Blogue Invesco Canada

Perspectives, commentaire et expertise de placement

Talley Léger | 24 juillet 2020

Réponses aux questions urgentes des investisseurs

Récemment, des clients se sont joints à nous pour une discussion sur les occasions de placement à l’échelle mondiale, dans une situation où, d’un point de vue technique, les actions américaines sont surachetées. Dans ce blogue, nous partageons nos points de vue sur les risques et les occasions que présentent les actions internationales.

 

Du point de vue des valorisations, dans quelles régions et quels pays voyez-vous le plus de risques et d’occasions? Qu’en est-il des États-Unis et du Canada?

Après un délestage très rapide et un rebond subséquent en forme de V, les actions américaines se sont étonnamment raccrochées à leur statut de segment du marché surévalué, sinon le plus surévalué, des pays développés. En effet, en ce qui concerne les ratios cours/chiffre d’affaires (ratio C/CA), les actions américaines et des marchés développés se négocient à prime importante par rapport à celles de l’indice de référence mondial et aux données historiques. Selon nous, le soutien politique sans précédent a encouragé les investisseurs à prendre des risques extrêmes, ce qui a donné lieu à une surévaluation des actions américaines.

À l’autre extrémité du spectre des valorisations, la sous-performance structurelle des actions chinoises et des marchés émergents (MÉ) – jusqu’à récemment – a entraîné le resserrement des ratios C/CA, les actions se négociant à un cours nettement inférieur par rapport à celles de l’indice mondial et aux données historiques. De toute évidence, l’Europe et le Canada sont des régions économiques développées. Toutefois, les actions européennes et canadiennes se négocient à escompte, comme celles de la Chine et des MÉ.

Même si les valorisations constituent un bon point de départ pour une thèse de placement, elles ne suffisent pas à elles seules. En effet, les valorisations peu élevées nécessitent des catalyseurs pour libérer les occasions potentielles reflétées dans les cours d’une action. Sur ce terrain, les indicateurs avancés de l’activité économique dans les pays émergents, en particulier en Chine et en Corée du Sud, résistent mieux que ceux des pays développés, y compris des États-Unis, de l’Europe, du Japon et du Canada.

Nous sommes d’avis que les actions des MÉ offrent des occasions exceptionnelles à un moment où de nombreuses économies émergentes, en particulier l’Asie hors Japon, commencent à se redresser après « l’arrêt soudain » des activités lié au virus. Les valorisations attrayantes et l’amélioration de la croissance économique pourraient contribuer à libérer le potentiel de rendement des actions des MÉ et, jusqu’à présent, elles semblent porter leurs fruits.

Figures 1 et 2. La situation varie d’une région et d’un pays à l’autre. Aux fins de sélectivité, envisager de cibler les entreprises à faibles valorisations et en forte croissance plutôt que les sociétés chères et moins dynamiques, toutes régions confondues.

Sources : Bloomberg L.P., Haver et Invesco, 1er juillet 2020. Remarques : Ratio C/CA = ratio cours/chiffre d’affaires. Classement de gauche à droite : du ratio le plus supérieur au plus inférieur. MTP = Monde tous pays. UE = Union européenne. Indice composé des directeurs d’achats de l’UE hors Royaume-Uni = France, Allemagne, Irlande, Italie et Espagne. Les indices de diffusion possèdent les propriétés des indicateurs avancés et sont des mesures synthétiques pratiques qui montrent l’orientation et la portée des changements en cours*. Il est impossible d’investir dans un indice. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs.

 

Les sociétés américaines sont fortement exposées aux marchés internationaux. Les actions américaines n’offrent-elles pas aux investisseurs une diversification internationale suffisante?

Contrairement à l’opinion généralement reçue, les sociétés américaines ne sont pas celles qui sont les plus exposées aux marchés mondiaux. En fait, les sociétés américaines ont le plus faible niveau d’exposition international de tous les principaux marchés développés que nous suivons, la part de leurs revenus internationaux représentant 39 % de leurs revenus totaux. Certains seront peut-être surpris d’apprendre que la part des revenus internationaux des sociétés françaises représente 82 % de leurs revenus totaux!

Il est vrai qu’il est difficile de déterminer le niveau d’exposition international d’un investisseur sans connaître plusieurs choses à son sujet, notamment sa tolérance au risque, ses objectifs, l’étape de sa vie et sa date de retraite prévue.

Cela dit, il existe une façon simple d’évaluer si vous détenez suffisamment d’actions internationales. Selon nous, se servir de la pondération de l’indice MSCI États-Unis dans l’indice MSCI Monde tous pays est un bon point de départ pour procéder à l’analyse comparative de votre diversification internationale. Les actions américaines représentent 58 % de l’indice boursier mondial, ce qui signifie que les actions autres qu’américaines représentent 42 % du marché boursier mondial.

De nombreux investisseurs sont surpris d’apprendre que les actions autres qu’américaines représentent près de la moitié d’un portefeuille d’actions mondiales à gestion passive (lié à l’indice). De plus, ce qu’ils croyaient être une pondération généreuse des actions internationales, habituellement 25 %, est bien en deçà de celle de l’indice de référence mondial.

Aussi audacieux que cela puisse paraître, le fait est qu’une répartition en actions internationales égale à la pondération qu’elle a dans l’indice de référence mondial exprimerait une position neutre à l’égard de cette catégorie d’actif.

 

Figures 3 et 4. Les sociétés américaines ont le plus faible niveau d’exposition international de tous les principaux marchés développés.

Sources : FactSet et Invesco, 17 juillet 2020. Remarques : Il est impossible d’investir dans un indice. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs.

 

Rétrospectivement, quel a été le coût de l’arrêt de l’activité et quelle incidence a-t-elle pu avoir sur les bénéfices de l’indice S&P 500 du deuxième trimestre?

Bien qu’il puisse sembler difficile de quantifier l’impact de la COVID-19 sur les bénéfices et le coût de l’arrêt de l’activité, nous croyons qu’il est possible de le faire.

Tout d’abord, nous avons besoin d’une base de référence pour le bénéfice par action (BPA) d’exploitation des 12 derniers mois de l’indice S&P 500 du 2e trimestre 2020, que nous supposons être de 121 $. Ensuite, nous avons devons calculer les gains hebdomadaires (121 $ / 52 = 2,32 $).

Nous devons maintenant deviner combien de sociétés ont arrêté leurs activités. Il est évident que toutes les entreprises n’étaient pas inactives pendant l’arrêt conjoncturel liée au virus. En fait, certaines sociétés en ont tiré un énorme profit dans les secteurs des soins de santé, des biens de consommation de base, de la technologie et des communications. Supposons naïvement que la moitié des entreprises étaient inactives (2,32 $ / 2 = 1,16 $).

Pour finir, nous érodons la base de référence par le manque à gagner de ces entreprises sur une période de 12 semaines d’arrêt (1,16 $ x 12 = 14 $). En d’autres termes, nous soupçonnons que les bénéfices de l’indice S&P 500 du 2e trimestre 2020 soient inférieurs de 14 $ aux estimations des analystes, ce qui équivaudrait à 107 $, soit une baisse de 31 % par rapport aux niveaux de l’année précédente.

 

Figure 5. Nous soupçonnons que les bénéfices de l’indice S&P 500 du 2e trimestre 2020 soient inférieurs de 14 $ aux estimations des analystes.

Source : Standard & Poor’s, Invesco, 17 juillet 20. Remarques : Résultat d’exploitation par action = Revenu tiré des produits (biens et services), à l’exclusion des éléments d’entreprise (fusions et acquisitions, financement et licenciements) et des éléments inhabituels, divisé par le nombre total d’actions en circulation. Les bénéfices sont exprimés en dollars américains. Il est impossible d’investir dans un indice.

Bien que cette méthode soit simpliste, il convient de noter que le BPA d’exploitation de l’indice S&P 500 du 1er trimestre 2020 s’est établi à 139 $, soit une chute de -9 % en glissement annuel, à peine 3 $ de moins que notre simulation de 142 $, ou -7 % en glissement annuel. Comme nous l’avions prévu, il semble qu’une récession des bénéfices du marché large ait débuté au premier trimestre de l’année, qui devrait être suivie selon nous de baisses beaucoup plus importantes au cours des prochains trimestres.

Malgré la popularité des bénéfices, nous soulignons qu’il s’agit de variables trimestrielles décalées, alors que les actions sont des variables en temps réel des marchés financiers et représentent des indicateurs économiques avancés qui devancent les caractéristiques fondamentales de 3 à 6 mois. Autrement dit, examiner les bénéfices du deuxième trimestre – alors que nous sommes déjà au troisième trimestre – revient à conduire une voiture à reculons tout en regardant dans le rétroviseur.

 

Selon vous, comment se comporteront les actions des secteurs des matériaux et des produits de base durant la pandémie de COVID-19?

Nous nous attendons à ce que les actions du secteur des matériaux affichent des rendements supérieurs à l’ensemble du marché, compte tenu du soutien synchronisé des banques centrales. Par exemple, la Réserve fédérale (Fed) s’est engagée apparemment sans limites à continuer d’acheter des titres jusqu’à ce que les perspectives de l’économie et du marché de l’emploi s’améliorent considérablement.

Une conséquence importante de l’expansion sans précédent du bilan de la Fed est la faiblesse du dollar américain, ce qui devrait renforcer le redressement des actions cycliques grâce à l’exposition aux marchés étrangers et aux ventes à l’étranger, aux bénéfices dans le reste du monde, aux effets positifs de la conversion et à la compétitivité accrue. Autrement dit, les biens et les services américains deviennent moins chers quand la monnaie se déprécie.

Si l’assouplissement quantitatif est une question de choix entre les taux d’intérêt et le dollar américain, la Fed a choisi la préservation de la croissance et des emplois en assouplissant la politique monétaire et en gonflant la masse monétaire aux dépens de la monnaie. De ce point de vue, il est raisonnable de s’attendre à ce que le dollar américain continue de s’affaiblir si la Fed maintient un tel approvisionnement monétaire en circulation.

Par ailleurs, le dollar américain est inversement proportionnel au rendement relatif du secteur des matériaux, le lien fondamental étant l’exposition aux marchés étrangers. Selon Standard & Poor’s, les sociétés du secteur des matériaux, avec une part des ventes à l’étranger représentant 57 % de leurs ventes totales en 2018, se classent au deuxième rang, derrière les sociétés du secteur des technologies de l’information, dont la part est de 58 %.

La faiblesse du dollar américain aide les sociétés du secteur des matériaux établies aux États-Unis à être plus concurrentielles sur la scène économique mondiale. La dépréciation du dollar augmente la valeur des ventes à l’étranger (libellées en monnaies qui se raffermissent) après conversion en monnaie du pays.
Il y a toutefois un revers à la faiblesse du dollar américain qui est la hausse des prix des produits de base. En effet, les produits de base aux premières étapes ont suivi une orientation à la hausse, ce qui soutient une opinion favorable à l’égard du secteur des matériaux. Les prix des produits de base – baromètres des prix des intrants ou des extrants des sociétés du secteur des matériaux – constituent les principaux facteurs qui influent sur le cours des actions du secteur des matériaux. Le sous-indice CRB BLS Raw Industrials est un bon indicateur des produits de base aux premières étapes du processus de production. Par conséquent, il est l’un des premiers à réagir à l’évolution de l’activité économique mondiale.

Notre opinion favorable à l’égard des actions du secteur des matériaux dépend de la reprise économique mondiale et de sa capacité à gagner en puissance. Si l’économie fait une rechute, il serait probablement difficile pour les actions du secteur des matériaux de continuer à afficher des rendements supérieurs. Si le dollar américain continue de s’affaiblir avec l’annonce des mesures d’assouplissement quantitatif énergiques des grandes banques centrales, les actions du secteur des matériaux devraient continuer d’en profiter. En effet, se dresser sur le chemin des acheteurs de taille, comme la Fed, a été par le passé une stratégie non rentable.

 

Figures 6 et 7. Il y a toutefois un revers à la faiblesse de la monnaie provoquée par l’adoption de mesures, qui est la hausse des prix des produits de base et des matériaux.

Sources : Bloomberg L.P. et Invesco, 17 juillet 2020. Remarques : $ US = dollar américain. L’indice général des devises est la moyenne pondérée du dollar américain sur les marchés de change étrangers par rapport aux devises d’un vaste groupe de partenaires commerciaux des États-Unis. CRB = Commodity Research Bureau. BLS = Bureau of Labor Statistics. Le sous-indice CRB BLS Raw Industrials mesure les prix de la toile de jute, des rebuts de cuivre, du coton, des cuirs et peaux, de la ferraille de plomb, des tissus pour impression, de la colophane, du caoutchouc, de la ferraille d’acier, du suif, de l’étain, des rubans de laine peignée et du zinc. Il est impossible d’investir dans un indice. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs.
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