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Perspectives, commentaire et expertise de placement

Michael Hatcher | 12 juin 2019

Une méthode fondamentale de gestion des risques

Selon le récit de Platon du procès de son mentor, Socrate, ce dernier disait ceci : « Une vie sans remise en question ne vaut pas la peine d’être vécue ». Je pense que c’est une excellente devise. J’ai donc passé les neuf derniers mois à examiner et à évaluer ma méthode de placement pour m’assurer de ne pas avoir pris de mauvaises habitudes.

Ma formation académique repose en grande partie sur la science et je crois que cela a une influence sur ma manière d’aborder les placements. Je suis un fervent partisan des « premiers principes », ces propositions fondamentales qui ne peuvent être déduites d’aucune autre proposition ou hypothèse.

Les gens ont tendance à chercher des règles sur lesquelles s’appuyer, mais il y a une raison pour laquelle les scientifiques travaillent à partir des premiers principes et non des premières règles. La grande différence est que les règles sont généralement établies pour une situation particulière, tandis que les premiers principes s’appliquent à toutes les situations.

Deux principes en particulier nous ont bien servis : Tenter d’éviter les erreurs et investir à escompte dans des sociétés aux bénéfices élevés.

Éviter les erreurs peut sembler évident, mais c’est un principe essentiel pour obtenir de bons rendements à long terme. Bien que les avantages des rendements composés soient bien connus, les investisseurs doivent également comprendre le côté sombre des rendements composés, à savoir que remonter la pente après avoir subi une perte peut être une tâche ardue et difficile. N’oubliez pas que pour récupérer d’une perte de 50 %, il vous faut réaliser un gain de 100 %.

Ce genre d’erreurs de placement peut anéantir les rendements à long terme et c’est la raison pour laquelle je suis beaucoup plus intéressé à trouver des occasions de placement fiables, aptes à générer de modestes rendements composés à long terme. La tâche première de l’équipe consiste à calculer précisément les flux de trésorerie de chaque société sur laquelle nous effectuons des recherches. Dans toutes les sociétés que nous examinons, nous veillons à ce que les risques liés aux flux de trésorerie soient aussi faibles que possible.

Nos recherches sur une société peuvent identifier une entreprise solide, mais ce n’est peut-être pas un bon investissement si l’ensemble du marché est également conscient de son potentiel sous-jacent. Nous n’avons pas toujours une idée précise du cours que le marché est disposé à payer en contrepartie des flux de trésorerie d’une société, mais si nous pouvons identifier des flux de trésorerie prévisibles, nous sommes prêts à attendre que la valorisation nous convienne pour investir.

Nous cherchons à obtenir une marge de sécurité substantielle en investissant dans des titres qui se négocient à fort escompte, idéalement autour de 30 %.

Cela peut vous sembler improbable que le titre d’une entreprise solide se négocie à pareil escompte, mais c’est plus fréquent que vous le croyez.

Le graphique ci-dessous vous montre mon raisonnement à savoir que les placements effectués à escompte peuvent réduire le risque.

Dans cet exemple hypothétique, supposons que nous analysions une entreprise de qualité et que nous établissions sa valeur intrinsèque à 100 $ l’action. Les valeurs à la gauche de la ligne verticale correspondent à la période qui précède notre placement dans cette entreprise, parce que l’escompte par rapport à la valeur intrinsèque que nous lui avions attribuée n’était pas assez élevé.

Remarque : Ce titre a été utilisé à des fins d’illustration seulement et ne doit pas être considéré comme une recommandation de titre.

Supposons que la société est capable d’accroître sa valeur intrinsèque d’environ 5 % par année. Les gens semblent faire abstraction de ces sociétés à croissance lente et stable et présument que les entreprises qui génèrent des flux de trésorerie moins risqués ne sont que des titres défensifs qui n’offrent pas de bons rendements à long terme.

Après avoir surveillé et appris à connaître cette entreprise au fil des ans, nous savons qu’un événement a fait chuter le cours du titre, mais nous ne croyons pas qu’il aura une incidence majeure à long terme sur les flux de trésorerie de l’entreprise. Par conséquent, si le cours du titre chute à 70 $, c’est là que nous commençons à investir.

Par expérience, je sais que le premier placement n’est jamais effectué au cours « idéal », la tendance baissière est habituellement plus prononcée que nos prédictions. Pas de problème, nous investirons peut-être davantage lorsque le cours chutera à 65 $ ou à 60 $, parce que nous persistons à croire que la valeur intrinsèque du titre est de 100 $ l’action.

Si la valeur de cette entreprise s’accroît d’environ 5 % par année, cela signifie que dans cinq ans, sa valeur intrinsèque aura augmenté à plus de 125 $ l’action. Si vous parvenez à investir à 70 $ l’action, cela vous donne un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 12 % sur une entreprise dont le taux de croissance oscille probablement autour de 5 %.

Je doute qu’un indice boursier généralisé parvienne à dégager un TCAC de 12 % au cours des cinq prochaines années. Au cours de cette période, je crois que les détenteurs de placements indiciels seront « chanceux » s’ils parviennent à obtenir un rendement de 7 à 9 %.

Les détenteurs de placements indiciels ont peut-être peur des replis boursiers; or, c’est exactement ce que nous attendons, car ils nous donnent l’occasion d’investir dans des sociétés aux flux de trésorerie de grande qualité à fort escompte.

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Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur au 21 mai 2019. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.