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Alessio de Longis | 22 novembre 2021

Répartition tactique de l’actif – Novembre 2021

Selon Alessio de Longis, la dynamique actuelle des marchés cadre avec l’anticipation d’un cycle de resserrement de courte durée et d’un retour à une faible croissance et à une faible inflation qui sont caractéristiques de la conjoncture depuis la grande crise financière. Notre cadre d’analyse laisse encore entrevoir un régime d’expansion. Cependant, la forte réévaluation des attentes à l’égard de la politique monétaire et l’aplatissement des courbes de taux mondiales nous rappellent qu’il y a un risque accru de ralentissement en 2022.

Le point sur la situation macroéconomique

Les indicateurs économiques avancés continuent de décroître à un rythme modéré dans l’ensemble des régions. Aux États-Unis, la faiblesse se manifeste surtout dans les enquêtes sur la confiance des consommateurs, tandis que les résultats des enquêtes auprès des entreprises, l’activité manufacturière et les indicateurs relatifs à l’habitation demeurent résilients.

Dans la zone euro et au Royaume-Uni, l’anticipation d’un ralentissement de la demande manufacturière, l’augmentation des stocks et le manque de confiance des consommateurs viennent confirmer le ralentissement observé ces derniers mois.

Même si l’activité en Chine ralentira quelque peu à court terme, la tendance négative qui se dégage des résultats des enquêtes dans les secteurs manufacturier et immobilier est en train de se dissiper, ce qui indique une certaine stabilisation, tandis que les conditions monétaires et de crédit s’améliorent peu à peu.

Notre cadre d’analyse macroéconomique laisse encore entrevoir un régime d’expansion, avec une activité économique mondiale supérieure à la normale à long terme et une amélioration de l’appétit pour le risque (figures 1a, 1b et 2).

Figure 1a : Le cadre d’analyse macroéconomique laisse prévoir un régime d’expansion et la Chine amorce sa reprise

Sources : Bloomberg L.P., Macrobond et recherche et calculs d’Invesco Investment Solutions. Indicateurs économiques avancés exclusifs d’Invesco Investment Solutions. Données des régimes macroéconomiques au 31 octobre 2021. Les indicateurs économiques avancés sont des mesures exclusives et prospectives du niveau de croissance économique. L’indicateur du cycle d’appétit pour le risque mondial (GRACI) est une mesure exclusive de l’humeur des marchés à l’égard du risque.

Figure 1b : Les indicateurs économiques avancés continuent de décroître à un rythme modéré dans l’ensemble des régions

Sources : Bloomberg L.P., Macrobond et recherche et calculs d’Invesco Investment Solutions. Indicateurs économiques avancés exclusifs d’Invesco Investment Solutions. Données des régimes macroéconomiques au 31 octobre 2021. Les indicateurs économiques avancés sont des mesures exclusives et prospectives du niveau de croissance économique. L’indicateur du cycle d’appétit pour le risque mondial (GRACI) est une mesure exclusive de l’humeur des marchés à l’égard du risque.

Figure 2 : L’appétit pour le risque continue d’augmenter à l’échelle mondiale

Sources : Bloomberg L.P., MSCI, FTSE, Barclays et J.P. Morgan, et recherche et calculs d’Invesco Investment Solutions, du 1er janvier 1992 au 31 octobre 2021. L’indicateur économique avancé mondial est une mesure exclusive et prospective du niveau de croissance de l’économie. Un résultat supérieur (inférieur) à 100 pour l’indicateur économique avancé mondial signale une croissance supérieure (inférieure) à la moyenne à long terme. L’indicateur du cycle d’appétit pour le risque mondial (GRACI) est une mesure exclusive de l’humeur des marchés à l’égard du risque. Un résultat supérieur (inférieur) à zéro indique une compensation positive (négative) pour la prise de risque sur les marchés financiers mondiaux récemment. Les rendements passés ne sont pas garants des résultats futurs. À titre d’illustration seulement.

La réévaluation des attentes à l’égard de la politique monétaire survenue au cours des dernières semaines aussi bien dans les marchés développés que dans les marchés émergents est impressionnante et le signe que les participants au marché partagent l’opinion selon laquelle les cycles de resserrement imminents seront probablement marqués dans leur phase initiale et de courte durée. Les attentes quant aux relèvements de taux ont augmenté de manière appréciable, à cause d’une inflation supérieure à la cible et des préoccupations persistantes concernant les goulots d’étranglement des chaînes d’approvisionnement. L’orientation actuelle de la politique monétaire des banques centrales est mise à rude épreuve.

Aux États-Unis, les marchés obligataires prévoient un premier relèvement de taux au milieu de 2022, soit beaucoup plus tôt que les projections actuelles de la Réserve fédérale américaine (la Fed).
La Banque du Canada a mis fin prématurément à ses mesures d’assouplissement quantitatif, et les marchés obligataires locaux s’attendent à deux hausses de taux en l’espace d’un an. La Banque de réserve d’Australie a abandonné sa stratégie de contrôle de la courbe des taux, laissant les taux des obligations à 2 ans augmenter à 80 points de base (pb), alors que sa cible est de 10 pb1. La forte réévaluation a également touché les courbes de taux en Europe et au Royaume-Uni1.

Cette réévaluation n’a pas donné lieu à une hausse des taux obligataires à long terme, comme on aurait pu s’y attendre. Les courbes de taux se sont plutôt fortement aplaties, les taux à long terme étant restés inchangés ou ayant diminué au cours des derniers mois. Cette dynamique cadre avec l’anticipation d’un cycle de resserrement de courte durée et d’un retour à une faible croissance et à une faible inflation qui sont caractéristiques de la conjoncture depuis la grande crise financière, où le point d’équilibre des taux d’intérêt demeure bas.

Des pressions baissières sur les taux obligataires à long terme sont un indicateur d’une tendance persistante à l’épargne par précaution dans le secteur privé. La demande de crédit demeure faible malgré l’abondance du crédit disponible et la souplesse des conditions financières. Jusqu’ici, la forte croissance de la masse monétaire au cours des dernières années est canalisée vers les actifs financiers plutôt que vers la consommation et les investissements.

Comme l’illustre la figure 3, les actifs financiers détenus par les banques américaines (principalement des titres du Trésor américain et d’organismes) ont augmenté de plus de 20 % sur un an, tandis que la croissance des prêts est stable2. Alors que la stimulation budgétaire commencera à diminuer en 2022, la demande du secteur privé devra prendre le relais, mais les données économiques à ce jour laissent présager une difficile transition. Les courbes de taux évoluent en conséquence.

Figure 3 : La masse monétaire aux États-Unis a été canalisée par les bilans des banques vers les marchés obligataires plutôt que vers la croissance des prêts, car la demande de crédit reste faible

Sources : Réserve fédérale américaine et Bloomberg L.P, au 31 octobre 2021. Le bilan des banques est constitué d’actifs, comme des réserves, des prêts et des titres, et de passifs comme des dépôts et d’autres dettes dues.

Même si le régime d’expansion persiste, la tournure des événements accroît la probabilité de l’atteinte d’un sommet cyclique à court terme. Lorsque les investisseurs partout dans le monde commenceront à faire peu de cas d’un ralentissement plus généralisé de la croissance dans les marchés de titres à revenu fixe et les marchés boursiers, notre cadre d’analyse s’orientera vers une répartition plus défensive de l’actif.

Positionnement des placements

  • En ce qui concerne les actions, nous privilégions les marchés émergents, compte tenu de leur croissance mondiale supérieure à la normale, de la progression de l’appétit pour le risque et de l’évaluation élevée du dollar américain, facteurs qui soutiennent habituellement les bénéfices et les cours boursiers à l’extérieur des États-Unis à moyen terme. Nous continuons de privilégier les facteurs de la (petite) taille et de la valeur dans toutes les régions. De plus, nous penchons pour le facteur du momentum, qui s’applique actuellement aux actions de valeur et à petite capitalisation, ce qui concentre les risques dans les facteurs cycliques et réduit la diversification du portefeuille par rapport aux dernières années. (Figures 4 et 5)
  • Du côté des titres à revenu fixe, nous privilégions les titres de créance risqués malgré les écarts de taux serrés, parce que nous sommes en quête de revenu dans un contexte de faible volatilité. Nous surpondérons les obligations à rendement élevé, les prêts bancaires et les titres de créance des marchés émergents au détriment des titres de créance de catégorie investissement et des obligations d’État. Nous préférons les obligations du Trésor américain aux obligations d’État des autres pays développés en raison de leurs taux plus avantageux. (Figure 4)
  • Sur les marchés des changes, nous avons réduit davantage l’exposition aux devises et surpondéré le dollar américain, car la croissance décevante sur les marchés développés à l’extérieur des États-Unis pose un certain risque à court terme pour les devises malgré les évaluations attrayantes. Du côté des marchés développés, nous privilégions l’euro, le yen, le dollar canadien, le dollar de Singapour et la couronne norvégienne, tandis que nous sous-pondérons la livre sterling, le franc suisse et le dollar australien. Sur les marchés émergents, nous préférons les monnaies à rendement élevé dont l’évaluation est intéressante, comme le rouble russe, la roupie indienne, la roupie indonésienne et le réal brésilien.

Figure 4 : Répartition tactique relative des actifs

Source : Invesco Investment Solutions, 31 octobre 2021. MD = marchés développés. MÉ = marchés émergents. FX = change. À titre d’illustration seulement.

Figure 5 : Positionnement sectoriel tactique

Source : Invesco Investment Solutions, 31 octobre 2021. Répartition sectorielle dérivée de la répartition par facteur et par style. À titre d’illustration seulement.

1 Données en date du  1er novembre 2021.

2 Source : Réserve fédérale américaine, Assets and Liabilities of Commercial Banks in the United States – H.8, 29 octobre 2021

NA1916696

Renseignements importants

Image de l’en-tête : Pansfun Images / Stocksy

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Comme le montre notre recherche précédente, nous définissons les quatre étapes du cycle économique en fonction du niveau prévu et de l’évolution de la croissance économique : la reprise, lorsque la croissance est inférieure à la tendance et s’accélère; l’expansion, lorsque la croissance est supérieure à la tendance et s’accélère; le ralentissement, lorsque la croissance est supérieure à la tendance et ralentit; la contraction, lorsque la croissance est inférieure à la tendance et ralentit.

L’assouplissement quantitatif est une politique monétaire utilisée par les banques centrales pour stimuler l’économie lorsque la politique monétaire traditionnelle est devenue inefficace.
La taille (dans le contexte des placements factoriels) s’entend du potentiel de rendement supérieur par rapport à l’indice de référence associé aux actions de sociétés relativement plus petites dans l’univers envisagé.

La valeur (dans le contexte des placements factoriels) s’applique aux placements qui se négocient à escompte par rapport à des titres semblables, en fonction de mesures comme la valeur comptable, les bénéfices ou les flux de trésorerie.

Le momentum (dans le contexte des placements factoriels) s’entend du repérage de placements qui affichent un momentum positif (rendements récents solides) ou négatif (rendements récents faibles) afin de calibrer l’exposition du portefeuille à l’un ou l’autre.

L’écart représente la différence entre deux valeurs ou deux rendements d’actifs.

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Les risques liés aux placements dans des titres d’émetteurs étrangers, y compris sur les marchés émergents, peuvent inclure les fluctuations de change, l’instabilité économique et politique et les particularités fiscales des pays étrangers.

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Un émetteur peut se retrouver dans l’incapacité de payer les intérêts ou de rembourser le capital, ce qui entraîne une baisse de la valeur de ses titres et de sa cote de crédit.

Les obligations spéculatives comportent un risque plus élevé de défaut ou de fluctuation de prix en raison des variations de la cote de solvabilité de l’émetteur. La valeur des obligations spéculatives fluctue davantage que celle des obligations de grande qualité et peut subir de fortes baisses sur de courtes périodes.

Les émetteurs de titres de créance souverains ou les autorités gouvernementales qui contrôlent le remboursement peuvent être incapables ou réticents à rembourser le capital ou les intérêts lorsqu’ils sont dus, et le Fonds peut avoir un recours limité en cas de défaut. Certains débiteurs gouvernementaux pourraient être en mesure de reporter les paiements de remboursement ou de restructurer leurs dettes ou de déclarer un moratoire sur les paiements, et ce, sans l’approbation des détenteurs de titres de créance.

La valeur en dollars des placements étrangers est tributaire des variations du taux de change entre le dollar et la devise dans laquelle ces placements sont négociés.

Les actions de petites et moyennes entreprises ont tendance à être davantage exposées aux changements défavorables et peuvent être plus volatiles ou moins liquides, ou être soumises à des restrictions relativement à leur revente.

Dans le cas d’un placement de style valeur, il existe un risque que les évaluations ne s’améliorent pas ou que les rendements soient inférieurs à ceux d’autres styles de placement ou de l’ensemble des marchés boursiers.

Rien ne garantit que ces prévisions ou ces perspectives se révéleront exactes.

Les opinions mentionnées ci-dessus sont celles des auteurs en date du 10 novembre 2021.

Les commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration de thèmes généraux. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas les résultats futurs. Ils comprennent des risques, des incertitudes et des hypothèses; il n’est pas garanti que les résultats réels ne seront pas considérablement différents des attentes.