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Perspectives, commentaire et expertise de placement

Kristina Hooper | 8 décembre 2020

Trois voies envisageables pour les marchés en 2021

 Chaque année à ce temps-ci, nous vous faisons part de nos perspectives des marchés mondiaux pour l’année à venir. Cet exercice est particulièrement complexe cette fois-ci car la croissance économique en 2021 va dépendre d’une grande variété de facteurs, notamment les taux d’infection, la politique budgétaire, la politique monétaire, la politique de santé publique (y compris l’ampleur – ou la « rigueur » des mesures de confinement), les progrès vers le développement de traitements et de vaccins pour lutter contre la COVID-19, ainsi que la confiance des consommateurs et des entreprises.

Pour couvrir l’étendue des possibilités dans le contexte actuel, nos perspectives mondiales pour 2021 comprennent un scénario de base, un scénario haussier et un scénario baissier. Pour concevoir ces scénarios, nous avons réuni quelques-uns de nos spécialistes en placement chevronnés et leaders d’opinion et leur avons demandé d’analyser l’ensemble des possibilités. Voici donc leur évaluation des perspectives macroéconomiques, suivie des retombées de chacun des éléments de ces perspectives sur l’économie.

Ce que nous avons appris jusqu’ici

Tant qu’il n’y aura pas de vaccin, chaque région doit pouvoir contenir la propagation du virus pour que l’économie puisse reprendre. L’Asie de l’Est – en particulier la Chine, le Japon et la Corée du Sud – a bien géré le virus grâce à des fermetures ciblées et à des efforts sociaux concertés. En revanche, la majorité des pays industrialisés et de nombreux marchés émergents ont eu du mal à contenir la pandémie. Cette différence se reflète dans l’activité économique : les pays qui sont parvenus à contenir le virus ont été moins touchés économiquement. De plus, il faut savoir que, même en l’absence de mesures de confinement, l’activité économique peut être ralentie par l’augmentation du nombre de cas d’infection, ce qui peut se répercuter sur la confiance des consommateurs et entraîner des changements de comportement. Nous avons également appris que la pandémie a touché beaucoup plus durement le secteur tertiaire que le secteur manufacturier en raison des mesures de distanciation sociale et des changements de comportement. Nous nous attendons à ce que cette situation perdure tant qu’un vaccin n’aura pas été développé et distribué. Cette reprise a aussi démontré l’importance du soutien politique tout au long de la crise pour les économies et les marchés. Partout dans le monde, les pays ont adopté de vastes programmes de dépenses budgétaires; en conséquence, la reprise économique a été relativement forte dans un certain nombre d’économies. Certaines économies ont choisi de courir le risque de ne pas fournir des mesures de relance budgétaires suffisantes, en particulier certains marchés émergents. Les grandes banques centrales ont soutenu encore plus la politique monétaire en mettant en œuvre une série de politiques pour secourir les économies, notamment en alourdissant considérablement leur bilan par le biais d’achats d’actifs à grande échelle. En plus d’avoir un impact sur l’économie, cela a eu une incidence considérable sur les marchés financiers.

Notre scénario de base

Notre scénario de base est que l’économie mondiale va continuer de se redresser, mais de façon inégale et à un rythme plus lent. La COVID-19 a nui considérablement à l’économie chinoise, mais la reprise est bien enclenchée et nous nous attendons à ce que la Chine ait une bonne longueur d’avance parce qu’elle a su mieux contrôler le virus. Bien que nous nous attendions à ce que les mesures de relance budgétaires continuent de soutenir l’activité économique, la réouverture aux États-Unis et dans la zone euro sera probablement ponctuée de pauses en raison des mesures de confinement partiel. Notre hypothèse dans ce scénario est qu’un vaccin efficace sera développé et déployé pendant la seconde moitié de 2021. Dans ce contexte, nous prévoyons que l’économie des biens va continuer de dépasser le secteur tertiaire plus tôt dans l’année, jusqu’à l’arrivée d’un vaccin au deuxième semestre de 2021, lorsque le secteur tertiaire amorcera une plus forte remontée.

Notre scénario haussier

Nous avons baptisé ce scénario « V » pour « vaccin accéléré ». Dans ce scénario, la reprise économique mondiale est plus forte et dominée par la Chine, mais d’autres économies vont y participer plus rapidement grâce au développement et à la distribution d’un vaccin pendant la première moitié de 2021. Ce scénario suppose également des mesures de relance budgétaires plus généreuses, qui accéléreraient la reprise.

Notre scénario baissier

Nous avons baptisé ce scénario « récession à double creux ». Ce scénario présume que le monde sera confronté à plusieurs vagues du virus qui seront difficiles à contrôler et qui nécessiteront de nouvelles mesures de confinement nationales dans de nombreux pays et que cela ralentira l’économie mondiale. Dans ce scénario, nous supposons que les mesures de relance budgétaires et monétaires vont trop tarder à être adoptées et seront insuffisantes parce que la volonté politique et la marge de manœuvre budgétaire pour la mise en œuvre de ces politiques sera moins grande qu’en 2020.

Retombées sur la répartition de l’actif

Ces trois scénarios dictent à leur tour la répartition de l’actif :

Dans notre scénario de base, nous nous attendons à ce que les actions dépassent les titres à revenu fixe, étant donné que la croissance sera désormais supérieure à la tendance, que le cycle des bénéfices mondiaux va se redresser et que la forte croissance de la masse monétaire va soutenir les titres risqués.

– Nous nous attendons à ce que la réouverture progressive des secteurs dans lesquels les échanges se font en personne favorise les actions des sociétés cycliques, de valeur et à petite et moyenne capitalisations, qui bénéficieront également du soutien de leur valorisation attrayante et des taux obligataires en hausse.

– Nous prévoyons qu’un regain d’appétit pour le risque et la dépréciation du dollar américain permettraient aux actions des marchés émergents (ME) d’obtenir de meilleurs rendements que celles des marchés développés (MD).

– Parallèlement, la valorisation de la devise et du marché local favoriserait les actions des MD autres que les États-Unis, soutenues également par le rendement supérieur des secteurs cycliques en 2021 et par une rotation à l’extérieur des titres de croissance en faveur des secteurs et régions de valeur.

– Dans le segment des titres à revenu fixe, nous croyons que les marchés des titres de créance pourraient subir une compression accrue des écarts de taux et offrir de bons rendements ajustés au risque.

– Les courbes de taux mondiales pourraient se redresser par suite d’une hausse graduelle des taux obligataires, mais demeureraient fermement ancrées par les programmes d’achat d’actifs et les faibles anticipations d’inflation. Les actifs réels devraient bien se porter en raison de l’inflation faible et stable dans ce scénario.

Dans notre scénario haussier, nous adopterions une approche davantage « axée sur le risque », parce que les actions surclasseraient encore plus nettement les titres à revenu fixe.

– Compte tenu de l’hypothèse de ce scénario selon laquelle un vaccin sera développé plus rapidement, nous nous attendons à ce que les actions des sociétés cycliques, de valeur et à petite et moyenne capitalisations, ainsi que les actions des ME commencent à bien performer plus tôt en 2021.

Dans notre scénario baissier, nous adopterions une stratégie davantage « axée sur l’aversion pour le risque », parce que les titres à revenu fixe devraient obtenir de meilleurs rendements que les actions.

– Dans le segment actions, nous privilégierions les secteurs à caractère défensif et les titres à faible volatilité et de qualité, étant donné qu’en vertu de ce scénario, il faudrait attendre plus longtemps pour le développement d’un vaccin.

– En ce qui a trait aux titres à revenu fixe, nous préférerions les bons du Trésor américain, les titres de créance et les obligations à plus longue échéance.

– Dans ce scénario, nous privilégierions le dollar américain par rapport aux autres devises.  

Pour en savoir plus sur les réflexions de notre équipe à savoir ce que 2021 pourrait réserver aux marchés et à l’économie, surveillez notre blogue de la semaine prochaine, lorsque mon collègue Brian Levitt fera état de ses perspectives pour 2021 aux États-Unis, y compris les répercussions sur le marché américain.    

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Renseignements importants

Image d’en-tête du blogue : Yuko Hirao / Stocksy

Les actifs réels sont des actifs physiques qui ont une valeur tangible, comme les produits de base, les ressources naturelles et l’immobilier.

En règle générale, les cours des actions fluctuent, parfois même considérablement, en réaction aux activités de la société émettrice, ainsi qu’à la conjoncture des marchés en général, à la situation économique et au climat politique.

Les risques d’investir dans des titres d’émetteurs étrangers, y compris ceux des marchés émergents, peuvent inclure la fluctuation des devises étrangères, l’instabilité politique et économique et les problèmes liés à l’imposition étrangère.

Un style de placement axé sur la valeur est assujetti au risque que les évaluations ne s’améliorent jamais ou que les rendements demeurent inférieurs à ceux d’autres styles de placement ou de l’ensemble des marchés boursiers.

Les actions de petites et moyennes entreprises sont habituellement plus vulnérables aux événements défavorables, peuvent être plus volatiles et illiquides ou faire l’objet de restrictions à la revente.

Les titres à revenu fixe sont exposés au risque de crédit de l’émetteur et aux retombées des fluctuations de taux d’intérêt. De manière générale, les cours des obligations baissent lorsque les taux d’intérêt augmentent, et vice versa; c’est ce que l’on appelle le risque de taux d’intérêt. Un émetteur peut être incapable de rembourser les intérêts ou le capital de ses emprunts, ou les deux, ce qui fait chuter la valeur de ses titres de créance et abaisse sa note de crédit. Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteure au 30 novembre 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.