Blogue Invesco Canada

Perspectives, commentaire et expertise de placement

Richard Nield | 9 juillet 2020

Réponses à vos questions sur les actions internationales

J’ai récemment participé à un webinaire pour donner mon point de vue sur l’univers des actions internationales. En tant que membre de l’équipe de croissance internationale et mondiale d’Invesco, j’examine les sociétés individuellement, en concentrant mon analyse sur leurs bénéfices, leur qualité et leur évaluation (BQÉ).

Au cours du webinaire, nous avons reçu un certain nombre de questions auxquelles je n’ai pas pu répondre dans le temps alloué, mais je serai heureux de vous faire part de mes réflexions ici.

 

Q1 : Pouvez-vous nous faire part de vos réflexions sur le fonds de relance européen mis en place par les gouvernements français et allemand? Croyez-vous qu’il s’agira d’un moment décisif pour la zone euro en matière de croissance?

R : L’Allemagne et la France ont pris les devants avec le fonds de relance européen, un énorme fonds d’environ 750 G€ conçu pour aider l’Europe à se remettre de la pandémie de coronavirus. L’Espagne et l’Italie ont été particulièrement touchées et le plan prévoit des moyens pour que le sud de l’Europe reçoive une remise de dette.

Le fonds sera composé d’une combinaison de subventions et de prêts; les fonds seront mobilisés sur les marchés financiers et remboursés sur 30 ans à compter de 2028 – en partie au moyen de nouvelles taxes (c.-à-d. une taxe sur le carbone, une taxe sur les sociétés numériques et une taxe sur le plastique non recyclé). Le budget doit encore être approuvé par tous les États membres, donc de nombreuses négociations devraient se poursuivre en vue de l’entrée en vigueur du fonds en 2021. Cette situation devrait être perçue favorablement par les actions européennes, car elle constituera probablement un important stimulant pour la région.

L’Europe pourrait connaître une reprise économique plus modeste que celle de l’Amérique du Nord, car elle doit encore mettre en œuvre des réformes pour surmonter certains obstacles structurels à la croissance. Toutefois, les évaluations relatives en Europe semblent attrayantes, les attentes sont faibles et l’effet de levier est plus cyclique pour une augmentation des échanges commerciaux et une reprise économique d’après la récession. Le fonds de relance européen pourrait stimuler la croissance, contribuant ainsi à redonner confiance aux investisseurs et à améliorer les flux de capitaux en Europe. La région offre un vaste univers de sociétés de croissance de qualité ayant un profil « BQÉ » favorable. Je soupçonne que la période qui suivra le Brexit et la dépréciation du dollar américain pourraient représenter d’autres facteurs positifs.

 

Q2 : Que pensez-vous des actions productrices de revenus, comme les FPI ou les banques canadiennes? Les dividendes sont-ils un signe de vigueur ou une forme de mauvaise répartition du capital (c.-à-d., préféreriez-vous investir dans des sociétés qui réinvestissent leurs liquidités excédentaires pour favoriser la croissance)?

R : L’objectif énoncé du Fonds de croissance international Invesco est la croissance du capital à long terme, donc le revenu de dividendes ne fait pas partie de la recette. Par le passé, le rendement en dividendes du portefeuille a généralement été inférieur à celui de l’indice MSCI EAEO (actuellement 2,5 % contre 3,0 %), ce qui explique en partie la sous-pondération de certains des secteurs à rendement supérieur. Par exemple, le portefeuille sous-pondère l’immobilier, les services publics, l’énergie et les matériaux (ensemble, 3 % contre 18 % pour l’indice MSCI EAEO), car la plupart des sociétés ne partagent pas notre philosophie de placement à l’égard de la répartition du capital et des bilans solides. De nombreuses sociétés de ces secteurs ont tendance à afficher des ratios d’endettement plus élevés, ce qui va à l’encontre de la composante « Q » de notre approche « BQÉ », qui est plus prudente et équilibrée. Le Fonds de croissance international et la Catégorie de croissance internationale emploient une stratégie « hors Canada », de sorte que le portefeuille n’investit pas dans les banques canadiennes ni dans l’ensemble du Canada.

Le « B » de notre processus « BQÉ » représente la croissance durable à long terme. Nous préférons donc investir dans des sociétés qui répartissent leurs capitaux prudemment et qui les réinvestissent en vue d’une croissance future. Cela dit, nous avons tendance à investir dans des sociétés mieux établies, car elles versent des dividendes. Toutefois, il ne s’agit pas de la principale raison pour laquelle nous investissons dans ces sociétés.

 

Q3 : En raison de l’accent mis sur les problèmes commerciaux entre les États-Unis et la Chine, la Chine continue de conclure beaucoup d’affaires avec l’Union européenne, le Japon, etc. Que pensez-vous des actions chinoises?

R : Au 31 mai 2020, le portefeuille était composé à environ 10 % de titres chinois. Cette exposition a augmenté au cours des deux dernières années, car nous avons profité de la volatilité du marché pour établir plusieurs nouvelles positions. Fait intéressant, le marché chinois a été l’un des marchés boursiers mondiaux les plus résilients au premier trimestre de 2020, ayant amorcé la crise du coronavirus plus tôt et s’y étant attaqué plus énergiquement que la plupart des autres pays.

La Chine a récemment connu une économie à « deux vitesses », le marché de la consommation s’étant mieux comporté que le secteur manufacturier (qui a été touché par les frictions commerciales avec les États-Unis). Les consommateurs ont été touchés par le coronavirus, mais à long terme, ils devraient continuer de profiter de la volonté du gouvernement de passer d’une économie fondée sur les exportations à une économie qui repose sur la consommation. La Chine est un chef de file mondial du commerce électronique, ce qui est conforme aux objectifs du gouvernement en matière de technologies et d’innovation.

L’exposition de notre portefeuille aux sociétés ayant un profil « BQÉ » favorable en Chine est fortement axée sur la dynamique attrayante de la consommation en matière de croissance à long terme. Notamment, les placements comprennent Alibaba Group (société qui se spécialise dans le commerce électronique, le commerce de détail, l’Internet et les technologies), Yum China (entreprise de premier plan du segment des chaînes de restauration rapide, dont KFC) et les achats récents, au premier trimestre de 2020, de China Mengniu Dairy (chef de file dans la fabrication et la distribution de produits laitiers de qualité) et de Tencent (société de premier ordre du domaine des jeux vidéo et des médias sociaux).

En revanche, nous n’avons pas de placements dans les banques chinoises; même si leurs évaluations semblent bon marché, nous avons des réserves à l’égard d’éventuels enjeux liés à la gouvernance, de l’influence du gouvernement et de la possibilité de pertes sur prêts sans réserves suffisantes.

 

Q4 : Bien que la Chine soit toujours sous les projecteurs, que pensez-vous des actions indiennes?

R : Jusqu’au premier trimestre de 2020, nous n’avions pas de placements en Inde, et ce, depuis de nombreuses années. La principale raison en a été la composante « É » de notre approche « BQÉ ». Même si le marché indien comprend des sociétés de croissance de qualité (dont les composantes « B » et « Q » sont satisfaites), ces actions ont tendance à se vendre à des niveaux d’évaluation qui, selon nous, ne présentaient pas un profil risque-rendement intéressant. Cela dit, nous avons récemment établi une position dans HDFC Bank durant le délestage marqué du marché lié au coronavirus au premier trimestre de 2020. Il s’agissait d’une bonne occasion d’acheter l’action à un niveau d’évaluation beaucoup plus intéressant que celui qui était affiché depuis un certain temps.

HDFC Bank est le plus important prêteur du secteur privé en Inde, comptant environ 5 000 succursales. Nous croyons qu’il s’agit de la meilleure banque de sa catégorie et qu’elle est une franchise très intéressante au sein d’un système bancaire dominé par de grandes banques d’État mal gérées. De plus, le marché indien présente un potentiel de croissance à long terme intéressant, étant donné que la population du pays est jeune, et le taux de pénétration des services bancaires et du crédit est faible. Notre liste de surveillance d’actions indiennes comprend d’autres sociétés, mais comme dans le cas de HDFC Bank, nous resterons patients et fidèles à la méthode d’évaluation rigoureuse de notre approche « BQÉ ».

 

Q5 : Pouvez-vous donner plus de détails sur le secteur de l’industrie, qui représente la plus forte exposition absolue et relative du Fonds?

Au 31 mai 2020, l’industrie affichait une pondération de 23 % dans le portefeuille (comparativement à 15 % pour l’indice MSCI EAEO). Ce dernier comprenait 15 différents placements dans ce secteur, lesquels ont tous été sélectionnés selon notre processus « BQÉ » ascendant, plutôt que selon une analyse descendante. Il convient de noter que le secteur de l’industrie comprend un éventail très diversifié de sociétés et de secteurs, de sorte qu’il n’est pas seulement dominé par les sociétés plus cycliques auxquelles on peut s’attendre intuitivement. Voici quelques-uns de nos placements actuels dans le secteur de l’industrie :

Le placement le plus important du portefeuille est DCC (R.-U.), un placement à moyenne capitalisation et à long terme. Il s’agit d’un distributeur (principalement de gaz de pétrole liquéfié, de carburants et d’huiles) dont les revenus sont prévisibles à environ 80 %, ce qui est beaucoup moins cyclique qu’on ne l’aurait cru. Parmi les autres placements existent Wolters Kluwer (Pays-Bas) et RELX (Royaume-Uni.), qui fournissent des services d’information mondiaux pour les marchés finaux professionnels (p. ex., des services juridiques, comptables et médicaux). Ceux-ci sont passés du format imprimé au format numérique et leurs modèles d’abonnement offrent d’importants revenus récurrents. Encore une fois, ils sont moins cycliques et peu sensibles aux fluctuations économiques. Nous détenons également deux titres japonais (FANUC et SMC), qui sont les principaux bénéficiaires de la tendance croissante à l’automatisation et à la robotique, car les sociétés cherchent à réduire leurs coûts et à accroître leur efficacité. Homeserve (Royaume-Uni) est un autre bon exemple de la diversité du secteur de l’industrie. Il s’agit d’une société britannique à moyenne capitalisation qui offre des garanties de logements et des services de réparation d’urgence au Royaume-Uni, en France, en Espagne, au Canada et au Japon.

S'abonner au blogue

Abonnez-vous pour être informé sur la publication de : *


Voulez-vous vous abonner an anglais?

Abonnez-vous pour recevoir des courriels d’Invesco Canada Ltée au sujet de ce blogue. Pour vous désabonner, veuillez nous envoyer un courriel à blog@invesco.ca ou communiquez avec nous.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur en date du 30 juin 2020. Les commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration de thèmes généraux. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas les résultats futurs. Ils comprennent des risques, des incertitudes et des hypothèses. Il n’est pas garanti que les résultats réels ne seront pas considérablement différents des attentes. Le présent document ne constitue pas une recommandation d’une stratégie ou d’un produit de placement destinés à un investisseur en particulier. Les opinions exprimées dans ce document sont celles de l’auteur; elles sont fondées sur les conditions de marché actuelles et peuvent changer sans préavis. Ces opinions peuvent différer de celles des autres spécialistes des placements d’Invesco.