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Alessio de Longis | 21 juillet 2021

Répartition tactique de l’actif : Juillet 2021

Alessio de Longis se prononce sur la pause qui s’observe quant au thème des titres cycliques et de la reflation et sur l’évolution récente de la politique monétaire à la suite de la dernière réunion de la Réserve fédérale américaine.

Notre cadre d’analyse continue de donner à penser que l’économie est en expansion. Pour ce qui est de l’avenir, nous évaluons la probabilité d’atteindre un sommet à court terme au cours du cycle s’étendant sur les prochains mois, et mettons le tout en contexte avec l’évolution récente de la politique monétaire.

Le point sur la situation macroéconomique

Au cours du dernier mois, une pause s’est observée sur les marchés quant au thème des titres cycliques et de la reflation, ce qui a fait grimper les prix des actifs mondiaux dans la dernière année. Les actions à grande capitalisation et de qualité ont surpassé les actions à petite capitalisation et de valeur, et les secteurs cycliques comme les services financiers, les matériaux et l’industrie ont été à la traîne par rapport aux secteurs défensifs et de croissance comme la technologie, les services de communication et les soins de santé. Aux États-Unis, la courbe des taux s’est aplatie à raison d’environ 25 points de base (pb), les prix des produits de base se sont stabilisés et les attentes relatives au point mort d’inflation ont diminué d’environ 15 pb en juin1.

Bien que l’ampleur de l’évolution des prix soit révélatrice d’un trop-plein d’engouement pour le mouvement de reflation, l’événement déclencheur de ce revirement prend appui sur des motifs fondamentaux valables, à savoir le ton ferme adopté par la Réserve fédérale américaine (Fed) lors de sa dernière réunion, la réévaluation des attentes à l’égard de la politique monétaire et la forte baisse des taux obligataires à long terme.

La Fed ayant reconnu la vigueur de la reprise, les marchés ont pris en compte la probabilité accrue de hausses des taux d’intérêt en 2023 et en 2024. Toutefois, c’est du côté des obligations à long terme que s’est produit un phénomène beaucoup plus significatif et singulier, les taux des obligations américaines à 10 ans et à 30 ans ayant diminué de 15 à 20 pb environ en juin. Cette réévaluation est conforme aux attentes du marché selon lesquelles tout retrait anticipé des mesures de soutien monétaire, combiné à la normalisation graduelle des déficits budgétaires, ramènera rapidement l’économie au paradigme de faible croissance et de faible inflation qui a caractérisé l’après-crise financière.

À mesure que les mesures de soutien monétaire seront éliminées, la solidité de l’économie dépendra de l’augmentation de la demande du secteur privé en guise de facteur compensatoire. En fin de compte, le faible niveau des taux d’intérêt réels est attribuable à l’épargne excédentaire mondiale par rapport à la consommation et aux attentes d’une forte propension à épargner dans le secteur privé. En d’autres mots, le faible niveau des taux obligataires à long terme sous-entend effectivement un faible taux de croissance tendancielle et un contexte de faiblesse de l’inflation alimenté par une épargne de précaution élevée.

Paradoxalement, le durcissement de ton de la Fed a entraîné une baisse des taux obligataires et un assouplissement des conditions financières, tout en réduisant sensiblement les « craintes d’inflation » qui ont caractérisé un scénario de risque croissant pour les prix des actifs au cours des derniers mois. Nous croyons qu’il s’agit d’une bonne nouvelle pour les marchés financiers et que devrait s’ensuivre une réduction de la volatilité et de la dispersion des rendements dans l’ensemble des catégories d’actif.

Comment ces événements se rapportent-ils à notre cadre d’analyse macroéconomique et à quoi pouvons-nous nous attendre au cours des prochains mois?

Notre cadre d’analyse laisse toujours entrevoir un régime expansionniste, où la croissance devrait être nettement supérieure à la tendance dans un avenir prévisible et continuer de s’améliorer à court terme (figure 1).

Toutefois, nous croyons que la réévaluation des prévisions de croissance à moyen terme par suite de l’annonce de la Fed n’est pas contraire à notre analyse macroéconomique. Le fait d’examiner notre indicateur économique avancé mondial dans une perspective à long terme donne à penser que nous approchons de niveaux qui coïncident habituellement avec des sommets cycliques de l’économie (figure 2).

Figure 1 : L’expansion se poursuit dans l’ensemble des régions et le momentum est particulièrement marqué dans la zone euro et au Royaume-Uni

Sources : Bloomberg L.P. et Macrobond. Recherche et calculs d’Invesco Investment Solutions. Indicateurs économiques avancés exclusifs d’Invesco Investment Solutions. Données du régime macroéconomique au 30 juin 2021. Les indicateurs économiques avancés sont des mesures exclusives et prospectives du niveau de croissance économique. L’indicateur du cycle d’appétit pour le risque mondial (GRACI) est une mesure exclusive de l’humeur des marchés à l’égard du risque. À titre d’illustration seulement.

De même, notre mesure de l’humeur des marchés mondiaux a atteint des niveaux conformes aux sommets cycliques précédents, ce qui augmente la probabilité de l’atteinte d’un sommet, et d’un retournement de tendance, au cours des prochains mois. Comme le marché a tendance à ne pas tenir compte des prévisions de croissance pour les 6 à 12 mois qui suivent, une diminution de l’appétit pour le risque à l’échelle mondiale au cours des prochains mois serait compatible avec un ralentissement de l’économie dans la seconde moitié de 2022.

Nous surveillerons l’évolution de nos indicateurs en temps réel et nous repositionnerons en conséquence. Toutefois, au cours du dernier mois, nous n’avons apporté aucun changement au positionnement de nos placements, et nous attendons des signes plus clairs d’un changement sur le plan macroéconomique.

Figure 2 : Nous nous approchons peut-être de niveaux qui ont historiquement coïncidé avec des sommets cycliques dans l’économie

Sources : Bloomberg L.P., MSCI, FTS, Barclays, J.P. Morgan, et recherche et calculs d’Invesco Investment Solutions, du 1er janvier 1992 au 30 juin 2021. L’indicateur économique avancé mondial est une mesure exclusive et prospective du niveau de croissance de l’économie. Un résultat supérieur (inférieur) à 100 pour l’indicateur économique avancé mondial signale une croissance supérieure (inférieure) à la moyenne à long terme. L’indicateur du cycle d’appétit pour le risque mondial (GRACI) est une mesure exclusive de l’humeur des marchés à l’égard du risque. Un résultat supérieur (inférieur) à zéro indique une compensation positive (négative). À titre d’illustration seulement.

Positionnement des placements

  • En ce qui concerne les actions, nous privilégions les marchés émergents et les marchés développés hors États-Unis en raison de l’amélioration de la croissance mondiale, du regain d’appétit pour le risque et du redressement de la croissance par rapport aux États-Unis. Nous continuons d’accorder notre préférence à la taille (modeste) et à la valeur. En outre, nous privilégions le momentum qui, en raison de la rotation croissance contre valeur, désavantage progressivement les titres de qualité et à mégacapitalisation au profit des segments des titres à plus petite capitalisation et de valeur.
  • En ce qui concerne les titres à revenu fixe, nous surpondérons le risque de crédit2 et
    sous-pondérons la duration. Nous privilégions les titres de créance risqués malgré les écarts de taux serrés parce que nous sommes en quête de revenu dans un environnement de faible volatilité. Nous surpondérons les obligations à rendement élevé, les prêts bancaires et les titres de créance des marchés émergents au détriment des titres de créance de catégorie investissement et des obligations d’État. Nous préférons les obligations du Trésor américain aux obligations d’État des autres marchés développés en raison des taux de rendement intéressants des premiers.
  • Sur les marchés des changes, nous maintenons la surpondération des devises en prévision d’une dépréciation à long terme du dollar américain. Nous restons optimistes quant aux devises des marchés émergents, compte tenu des évaluations attrayantes, de l’amélioration du cycle et du contexte favorable aux entrées de capitaux. Nous privilégions la roupie indienne, la roupie indonésienne, le rouble russe et le real brésilien. Du côté des marchés développés, nous privilégions l’euro, le yen, le dollar canadien, le dollar de Singapour et la couronne norvégienne, tandis que nous sous-pondérons la livre sterling, le franc suisse et le dollar australien.

Figure 3 : Le cycle mondial demeure en régime d’expansion

Source : Invesco Investment Solutions, juin 2021. MD = marchés développés. MÉ = marchés émergents. À titre d’illustration seulement.

1 La courbe des taux aux États-Unis correspond à l’écart entre le taux des obligations à 10 ans et celui des obligations à 2 ans. Les attentes relatives au point mort d’inflation représentent l’écart entre le taux des obligations du Trésor américain à 10 ans et celui des TIPS à 10 ans.

2 Le risque de crédit est égal à la durée multipliée par l’écart.

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Renseignements importants

Image de l’en-tête : Chunyip Wong/Getty

Un placement dans un fonds commun de placement peut donner lieu à des commissions, à des commissions de suivi, à des honoraires de gestion et à d’autres frais. Les fonds communs de placement ne sont pas garantis, leur valeur fluctue souvent et leur rendement passé n’est pas indicatif de leur rendement à venir. Veuillez lire le prospectus simplifié avant de faire un placement. Vous pouvez en obtenir un exemplaire auprès de votre conseiller ou d’Invesco Canada Ltée.

Comme le montre notre recherche précédente, nous définissons les quatre étapes du cycle économique en fonction du niveau prévu et de l’évolution de la croissance économique : la reprise, lorsque la croissance est inférieure à la tendance et s’accélère; l’expansion, lorsque la croissance est supérieure à la tendance et s’accélère; le ralentissement, lorsque la croissance est supérieure à la tendance et ralentit; la contraction, lorsque la croissance est inférieure à la tendance et ralentit.
Un point de base correspond à un centième de point de pourcentage.

La taille (dans le contexte des placements factoriels) s’entend du potentiel de rendement supérieur par rapport à l’indice de référence associé aux actions de sociétés relativement plus petites dans l’univers envisagé.

La valeur (dans le contexte des placements factoriels) s’applique aux placements qui se négocient à escompte par rapport à des titres semblables, en fonction de mesures comme la valeur comptable, les bénéfices ou les flux de trésorerie.

Le momentum (dans le contexte des placements factoriels) s’entend du repérage de placements qui affichent un momentum positif (rendements récents solides) ou négatif (rendements récents faibles) afin de calibrer l’exposition du portefeuille à l’un ou l’autre.

Les sociétés qui émettent des actions de qualité peuvent enregistrer des rendements inférieurs aux attentes ou une croissance négative, ainsi qu’un endettement accru, ce qui se traduit par des rendements inférieurs aux attentes ou négatifs pour les actionnaires du Fonds.

L’écart représente la différence entre deux valeurs ou deux rendements d’actifs.
Les risques liés aux placements dans des titres d’émetteurs étrangers, y compris sur les marchés émergents, peuvent inclure les fluctuations de change, l’instabilité économique et politique et les particularités fiscales des pays étrangers.

Les placements en titres à revenu fixe sont exposés au risque de crédit de l’émetteur et subissent les effets des variations de taux d’intérêt. Les cours des obligations baissent généralement lorsque les taux d’intérêt augmentent, et vice versa; c’est ce qu’on appelle le risque de taux d’intérêt. Un émetteur peut se retrouver dans l’incapacité de payer les intérêts ou de rembourser le capital, ce qui entraîne une baisse de la valeur de ses titres et de sa cote de crédit.

Les obligations spéculatives comportent un risque plus élevé de défaut ou de fluctuation de prix en raison des variations de la cote de solvabilité de l’émetteur. La valeur des obligations de piètre qualité fluctue davantage que celle des obligations de grande qualité et peut subir de fortes baisses sur de courtes périodes.

Les émetteurs de titres de créance souverains ou les autorités gouvernementales qui contrôlent le remboursement peuvent être incapables ou réticents à rembourser le capital ou les intérêts lorsqu’ils sont dus, et le Fonds peut avoir un recours limité en cas de défaut. Certains débiteurs gouvernementaux pourraient être en mesure de reporter les paiements de remboursement ou de restructurer leurs dettes ou de déclarer un moratoire sur les paiements, et ce, sans l’approbation des détenteurs de titres de créance.

La valeur en dollars des placements étrangers est tributaire des variations du taux de change entre le dollar et la devise dans laquelle ces placements sont négociés.

Les actions de petites et moyennes entreprises ont tendance à être davantage exposées aux changements défavorables et peuvent être plus volatiles ou moins liquides, ou être soumises à des restrictions relativement à leur revente.

Dans le cas d’un placement de style valeur, il existe un risque que les évaluations ne s’améliorent pas ou que les rendements soient inférieurs à ceux d’autres styles de placement ou de l’ensemble des marchés boursiers.

Rien ne garantit que ces prévisions ou ces perspectives se révéleront exactes.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur en date du 20 juillet 2021. Les commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration de thèmes généraux. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas les résultats futurs. Ils comprennent des risques, des incertitudes et des hypothèses. Il n’est pas garanti que les résultats réels ne seront pas considérablement différents des attentes.