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Kristina Hooper | 11 septembre 2020

Trois raison qui montrent qu’il ne s’agit pas d’une autre bulle technologique

On dirait que les investisseurs ont eu le souffle coupé la semaine dernière, lorsque les valeurs technologiques ont plongé, entraînant avec elles les principaux indices mondiaux. Quelques facteurs ont contribué à cette chute, à commencer par la déclaration du sénateur Mitch McConnell, qui a dit qu’il n’y aurait probablement pas d’accord de relance budgétaire américain dans les prochaines semaines. Ensuite, les investisseurs ont commencé à craindre que l’issue de l’élection soit contestée si aucun vainqueur clair n’est déclaré le soir des élections dans la course à la présidence des États-Unis. Ajoutez à cela les préoccupations entourant les valorisations stratosphériques des titres technologiques et vous obtenez une chute vertigineuse des cours technologiques qui se répercute sur les marchés mondiaux.

 

Certains pensent que c’est le début d’un autre repli marqué, similaire à celui du printemps 2000, lorsque la « bulle technologique » a éclaté. J’en doute fort. C’est certes une forte baisse, et je ne serais pas surprise si la tendance se poursuivait pendant encore quelques jours. Cependant, comme je le disais il y a quelques semaines à peine, nous devrions être préparés à la possibilité d’un tel repli, après une aussi forte remontée. Je vois cette débâcle, non pas comme une correction, mais bien comme un processus d’assimilation, étant donné que l’indice composé NASDAQ a augmenté de plus de 60 % par rapport à son creux de mars en moins de six mois.1 Somme toute, j’interprète cela comme une période de saine consolidation, après une remontée spectaculaire.

 

Voici trois raisons qui, selon moi, expliquent pourquoi nous n’assisterons pas à l’éclatement d’une bulle spéculative :

 

1. La conjoncture de taux d’intérêt actuelle est entièrement différente

Tout d’abord, la conjoncture de taux d’intérêt est très différente en 2020 de ce qu’elle était en 2000. Rappelons qu’à l’été 1999, la Réserve fédérale américaine (Fed) a commencé à relever les taux. En mars 2000, le taux effectif des fonds fédéraux s’élevait à 6,17 %.2 Après que les cours boursiers ont commencé à baisser, la Fed a continué à relever ses taux. En juin 2000, le taux effectif des fonds fédéraux était de 6,86 %.2

En comparaison, le taux effectif des fonds fédéraux en août 2020 s’établissait à 0,10 %.2 Et, nous venons d’entendre le président du conseil de la Fed, Jay Powell, dans son discours de Jackson Hole, dire que la Fed a décidé de modifier sa politique de ciblage de l’inflation pour la rendre encore plus accommodante. Autrement dit, nous sommes en présence d’une politique monétaire très différente de celle de l’an 2000, lorsque la bulle technologique a éclaté.

 

2. Les thèmes qui dominent pourraient soutenir la croissance des valeurs technologiques à long terme

Le secteur des technologies de l’information bénéficie de plusieurs thèmes qui dominent depuis le début de la pandémie et je crois que beaucoup de ces thèmes sont là pour rester :

 

  • Le thème « rester chez soi ». Passer plus de temps à la maison est peut-être le thème le plus évident qui a émergé de la pandémie. Ce thème comprend les personnes qui travaillent à domicile, qui sont scolarisées à domicile et qui font de l’exercice à domicile. Je vois cela comme une version beaucoup plus large du thème de « nidification » vécu aux États-Unis après le 11 septembre, lorsque de nombreux Américains avaient peur de voyager à cause du terrorisme et passaient beaucoup plus de temps chez eux. Aujourd’hui, énormément de gens dans le monde dépensent pour rénover et adapter leurs maisons à leurs besoins, et les entreprises dépensent davantage en technologie pour s’assurer que leurs employés puissent travailler efficacement à domicile. À mon avis, les bénéficiaires de ce thème incluent diverses entreprises technologiques, en particulier les concepteurs de logiciels, les entreprises de stockage et de sécurité des données, ainsi que les entreprises de rénovation domiciliaire, d’enseignement en ligne et de services de santé numériques. À mon avis, tous ces thèmes vont se poursuivre après la pandémie, mais à divers degrés de popularité (l’enseignement en ligne étant le moins populaire étant donné les difficultés liées à l’apprentissage à domicile pour les enfants; je peux vous le garantir par expérience personnelle).
  • Cybercommerce. L’achat de biens en ligne est une tendance à long terme qui s’est considérablement accélérée pendant la pandémie pour des raisons évidentes. La sécurité et la facilité d’appuyer sur un bouton à la maison et de se faire livrer des marchandises à domicile se sont avérées indispensables pendant la pandémie. Nous nous attendons à ce que les types de biens et services vendus en ligne se multiplient à mesure que la pandémie va se poursuivre. Même lorsque la pandémie sera terminée, les détaillants de commerce électronique conserveront probablement une part beaucoup plus élevée de l’ensemble des ventes au détail qu’avant la pandémie.
  • Intelligence artificielle. L’intelligence artificielle est une innovation puissante et, à mon avis, la demande n’a fait que s’accélérer pendant la pandémie. Par exemple, les méthodes d’imagerie et les outils qui utilisent l’intelligence artificielle deviennent de plus en plus utiles dans la détection et le traitement de la COVID-19. De façon plus générale, l’intelligence artificielle aide de nombreuses entreprises à devenir plus efficaces et à travailler plus intelligemment dans cette conjoncture difficile. Le traitement automatique des langues (TAL) est une spécialité de l’intelligence artificielle qui s’intéresse spécifiquement aux interactions entre la linguistique humaine et les ordinateurs, comme la reconnaissance vocale. L’intelligence artificielle a le potentiel d’accroître considérablement la productivité et, pour cette raison, je pense que c’est une forte tendance qui va perdurer au-delà de la pandémie.
  • Automatisation — Drones et robots. La pandémie a mis en évidence la nécessité des robots et des drones pour effectuer des tâches essentielles sans risque d’attraper ou de propager le virus. Par exemple, plus il y a de robotique sur une chaîne de montage, moins elle est vulnérable à une fermeture en lien avec la COVID-19. De même, des drones sont en cours de développement pour livrer des marchandises, ce qui contribuerait également à réduire la vulnérabilité d’un service essentiel pendant une pandémie. Après la pandémie, l’automatisation est susceptible de s’accélérer encore plus en raison des gains de productivité et des économies de coûts qu’elle procure.
  • Technologie financière. Le paiement sans numéraire constitue une autre tendance qui a fait l’objet d’une attention accrue pendant la pandémie. La propagation de la COVID-19 a réduit l’utilisation de l’argent liquide en raison des craintes que l’échange physique d’argent puisse propager le virus. Un certain nombre d’entreprises de technologie financière ont profité de cette tendance qui devrait se poursuivre après la pandémie. À mon avis, l’un des principaux bénéficiaires de la technologie financière en raison de la pandémie devrait être la chaîne de blocs, qui a des applications dans de nombreux secteurs et peut faciliter le commerce sans contact physique. Par exemple, les registres fonciers publics peuvent être enregistrés numériquement via la chaîne de blocs, ce qui réduit la nécessité d’examiner des documents physiques dans le cadre d’une recherche de titre. Bien que ce soit particulièrement utile en cas de pandémie, cela peut aussi être plus efficace, ce qui signifie que cette tendance est probablement là pour rester. L’intérêt pour la segmentation en unités des actifs et la technologie de registres distribués a également augmenté.

 

3. La lutte contre la COVID-19 progresse

Non, je ne suis pas une optimiste naïve qui croit qu’un vaccin sera disponible pour distribution le 1er novembre (je pense que, si tout va bien, un vaccin efficace pourrait être distribué d’ici l’été prochain). Quoi qu’il en soit, le développement de thérapies visant à réduire la gravité du nouveau coronavirus progresse. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait une annonce importante la semaine dernière fondée sur les résultats de plusieurs essais cliniques publiés récemment. L’OMS a reconnu l’efficacité de l’utilisation de stéroïdes pour réduire la gravité de la COVID-19 et a recommandé que les médecins les utilisent pour lutter contre le virus dans les cas graves.

En règle générale, les médecins et les hôpitaux ont énormément appris de la lutte contre le virus jusqu’à présent, et ces enseignements ont déjà réduit les taux de mortalité — il suffit de regarder combien le taux de mortalité était plus élevé dans le Nord-Est des États-Unis en mars et avril par rapport à d’autres régions des États-Unis à la fin du printemps et à l’été. À mon avis, cela devrait être positif non seulement pour l’économie, mais aussi pour les actions en général.

 

Conclusion

Bref, à mon avis, nous avons de très bonnes raisons de voir d’un bon œil le secteur des technologies de l’information. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de jours de baisse ni d’accès de volatilité, mais je crois aux perspectives à plus long terme de ce secteur. Et, je pense que le biais reste à la hausse pour les actifs à risque en général en raison de la politique monétaire extrêmement accommodante des grandes banques centrales, mais surtout de la Fed.

 

 

 

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1 Source : Bloomberg, L.P., du 23 mars au 2 septembre 2020

2 Source de tous les taux des fonds fédéraux : statistiques économiques de la Réserve fédérale américaine

Renseignements importants

Image d’en-tête du blogue : David Malan / Getty

Tous les placements comportent des risques, y compris le risque de perte.

L’indice composé NASDAQ est l’indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière d’environ 3 000 actions ordinaires cotées à la bourse Nasdaq.

Le taux des fonds fédéraux est le taux d’intérêt auquel les banques se prêtent des soldes au jour le jour.

De nombreux produits et services offerts dans les industries liées aux technologies de l’information sont soumis à une obsolescence rapide, ce qui pourrait réduire la valeur des émetteurs.

Les actifs à risque sont généralement décrits comme tout titre ou instrument financier, tels que des actions, des produits de base, des obligations à rendement élevé et d’autres produits financiers comportant un risque et dont le cours est susceptible de fluctuer.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de Kristina Hooper au 8 septembre 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.