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Perspectives, commentaire et expertise de placement

Matt Dennis | 9 février 2017

Trois inconnues qui pourraient changer le paysage des placements

Une série d’événements exceptionnels a causé de fortes turbulences dans le rendement des actions mondiales tout au long de 2016. À l’aube de 2017, l’équipe de croissance internationale et mondiale d’Invesco est généralement plus positive à l’égard des actions non américaines (par rapport aux actions américaines) du point de vue de ses facteurs bénéfices, qualité et évaluation (BQE), tout en restant vigilante à l’égard de trois inconnues qui pourraient avoir des répercussions sur les perspectives de la nouvelle année.

Survol du changement d’humeur en 2016

L’année s’est ouverte sur des inquiétudes quant à la croissance en Chine qui ont alimenté les craintes de longue date d’assister à une déflation et ont contribué à favoriser les actions défensives. Toutefois, vers le milieu de l’été, la décision britannique de quitter l’Union européenne, accompagnée d’une reprise de l’économie américaine, a laissé entrevoir une trajectoire plus claire pour le dollar américain. Ceci a marqué un point d’inflexion de l’orientation politique visant à relever les défis du ralentissement de la croissance mondiale— en particulier, les responsables politiques qui souhaitaient conserver leur poste ont commencé à se tourner vers des solutions budgétaires plutôt que de continuer à recourir aux solutions monétaires. Soudain, les projections de taux d’intérêt sont passées de négatives à positives et ont incité les investisseurs à se tourner vers les actions de valeur au détriment de celles de croissance et vers les actions cycliques au détriment des actions défensives. Fait notable, ceci s’est produit bien avant tout changement d’envergure dans les bénéfices réels.

Prévisions des facteurs BQE pour 2017

Voici un bref aperçu de nos perspectives mondiales en ce début de 2017 du point de vue de notre méthode BQE :

Bénéfices

Les perspectives de croissance mondiale s’améliorent. De nombreux grands indicateurs économiques se sont redressés en décembre après avoir atteint un creux au printemps dernier lorsque les inquiétudes quant à la croissance chinoise étaient à leur point culminant. Par exemple, l’indice de surprise économique des pays du G10 de Citigroup a renoué avec ses niveaux de 2010 en décembre, l’indice des directeurs d’achat (PMI) du secteur manufacturier de la zone euro a atteint son sommet le plus élevé en six ans cette semaine, et l’optimisme des petites entreprises aux États-Unis a atteint, depuis l’élection américaine, un niveau record jamais vu depuis 10 ans1.

En outre, les fluctuations des marchés des changes rétablissent lentement la croissance vers les marchés internationaux comme l’Europe et l’Asie hors Japon. Dans ces marchés, nous assistons à des révisions à la hausse des prévisions de croissance des bénéfices pour 2017, qui sont déjà supérieures à 10 pour cent. Mais aux États-Unis, les anticipations de croissance des bénéfices pour 2017 sont en deçà de 10 pour cent et les révisions ont été inchangées, voire ramenées à la baisse. Bien que certains indicateurs de croissance se soient quelque peu détériorés au cours des dernières semaines, la situation générale des bénéfices s’améliore, en particulier dans les marchés où la perte de valeur des devises rééquilibre la croissance mondiale.

Qualité

Nous privilégions les actions non américaines par rapport aux actions américaines pour des raisons de qualité. En particulier, nous pensons que les sociétés non américaines devraient enregistrer une hausse de leur rendement sur capitaux propres par rapport aux niveaux bas actuels. En revanche, nous estimons que le rendement des capitaux propres des entreprises américaines ne devrait croître que de façon très limitée, voire reculer. Ceci s’explique par la pression que les salaires plus élevés exercent sur leurs marges ainsi que par leur endettement plus fort, après avoir financé des rachats d’actions et versé des dividendes au cours des quelques dernières années.

Évaluation

Par rapport à la même période l’an dernier ou même il y a six mois, les évaluations des actions dans les marchés généraux ne nous paraissent pas plus attrayantes, et ce, pour plusieurs raisons. D’une part, les secteurs cycliques du marché se sont appréciés de façon spectaculaire en prévision d’une amélioration notable des bénéfices alors que les cours des actions de croissance plus défensives, à ce jour, ne se sont repliés que de façon modeste. D’autre part, la hausse probable de la croissance et de l’inflation pourrait faire remonter les taux de rendement obligataires et entraîner un resserrement de la politique de la Réserve fédérale américaine (Fed) par rapport aux prévisions.

Pour résumer la situation des facteurs BQE : Les rendements supplémentaires dont peuvent bénéficier les actionnaires semblent dépendre davantage de la croissance des bénéfices. C’est d’ailleurs dans ce domaine que nous entrevoyons de plus grandes possibilités d’assister à des résultats supérieurs aux attentes en dehors des États-Unis.

Trois inconnues à surveiller

Je voudrais rajouter quelques inconnues à cet aperçu :

Le dollar américain

Le consensus est que le dollar devrait s’apprécier graduellement en 2017 en raison des préférences de l’administration Trump en matière de politiques réglementaires et budgétaires malgré le contexte d’amélioration des salaires et de l’économie aux États-Unis. Si les anticipations d’inflation venaient à augmenter, la Fed pourrait être contrainte de rehausser les taux de façon plus agressive que les banques centrales ailleurs dans le monde, ce qui contribuerait à raffermir davantage le dollar.

Deux raisons pourraient faire de ce consensus une logique trop simpliste :

  • Le resserrement de la politique par la Fed sera fonction des conditions mondiales, pas seulement de la conjoncture au niveau national. Si les indicateurs de croissance non américains venaient à se montrer décevants ou les conditions de liquidité à se détériorer par exemple, il semble évident, à en croire ses actions passées, que la Fed de Janet Yellen tiendrait compte de ces facteurs dans sa politique de fixation des taux américains
  • L’inflation repart à la hausse en raison de la forte augmentation en glissement annuel des prix de l’énergie, mais cet impact devrait s’estomper à partir des données du premier trimestre, et le pouvoir d’établissement des prix des entreprises reste limité compte tenu de la capacité excédentaire dans de nombreux marchés finaux et des consommateurs américains conscients de leurs dépenses

Pour être clair, il semble plus probable à l’heure actuelle que le dollar poursuivra sa trajectoire à la hausse, plutôt que le contraire, sans que ce soit en aucune façon une certitude à nos yeux.

Situation géopolitique

Le risque de turbulences politiques pèsera sur les actions européennes et britanniques en 2017, accroissant les dangers d’une recrudescence de la volatilité, mais favorisant en même temps les occasions de placement. De plus, rien ne permet encore de déterminer avec certitude si le message « America First » du président Donald Trump devrait être interprété comme une tactique destinée à ouvrir la voie à des négociations plus constructives, ou comme un changement plus radical vers des politiques protectionnistes et moins de diplomatie. Quoi qu’il en soit, les méthodes peu orthodoxes du président Trump auront sans doute des conséquences volontaires et involontaires sur les perspectives de croissance mondiales, ce qui accroît les risques de volatilité à court terme et donne lieu à des occasions potentielles pour les sélectionneurs actifs d’actions.

Perspectives de croissance des marchés émergents

Les perspectives de croissance des marchés émergents (ME) sont incertaines. D’une part, l’appréciation du dollar américain et le renforcement du protectionnisme auraient des retombées négatives sur les coûts du service de la dette libellée en dollar américain des pays émergents et la croissance des exportations de ces marchés. D’autre part, les bénéfices et le rendement des capitaux propres sont en net recul dans de nombreux marchés émergents, et la poursuite des politiques mondiales de relance économique pourrait favoriser ces deux éléments.

Par exemple, la Chine a été parmi les plus gros bénéficiaires du basculement récent de la déflation à la reflation, et les indicateurs de croissance s’améliorent. Cependant, les autorités doivent toujours concilier très finement des mesures visant à endiguer les sorties de capitaux sans nuire à la croissance toujours déséquilibrée et aux pressions inflationnistes. Le président Trump représente très certainement un défi dont elles se seraient bien passées pour dénouer cette situation.

Conclusion

En résumé, les données propres aux BQE que nous observons dans le marché nous incitent à être plus positifs à l’égard des actions non américaines par rapport aux actions américaines. Cependant, il est crucial de faire preuve de discernement puisque de nombreux segments cycliques du marché ont rebondi malgré l’absence de redressement des bénéfices, et des segments plus défensifs et de plus grande qualité comme les biens de consommation de base n’ont toujours pas atteint des niveaux d’évaluation jugés attrayants.

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1 Sources : Citigroup, Bloomberg L.P., Banque centrale européenne, National Federation of Independent Business

On s’attend à ce que le rendement d’un placement concentré dans des émetteurs d’une certaine région ou d’un pays particulier soit étroitement lié aux conditions dans cette région et davantage volatil que ceux de placements davantage diversifiés d’un point de vue géographique.

Les risques d’investir dans des titres d’émetteurs étrangers, dont des émetteurs de marchés émergents, peuvent inclure des fluctuations des taux de change, des risques d’instabilité politique et économique et des problèmes liés aux impôts étrangers.