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Alessio de Longis | 18 janvier 2021

Répartition tactique de l’actif – Le point sur décembre 2020

La reprise mondiale devrait se poursuivre, portée par les progrès en matière de vaccins

Le point sur la situation macroéconomique

Les marchés financiers sont remontés en force en décembre, portés par les percées potentielles de nombreuses études sur des vaccins contre la COVID-19. Ainsi, la convergence des résultats enregistrés par Pfizer, Moderna et AstraZeneca a nourri l’optimisme des investisseurs et alimenté l’espoir d’une distribution massive des vaccins au cours du premier semestre de 2021. Même si les vaccins n’étaient pas disponibles en nombre suffisant pour permettre une vaccination générale, l’inoculation des aînés, des travailleurs de la santé et des personnes vulnérables devrait alléger la pression sur les hôpitaux et réduire le recours au confinement, malgré l’absence d’immunité collective. Outre leurs retombées économiques positives, ces nouvelles représentent d’abord et avant tout une belle réussite sur le plan scientifique et social partout dans le monde.

Ces nouvelles encourageantes sont apparues alors que la résurgence du virus menaçait la reprise mondiale. Certaines régions du monde, tout particulièrement l’Europe, pourraient connaître une brève récession à double creux au quatrième trimestre de 2020. Malgré tout, les marchés financiers sont optimistes et s’attendent à ce que la reprise se poursuive, compte tenu des nouvelles sur les vaccins et de l’ampleur des mesures de relance monétaire et budgétaire. En ce qui concerne la tenue des marchés, le changement le plus important a été le virage tant attendu des actions à grande capitalisation axées sur la qualité et le momentum vers les actions à petite et moyenne capitalisation axées sur la valeur. Nous avions adopté cette position en juin et nous l’avons maintenue malgré les rendements particulièrement décevants de cet été. Du côté des marchés, le virage s’était amorcé en octobre, appuyé par une petite accentuation baissière de la courbe des taux, pour ensuite s’accélérer subitement en novembre, à la lumière des bonnes nouvelles sur les vaccins. Le regain de confiance des investisseurs par rapport à la normalisation du cycle économique – tout particulièrement la reprise des secteurs axés sur les contacts en personne – a stimulé les facteurs de la valeur et de la (petite) taille; leur levier d’exploitation et leur sensibilité au cycle économique sont supérieurs à ceux des actions de qualité à forte capitalisation et à faible volatilité. De plus, le virage a entraîné une inversion du facteur lié au momentum et du rendement relatif entre les secteurs qui ont le plus tiré parti de la pandémie (technologies, santé, services de communication) et ceux qui ont souffert du confinement (énergie, industrie, matériaux, finance). Ces tendances persisteront à notre avis.

Notre cadre d’analyse du régime macroéconomique indique que la reprise mondiale devrait se poursuivre : les marchés émergents (ME) continueront leur expansion pour atteindre une croissance supérieure à la moyenne, suivis immédiatement des marchés développés, qui se rapprocheront d’une croissance moyenne. Du côté des régions développées, l’Europe est à la traîne en raison du resserrement des mesures de confinement qui font suite à la deuxième vague d’infection.

Figure 1 : Selon les indicateurs avancés et la confiance des marchés, la reprise mondiale se poursuit malgré la hausse des taux d’infection et le reconfinement dans plusieurs régions.

Sources : Bloomberg L.P., MSCI, Citi, Barclays, JPMorgan ainsi que la recherche et les calculs d’Invesco Investment Solutions, de janvier 1992 à décembre 2020. L’indicateur du cycle d’appétit pour le risque mondial (GRACI) est une mesure exclusive de l’humeur des marchés à l’égard du risque. Un indicateur supérieur (ou inférieur) à zéro signifie que l’humeur à l’égard du risque est supérieure (ou inférieure) à la moyenne.

Positionnement des placements

Malgré les fluctuations importantes sur les marchés financiers à l’échelle mondiale, nous n’avons apporté aucun changement important à notre répartition des actifs pour décembre. Nous croyons que la reprise mondiale se poursuivra et que le contexte sera généralement favorable aux primes sur les actions et les titres de créance, les facteurs cycliques et les actifs à risque.

Nous maintenons une position plus risquée que celle de l’indice de référence1 dans notre modèle de répartition tactique mondiale de l’actif, grâce à la surpondération des actions et des titres de créance au détriment des obligations d’État. En particulier :

Du côté des actions,nous avons un fort penchant pour les marchés émergents par rapport aux marchés développés, compte tenu des conditions cycliques favorables, de l’appétit croissant pour le risque, des évaluations intéressantes pour les actifs locaux et de la dépréciation du dollar américain. Nous maintenons une pondération neutre des actions américaines par rapport aux actions de pays développés hors États-Unis. Cette décision s’explique par le changement adopté lors de notre dernière mise à jour, qui faisait suite à la faiblesse de l’élan de croissance observée en Europe. Soulignons toutefois le rendement nettement supérieur des actions européennes le mois dernier, qui est attribuable selon nous aux « caractéristiques axées sur la valeur » de ce marché par rapport aux États-Unis et qui a été porté par le virage de style de placement, abordé plus tôt. Nous tenons compte de ce changement de thème dans les actions américaines et maintenons nos penchants pour les facteurs de la valeur et de la (petite) taille, au détriment des actions de qualité peu volatiles et axées sur le momentum (figure 3).

En ce qui concerne les titres à revenu fixe, nous continuons de surpondérer les titres de créance américains à rendement élevé et les titres de créance souverains des marchés émergents libellés en dollars, et ce, au détriment des obligations de sociétés de qualité supérieure et des obligations d’État. Malgré le recul constant des écarts depuis mars, nous demeurons optimistes à l’égard des titres de créance à risque. À mesure que le cycle évolue, en passant du mode reprise au mode expansion, la volatilité sur les marchés financiers aura tendance à reculer. Ainsi, la principale motivation des placements dans des titres de créance ne sera plus l’appréciation du capital (c’est-à-dire la compression des écarts), mais bien la production de revenus. Enfin, nous privilégions les titres du Trésor américain par rapport aux obligations d’État d’autres marchés développés. Dans l’ensemble, nous surpondérons le risque de crédit2 et nous adoptons une durée relativement inférieure à celle de l’indice de référence.

Sur les marchés des changes, nous maintenons la surpondération des devises en prévision d’une dépréciation à long terme du dollar américain. Ailleurs sur les marchés développés, nous privilégions l’euro, le dollar canadien et la couronne norvégienne. Sur les marchés émergents, nous privilégions la roupie indienne, la roupie indonésienne et le rouble russe.

Figure 2 : Répartition tactique relative des actifs


Source : Invesco Investment Solutions, 30 novembre 2020. À titre d’illustration seulement. MD = marchés développés.

Figure 3 : Expositions aux facteurs selon le mode des marchés – Comparaison entre le modèle dynamique (zones ombragées) et l’indice de référence (zones en noir)

À titre d’illustration seulement. Invesco, indice de référence (indice Russell 1000), modèle dynamique (modèle multifactoriel dynamique des actions américaines à grande capitalisation), du 31 janvier 1989 au 30 juin 2020. Les données sont les plus récentes disponibles. Les toiles d’araignée des quatre modes de marché reflètent les expositions aux facteurs derrière les rendements excédentaires par rapport à l’indice de référence.

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Renseignements importants

Image de l’en-tête du blogue : Gokhun Guneyhan / Unsplash

La courbe des taux présente, à un moment précis dans le temps, les taux d’obligations de qualité égale, mais assorties de dates d’échéance différentes, afin de prévoir l’évolution des taux d’intérêt et de l’activité économique.

L’indice Russell 1000®, marque de commerce ou marque de service de Frank Russell Co.®, est un indice non géré considéré comme représentatif des actions à grande capitalisation.

L’indice MSCI Monde tous pays est un indice non géré considéré comme représentatif des actions à moyenne et à grande capitalisation de l’ensemble des marchés développés et émergents. L’indice est calculé en fonction du rendement net, déduction faite des impôts applicables aux investisseurs non-résidents.

L’indice Bloomberg Barclays Global Aggregate Bond est un indice non géré considéré comme représentatif des marchés mondiaux des obligations à taux fixe de qualité supérieure.

Un style d’investissement valeur est soumis au risque que les valorisations ne s’améliorent pas ou que les rendements soient inférieurs à ceux d’autres styles de placement ou de l’ensemble des marchés boursiers.

Les risques liés aux placements dans des titres d’émetteurs étrangers, y compris sur les marchés émergents, peuvent inclure les fluctuations de change, l’instabilité économique et politique et les particularités fiscales des pays étrangers.

Les actions des sociétés à petite et moyenne capitalisation ont tendance à être davantage exposées aux changements défavorables et peuvent être plus volatiles ou moins liquides, ou être soumises à des restrictions relativement à leur revente.

Les placements en titres à revenu fixe sont exposés au risque de crédit de l’émetteur et subissent les effets des variations de taux d’intérêt. Les cours des obligations baissent généralement lorsque les taux d’intérêt augmentent, et vice versa; c’est ce qu’on appelle le risque de taux d’intérêt. Un émetteur peut se retrouver dans l’incapacité de payer les intérêts ou de rembourser le capital, ce qui entraîne une baisse de la valeur de ses titres et de sa cote de crédit.

Les obligations spéculatives comportent un risque plus élevé de défaut ou de fluctuation de prix en raison des variations de la cote de solvabilité de l’émetteur. La valeur des obligations de piètre qualité fluctue davantage que celle des obligations de grande qualité et peut subir de fortes baisses sur de courtes périodes.

De façon générale, la valeur des actions fluctue, parfois beaucoup, à la suite d’activités propres à la société concernée ou en fonction des conditions du marché ou de l’économie ou de la situation politique.