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Brian Levitt | 17 avril 2020

Se ruer vers les liquidités : Est-ce la chose à faire en ce moment?

Imaginez si je vous avais dit à la veille de Noël 2018 qu’au cours des quelque 15 prochains mois, pour la période se terminant le 10 avril 2020, le marché boursier américain, représenté par l’indice S&P 500, grimperait de 18 %?1 Si vous êtes comme moi, vous vous seriez probablement réjoui, en particulier après une année comme 2018, au cours de laquelle l’incertitude de la politique commerciale américaine et le resserrement de la politique monétaire américaine ont conduit à une rare année de rendement négatif pour l’ensemble du marché.2 Cependant, j’aurais eu du mal à imaginer, dans ce scénario, que les actifs du marché monétaire auraient augmenté de 50 % au cours de cette période pour atteindre 4,5 mille milliards $US.3

Je suis conscient que la situation s’est déroulée autrement que prévu, abstraction faite du gain de 18 % des actions américaines. L’incertitude à l’égard de l’épidémie de coronavirus perdure. Peut-être que les nouvelles hypothèses de base selon lesquelles de gigantesques mesures de soutien monétaire et budgétaire nous permettront de survivre en attendant un traitement contre la COVID-19 et des tests de dépistage rapides sont trop optimistes. Peut-être que d’autres épisodes de volatilité et de pertes boursières se pointent à l’horizon.

Quoi qu’il en soit, la somme de 1,5 mille milliards $US de nouveaux actifs sur le marché monétaire me trouble. Pour vous donner une idée, c’est assez d’argent pour acheter un appartement à tous les habitants de San Francisco, après quoi il restera encore 500 milliards $US.4 C’est suffisant pour verser un an de salaire à 30 millions d’enseignants.5 Je m’écarte du sujet. Le flux de dollars vers des équivalents de trésorerie montrera probablement, une fois de plus, que les investisseurs prennent des décisions imparfaites à des moments inopportuns. Je suis réconforté de voir ce bon indicateur à contre-courant à moyen terme pour les marchés, mais je déplore que de nombreux investisseurs aient raté la meilleure semaine du marché boursier américain depuis 1974 et sept des 30 meilleurs jours depuis 1995.6 Je m’en voudrais de ne pas inclure à nouveau le tableau ci-dessous qui montre en détail les conséquences désastreuses de rater les meilleurs jours de bourse.

 

Figure 1 : Rater les meilleurs jours de bourse peut être préjudiciable et ils surviennent presque toujours pendant les marchés baissiers

Source : Bloomberg, LP, au 31/03/2020. À titre d’exemple seulement; ne doit pas être interprété comme un conseil en placement. Ces graphiques sont des exemples hypothétiques présentés à des fins d’illustration uniquement et ne prédisent ni ne dépeignent le rendement d’aucun investissement. Le S&P 500 est un indice boursier qui mesure la performance boursière de 500 grandes sociétés cotées en bourse aux États-Unis. Il est impossible d’investir directement dans un indice. Les rendements passés ne sont pas garants des résultats futurs.

 

La crainte de rater une bonne affaire est probablement éclipsée par le fait que les investisseurs sont conditionnés à des rallyes qui procurent un soulagement à court terme, suivis des marchés qui testent de nouveaux creux. À vrai dire, un nouveau test du creux du 23 mars 2020 aurait procuré des rendements légèrement négatifs aux investisseurs depuis la veille de Noël 2018. Un nouveau test d’un creux n’est pas une prédiction, mais plutôt une possibilité. Quoi qu’il en soit, la ruée vers les liquidités, dans ce scénario, aurait probablement perduré. Par exemple, pendant la crise financière mondiale, les actifs du marché monétaire, selon le Investment Company Institute, ont doublé avant de culminer au premier trimestre de 2019, sans surprise à temps pour que les actions entament une ascension d’une décennie.

Sachant ce que vous auriez dû faire en 2008 et 2009 vous donne une idée de la façon dont les investisseurs devraient réagir maintenant. Que se serait-il passé si, au lieu de se ruer vers les liquidités pendant les périodes d’agitation des marchés, les gens avaient plutôt investi davantage après chacun des pires jours de bourse? La figure 2 ci-dessous illustre le rendement hypothétique de deux investisseurs fictifs. Les deux ont investi 100 000 $US sur le marché en 1995. Un investisseur n’a jamais réinvesti dans son portefeuille. En revanche, l’autre investisseur a investi 5 000 $US dans son portefeuille après chacun des 20 pires jours de bourse, 13 étant survenus en 2008 et 2009. En investissant 5 000 $US dans son portefeuille après chacun des 20 pires jours de bourse, le deuxième investisseur a accumulé 300 000 $US de plus à la fin de 2019 que l’autre qui n’a jamais investi davantage dans son portefeuille.7 Une citation du Baron Rothschild s’applique à cette situation, mais elle est beaucoup trop douloureuse pour que je la cite en ce moment.

 

Figure 2 : Par le passé, investir davantage dans son portefeuille après les pires jours de bourse a été fructueux

Croissance d’un placement de 100 000 $ dans le S&P 500 selon une stratégie d’achat et de conservation vs ajout de 5 000 $ au lendemain des 20 pires jours de bourse

[translations]

Investissement de 5 000 $ au lendemain des jours ci-dessous
$1,200,000 = 1 200 000 $
$1,028,830 = 1 028 830 $
$703,705 = 703 705 $
15 octobre 2008                -9,93 %
1er décembre 2008           -9,81 %
29 septembre 2008         -9,64 %
9 octobre 2008                  -8,24 %
27 octobre 1997                -7,37 %
31 août 1998                      -7,30 %
20 novembre 2008           -7,20 %
8 août 2011                         -7,14 %
19 novembre 2008           -6,51 %
22 octobre 2008                -6,50 %
14 avril 2000                       -6,19 %
7 octobre 2008                  -6,09 %
20 janvier 2009                  -5,58 %
5 novembre 2008             -5,56 %
12 novembre 2008           -5,47 %
6 novembre 2008             -5,29 %
17 septembre 2001         -5,18 %
10 février 2009                  -5,17 %
4 août 2011                         -5,02 %
15 septembre 2008         -4,95 %

Buy and hold = Achat et conservation

Add $5000 Following Worst 20 Days = Ajout de 5 000 $ après les 20 pires jours

Source : Bloomberg, LP, au 31/03/2020. À titre d’exemple seulement; ne doit pas être interprété comme un conseil en placement. Ces graphiques sont des exemples hypothétiques présentés à des fins d’illustration uniquement et ne prédisent ni ne dépeignent le rendement d’aucun investissement. Le S&P 500 est un indice boursier qui mesure la performance boursière de 500 grandes sociétés cotées en bourse aux États-Unis. Il est impossible d’investir directement dans un indice. Les rendements passés ne sont pas garants des résultats futurs.

 

Le fait est que les prochaines semaines seront probablement marquées par encore plus d’incertitude et de volatilité des marchés. Nous aurons probablement le réflexe de renchérir sur les 4,5 mille milliards $US qui dorment déjà sur les marchés monétaires. Or, l’histoire nous a enseigné que conserver ses placements pendant les meilleurs jours de bourse et investir davantage dans nos portefeuilles après les pires jours donne de meilleurs résultats.

 

 

 

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1 Source : Bloomberg et Standard & Poor’s, au 10/04/2020

2 Source : Bloomberg, au 31/12/2019

3 Source : Investment Companies Institute, au 10/04/2020

4 Sources : U.S. Census Bureau et Realtor.com, au 10/04/2020

5 Source : Bureau of Labor Statistics, au 31/12/2019

6 Sources : Bloomberg et Standard & Poor’s, au 10/04/2020. Représenté par l’indice S&P 500

7 Sources : Bloomberg et Standard & Poor’s, au 10/04/2020. Représenté par l’indice S&P 500

Renseignements importants

Image d’en-tête du blogue: Helen Sotiriadis / Stocksy

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur au 15 avril 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.