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Alessio de Longis | 17 juin 2021

Répartition tactique de l’actif : Juin 2021

L’expansion mondiale continue de prendre de l’ampleur, en raison du momentum constaté en Europe et dans les marchés émergents. Nous ne sommes pas trop préoccupés par la hausse de l’inflation à ce stade-ci, tant que la croissance se poursuit.

Nous surpondérons les actions et les titres de créance risqués au détriment des obligations de catégorie investissement et des obligations gouvernementales. Nous continuons de privilégier les marchés boursiers hors États-Unis, ainsi que les styles et facteurs cycliques comme les titres de valeur, les petites capitalisations et les moyennes capitalisations.

Le point sur la situation macroéconomique

La dernière lecture de notre cadre d’analyse du régime macroéconomique confirme la dynamique cyclique que nous avons mise en évidence depuis le début de l’année. L’expansion mondiale prend de l’ampleur, alors que 90 % de nos indicateurs économiques avancés à l’échelle du pays affichent maintenant un régime d’expansion, ce qui donne à penser que la croissance est supérieure à la tendance et s’améliore dans toutes les régions.

Comme au cours des derniers mois, nous continuons d’observer le plus fort momentum dans la zone euro et au Royaume-Uni, où les sondages auprès des entreprises continuent de signaler une forte remontée de la demande, laquelle, conjuguée aux bas niveaux persistants des stocks, entraîne une hausse importante des prévisions de production.

L’augmentation notable de la confiance des consommateurs au cours du dernier mois confirme que la reprise cyclique s’étend à l’ensemble des secteurs économiques, alors que les efforts de vaccination se poursuivent et que la réouverture est en cours (figure 1).

La surperformance des marchés boursiers par rapport aux marchés des titres à revenu fixe et des secteurs cycliques par rapport aux secteurs défensifs donne à penser que l’appétit pour le risque et les prévisions de croissance à l’échelle mondiale continuent de s’accroître.

Dans notre dernière mise à jour, nous avons présenté notre point de vue sur l’inflation et les prévisions d’une hausse importante des statistiques d’inflation sur 12 mois à court terme en raison, entre autres, des effets de base de la récession au deuxième trimestre de 2020. Comme nous l’avons mentionné, nous nous attendions à ce que ces événements soient largement sous-évalués par la majorité des analystes, ce qui atténuerait l’incidence négative potentielle sur le marché des « manchettes d’inflation élevée ».

En effet, l’ampleur de la réaction des obligations du Trésor américain, tant nominales que protégées contre l’inflation (c.-à-d., les TIPS), a été modeste, malgré la publication de données sur l’indice des prix à la consommation (IPC) et l’indice des prix à la production (IPP) aux États-Unis, qui ont largement dépassé les prévisions consensuelles des économistes1. Cette réaction du marché a été quelque peu surprenante, même pour nous, et cela pourrait indiquer que les participants au marché ont déjà pris en compte une hausse plus importante de l’inflation à court terme que celle prédite par les prévisionnistes économiques.

Figure 1 : L’expansion se poursuit dans l’ensemble des régions et le momentum est particulièrement marqué dans la zone euro et au Royaume-Uni

Sources : Bloomberg L.P. et Macrobond. Recherche et calculs d’Invesco Investment Solutions. Indicateurs économiques avancés exclusifs d’Invesco Investment Solutions. Données du régime macroéconomique au 31 mai 2021. Les indicateurs avancés sont des mesures exclusives et prospectives du niveau de croissance économique. L’indicateur du cycle d’appétit pour le risque mondial (GRACI) est une mesure exclusive de l’humeur des marchés à l’égard du risque. Un indicateur supérieur (ou inférieur) à zéro signifie que l’humeur à l’égard du risque est supérieure (ou inférieure) à la moyenne. À titre d’illustration seulement.

À ce sujet, le mois dernier, nous avons lancé un indicateur de momentum de l’inflation composé à haute fréquence que nous utilisons pour suivre les pressions inflationnistes à moyen terme dans l’économie. Cet indicateur n’a pratiquement pas bougé depuis le mois dernier et continue de signaler une hausse de l’inflation à court terme. Nous structurons l’évolution de cet indicateur d’inflation en fonction des différentes étapes du cycle économique, tel que défini par notre cadre d’analyse du régime macroéconomique. À l’exception des chocs d’offre exogènes ou des forces structurelles, les variations de l’inflation sont principalement endogènes au cycle économique, y compris à ses facteurs monétaires et budgétaires.

La figure 2 confirme ce point de vue sur une base historique, selon laquelle l’inflation est plus susceptible d’augmenter durant une phase de reprise et d’expansion du cycle, de plafonner pendant un ralentissement et de diminuer pendant une contraction.

Dans l’ensemble, les conditions macroéconomiques de l’année passée ont évolué conformément aux tendances cycliques passées. Cette conjoncture reflationniste se reflète assez généralement sur les marchés financiers, et ce, dans l’ensemble des catégories d’actifs, des régions, des secteurs et des styles de gestion. Autrement dit, nous sommes d’avis que la hausse de l’inflation dans un contexte de croissance en essor n’est pas tellement préoccupante pour les marchés boursiers mondiaux, surtout si l’on suppose que les banques centrales seront accommodantes et crédibles.

En revanche, la hausse de l’inflation dans un contexte de ralentissement, conjuguée au resserrement de la politique monétaire, représenterait un cocktail plus explosif pour les marchés boursiers, compte tenu de la combinaison probable de la hausse des taux d’actualisation et de la baisse des bénéfices prévisionnels.

Figure 2 : L’inflation au cours de la dernière année a, dans l’ensemble, évolué conformément aux tendances cycliques historiques.

Sources : Bloomberg L.P., au 31 mai 2021. Calculs d’Invesco Investment Solutions. L’indicateur de momentum de l’inflation aux États-Unis mesure les variations des statistiques sur l’inflation sur une base mobile de trois mois; il couvre les prix pour les consommateurs et les producteurs, les sondages auprès des entreprises sur les modalités tarifaires, les sondages sur les attentes inflationnistes, les prix des maisons, les prix à l’importation, les salaires et les prix de l’énergie. Une lecture positive (négative) dénote que l’inflation moyenne a été en hausse (en baisse) au cours des trois mois précédents.

Positionnement des placements

Nous n’avons apporté aucune modification importante à notre positionnement.

  • En ce qui concerne les actions, nous privilégions les marchés émergents et les marchés développés hors États-Unis en raison de l’accélération de la croissance mondiale, du regain d’appétit pour le risque et du redressement de la croissance par rapport aux États-Unis. Nous continuons d’accorder notre préférence à la taille (modeste) et à la valeur. En outre, nous privilégions le momentum qui, en raison de la rotation croissance contre valeur, désavantage progressivement les titres de qualité et les titres à mégacapitalisation au profit des segments des titres à plus petite capitalisation et des titres de valeur.
  • Du côté des titres à revenu fixe, nous privilégions les titres de créance risqués malgré les écarts de taux serrés, parce que nous sommes en quête de revenu dans un contexte de faible volatilité. Nous surpondérons les obligations à rendement élevé, les prêts bancaires et les titres de créance des marchés émergents au détriment des titres de créance de catégorie investissement et des obligations d’État. Nous préférons les obligations du Trésor américain aux obligations d’État des autres marchés développés en raison des taux de rendement intéressants des premiers.
  • Sur les marchés des changes, nous maintenons la surpondération des devises en prévision d’une dépréciation à long terme du dollar américain. Nous restons optimistes quant aux devises des marchés émergents, compte tenu des évaluations attrayantes, de l’amélioration du cycle et du contexte favorable aux entrées de capitaux. Nous privilégions la roupie indienne, la roupie indonésienne, le rouble russe et le real brésilien. Du côté des marchés développés, nous privilégions l’euro, le yen japonais, le dollar canadien, le dollar de Singapour et la couronne norvégienne, tandis que nous sous-pondérons la livre sterling, le franc suisse et le dollar australien.

Figure 3 : Le cycle mondial demeure en régime d’expansion

Source : Invesco Investment Solutions, mai 2021. MD = marchés développés. ME = marchés émergents. À titre d’illustration seulement.

1 Les données sur 12 mois de l’IPC et de l’IPP ont progressé de 4,2 % et de 6,2 % en avril, comparativement aux prévisions économiques médianes de Bloomberg (3,6 % et 5,8 %, respectivement).

2 Le risque de crédit est égal à la durée multipliée par l’écart.

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Renseignements importants

Image de l’en-tête : Stephan Zirwes/Getty

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Comme le montre notre recherche précédente, nous définissons les quatre étapes du cycle économique en fonction du niveau prévu et de l’évolution de la croissance économique : la reprise, lorsque la croissance est inférieure à la tendance et s’accélère; l’expansion, lorsque la croissance est supérieure à la tendance et s’accélère; le ralentissement, lorsque la croissance est supérieure à la tendance et ralentit; la contraction, lorsque la croissance est inférieure à la tendance et ralentit.

La taille (dans le contexte des placements factoriels) s’entend du potentiel de rendement supérieur par rapport à l’indice de référence associé aux actions de sociétés relativement plus petites dans l’univers envisagé.

La valeur (dans le contexte des placements factoriels) s’applique aux placements qui se négocient à escompte par rapport à des titres semblables, en fonction de mesures comme la valeur comptable, les bénéfices ou les flux de trésorerie.

Le momentum (dans le contexte des placements factoriels) s’entend du repérage de placements qui affichent un momentum positif (rendements récents solides) ou négatif (rendements récents faibles) afin de calibrer l’exposition du portefeuille à l’un ou l’autre.

L’écart représente la différence entre deux valeurs ou deux rendements d’actifs.

Les risques liés aux placements dans des titres d’émetteurs étrangers, y compris sur les marchés émergents, peuvent inclure les fluctuations de change, l’instabilité économique et politique et les particularités fiscales des pays étrangers.

Les placements en titres à revenu fixe sont exposés au risque de crédit de l’émetteur et subissent les effets des variations de taux d’intérêt. Les cours des obligations baissent généralement lorsque les taux d’intérêt augmentent, et vice versa; c’est ce qu’on appelle le risque de taux d’intérêt. Un émetteur peut se retrouver dans l’incapacité de payer les intérêts ou de rembourser le capital, ce qui entraîne une baisse de la valeur de ses titres et de sa cote de crédit.

Les obligations spéculatives comportent un risque plus élevé de défaut ou de fluctuation de prix en raison des variations de la cote de solvabilité de l’émetteur. La valeur des obligations de piètre qualité fluctue davantage que celle des obligations de grande qualité et peut subir de fortes baisses sur de courtes périodes.

Les émetteurs de titres de créance souverains ou les autorités gouvernementales qui contrôlent le remboursement peuvent être incapables ou réticents à rembourser le capital ou les intérêts lorsqu’ils sont dus, et le Fonds peut avoir un recours limité en cas de défaut. Certains débiteurs gouvernementaux pourraient être en mesure de reporter les paiements de remboursement ou de restructurer leurs dettes ou de déclarer un moratoire sur les paiements, et ce, sans l’approbation des détenteurs de titres de créance.

La valeur en dollars des placements étrangers est tributaire des variations du taux de change entre le dollar et la devise dans laquelle ces placements sont négociés.

De façon générale, la valeur des actions fluctue, parfois beaucoup, à la suite d’activités propres à la société concernée ou en fonction des conditions du marché ou de l’économie ou de la situation politique.

Les actions de petites et moyennes entreprises ont tendance à être davantage exposées aux changements défavorables et peuvent être plus volatiles ou moins liquides, ou être soumises à des restrictions relativement à leur revente.

Dans le cas d’un placement de style valeur, il existe un risque que les valorisations ne s’améliorent pas ou que les rendements soient inférieurs à ceux d’autres styles de placement ou de l’ensemble des marchés boursiers.

Rien ne garantit que ces prévisions ou ces perspectives se révéleront exactes.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles des auteurs en date du 15 juin 2021. Les commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration de thèmes généraux. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas les résultats futurs. Ils comprennent des risques, des incertitudes et des hypothèses. Il n’est pas garanti que les résultats réels ne seront pas considérablement différents des attentes.