus petites dans l’univers envisagé.

La valeur (dans le contexte des placements factoriels) s’applique aux placements qui se négocient à escompte par rapport à des titres semblables, en fonction de mesures comme la valeur comptable, les bénéfices ou les flux de trésorerie.

Le momentum (dans le contexte des placements factoriels) s’entend du repérage de placements qui affichent un momentum positif (rendements récents solides) ou négatif (rendements récents faibles) afin de calibrer l’exposition du portefeuille à l’un ou l’autre.

Les sociétés qui émettent des actions de qualité peuvent enregistrer des rendements inférieurs aux attentes ou une croissance négative, ainsi qu’un endettement accru, ce qui se traduit par des rendements inférieurs aux attentes ou négatifs pour les actionnaires du Fonds.

L’écart représente la différence entre deux valeurs ou deux rendements d’actifs.

Les risques liés aux placements dans des titres d’émetteurs étrangers, y compris sur les marchés émergents, peuvent inclure les fluctuations de change, l’instabilité économique et politique et les particularités fiscales des pays étrangers.

Les placements en titres à revenu fixe sont exposés au risque de crédit de l’émetteur et subissent les effets des variations de taux d’intérêt. Les cours des obligations baissent généralement lorsque les taux d’intérêt augmentent, et vice versa; c’est ce qu’on appelle le risque de taux d’intérêt. Un émetteur peut se retrouver dans l’incapacité de payer les intérêts ou de rembourser le capital, ce qui entraîne une baisse de la valeur de ses titres et de sa cote de crédit.

Les obligations spéculatives comportent un risque plus élevé de défaut ou de fluctuation de prix en raison des variations de la cote de solvabilité de l’émetteur. La valeur des obligations spéculatives fluctue davantage que celle des obligations de grande qualité et peut subir de fortes baisses sur de courtes périodes.

Les émetteurs de titres de créance souverains ou les autorités gouvernementales qui contrôlent le remboursement peuvent être incapables ou réticents à rembourser le capital ou les intérêts lorsqu’ils sont dus, et le Fonds peut avoir un recours limité en cas de défaut. Certains débiteurs gouvernementaux pourraient être en mesure de reporter les paiements de remboursement ou de restructurer leurs dettes ou de déclarer un moratoire sur les paiements, et ce, sans l’approbation des détenteurs de titres de créance.

La valeur en dollars des placements étrangers est tributaire des variations du taux de change entre le dollar et la devise dans laquelle ces placements sont négociés.

Les actions de petites et moyennes entreprises ont tendance à être davantage exposées aux changements défavorables et peuvent être plus volatiles ou moins liquides, ou être soumises à des restrictions relativement à leur revente.

Dans le cas d’un placement de style valeur, il existe un risque que les évaluations ne s’améliorent pas ou que les rendements soient inférieurs à ceux d’autres styles de placement ou de l’ensemble des marchés boursiers.

Rien ne garantit que ces prévisions ou ces perspectives se révéleront exactes.

Les opinions mentionnées ci-dessus sont celles de l’auteur en date du 12 août 2021. Les commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration de thèmes généraux. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas les résultats futurs. Ils comprennent des risques, des incertitudes et des hypothèses. Il n’est pas garanti que les résultats réels ne seront pas considérablement différents des attentes.